La maltraitance contre les personnes âgées est toujours présente

La maltraitance contre les personnes âgées est toujours présente

L’ASBL Respect Seniors lutte contre la maltraitance envers les personnes âgées en Région wallonne.


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A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la maltraitance envers les personnes âgées, ce mercredi 15 juin, l’ASBL Respect Seniors organise une semaine de sensibilisation en Région wallonne. Le phénomène, volontaire ou non, est multiforme (psychologique, physique, financier…) et ses conséquences peuvent être multiples (sentiment d’abandon, dépression, suicide, culpabilité, peur…). Le directeur, Dominique Langhendries, explique les missions de l’ASBL.

Prendre conscience de la maltraitance

L’ASBL Respect Seniors, agréée par la Région wallonne depuis 2009, offre des formations pour les professionnels du secteur. Si elle touche 5% des plus de 65 ans et 15% des plus de 75 ans selon l’OMS, la maltraitance des ainés n’est pas toujours intentionnelle. « Nos formations permettent aux professionnels (directeurs de maisons de repos, assistants sociaux…) de se rendre compte de ce qu’est la maltraitance, des différents phénomènes et d’ensuite adapter leurs pratiques », explique D. Langhendries. Au-delà des formations, pour D. Langhendries, c’est à chaque professionnel de se remettre en question quant à sa façon d’exercer. « C’est à chacun de faire son travail personnel, on peut être maltraitant en voulant être bientraitant… Il est important de pouvoir se demander comment, en tant qu’intervenant, on aborde la relation avec l’autre, pour prodiguer le meilleur soin. »

Une maltraitance visible, mais aussi latente

Il y a plusieurs types de maltraitances. Les plus visibles sont évidemment les maltraitances physiques. En plus, et avec des conséquences tout aussi néfastes, existent les maltraitances latentes. « Prenons un exemple : faire la toilette d’une personne, en n’ayant aucun échange avec elle et en racontant son week-end à sa collègue. La toilette sera peut-être irréprochable, mais la personne âgée n’est pas considérée, c’est une forme de maltraitance psychologique. De même, si un aidant-proche prend soin de son ainé au domicile et, en essayant de le préserver le plus possible, finit par devenir « étouffant » pour la personne », précise D. Langhendries.

Un équilibre à trouver

Reconnaitre à partir de quel moment une personne âgée est maltraitée est parfois difficile. « C’est un équilibre à trouver : comment s’occuper d’un ainé, en gardant à l’esprit que c’est un adulte et dès lors le traiter comme tel et pas comme un enfant ? Toute la question est là. Il faut pouvoir être attentif aux réactions verbales et non verbales de la personne âgée et s’y adapter », dit D. Langhendries. La volonté de l’ainé doit rester prioritaire, même si l’aidant a son intérêt à cœur.

Un manque de formation en amont

Actuellement, aucun établissement d’enseignement en Belgique n’offre de formation en matière de maltraitance à l’égard des ainés. « Ce n’est pas dans les programmes de formation. Avec l’ASBL, nous organisons des représentations théâtrales mettant en scène la maltraitance latente envers les aînés et nous allons dans les écoles pour les sensibiliser », explique D. Langhendries. A l’avenir, Respect Seniors souhaiterait être plus proactif par rapport aux offres de formation. « Pour l’instant, nous répondons principalement à la demande, mais nous aimerions proposer des formations adaptées pour les écoles dans le futur. »

Plus d’informations : http://www.respectseniors.be/

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