La pleine conscience entre à l'hôpital

La pleine conscience entre à l'hôpital

Plusieurs hôpitaux belges ont introduit des séances de méditation de pleine conscience au sein de leurs services. Une pratique alternative, qui semble faire ses preuves.

La méditation de pleine conscience est une technique qui se traduit par une attention accrue sur l’instant présent et sur les sensations qui traversent notre corps. « Il s’agit d’un état de conscience qui résulte du fait de porter son attention de façon intentionnelle et non-jugeante sur l’expérience qui se déploie moment après moment », explique le professeur de biologie moléculaire américain Jon Kabat-Zinn, qui a conçu ce programme comme technique de gestion du stress.

Bon pour tout ?

L’engouement planétaire pour la pratique de méditation de pleine conscience ne faiblit pas depuis plusieurs années. Les retombées positives sur le corps et l’esprit seraient si étonnantes, que plusieurs hôpitaux l’ont adoptée. La méditation de pleine conscience aurait un effet constructif sur la gestion émotionnelle (sress, anxiété, colère), la dépression et les risques de rechute, le sommeil, la gestion des douleurs et des maladies chroniques. L’utiliser au sein d’un protocole de soins hospitalier, semble donc tout à fait approprié.

Différentes approches

A l’hôpital Saint-Pierre d’Ottignies, la psychologue en charge du groupe de gestion de la douleur chronique et de la fibromyalgie, a été formée à cette technique, qu’elle utilise pour apaiser le ressenti douloureux. Il s’agit d’une approche intégrée dans un protocole de soins plus large (kiné, hydrothérapie), que le patient pourra poursuivre en dehors de l’hôpital, si la technique lui convient. A l’hôpital Erasme de Bruxelles, ainsi qu’au CHU de Dinant Godinne, c’est un cycle de 8 semaines qui est proposé, dans le cadre du service de médecine psychosomatique. Les personnes qui ont suivi ces séances intensives affirment mieux gérer le stress, leur colère, avoir une meilleure compréhension de la manière dont leur corps réagit aux émotions et une plus grande capacité à prendre du recul face aux difficultés.

Les scientifiques bluffés

Un nombre croissant de chercheurs se sont aussi penchés sur les bienfaits induits de la méditation. Le développement des neurosciences et les tests effectués sous imagerie cérébrale ont permis de démontrer que le cerveau fait preuve d’une neuroplasticité, qui est d’autant plus efficace, que nous la travaillons. Et la méditation aurait cet effet induit. Le Pr. Bernard Mazoyer, chercheur au Groupe d’imagerie neurofonctionnelle de Caen, étudie ce phénomène. Il explique que plus important que la naissance de nouveaux neurones, ce sont les nouvelles connexions qui se font entre eux. Et pour qu’un neurone soit opérationnel, de nouvelles dentrites (prolongement du corps cellulaire des neurones) doivent pousser, reliant ainsi les synapses à d’autres neurones. Et là encore, la méditation favorise ces processus !

Impact neuronal

Les scientifiques ont donc pu identifier que le fait de méditer rend nos neurones plus vigoureux, à l’instar des processus émotionnels qui peuvent remodeler notre réseau neuronal. Logique, puisque les différents moteurs de croissance des dentrites sont l’affection, le désir, l’interrogation, la réflexion, l’action, l’effort volontaire. On peut s’en douter, le stress, la pollution, l’âge, mais aussi l’inactivité et la passivité, ont par contre l’effet inverse. Face à ces découvertes, l’on comprend mieux le rôle que peut jouer la méditation au sein des hôpitaux !

Sandra Evrard



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