Le COPEL-COBES, contre De Block

Le COPEL-COBES, contre De Block

Yves Vanderveken est psychologue à l’IMP Notre-Dame de la Sagesse à Leers-Nord. Suite à la décision de la ministre de la santé de paramédicaliser la profession de psyhothérapeute, le secteur se mobilise contre. Le Copel-Cobes, collectif -citoyen, a été créé pour l’occasion.

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La fin justifiant les moyens, pour imposer le modèle, cela en passera – et c’est ce qui est à l’œuvre – ni plus ni moins par la mise en œuvre d’une tentative d’assassinat, méthodique et réfléchie, d’une série de professions, déclarées du passé par pur a priori idéologique et scientiste : psychothérapeutes, psychomotriciens, etc. Ajoutons-y les ostéopathes, sans compter toute une série de professions de la « santé tout court » qui ont à subir depuis lors les coupes « réformatrices » de l’idéologie générale en cours – demandez aux étudiants en médecine, aux pharmaciens, aux maisons médicales, etc. Toutes les pratiques qui ont en commun de mettre l’humain et sa parole – en tant qu’une part de lui, son symptôme, échappe aux normes – au centre de leur technique sont ainsi visées, et objet soit d’une mise au pas managériale, soit d’une pure et simple éradication.

Le vaste champ de réorganisation à l’œuvre vise à modifier et modifiera en profondeur votre pratique et sa liberté, que ce soit en institution, comme en libéral. L’accompagnant de toute une série de mesures d’assujettissement, de contrôle, etc. Cela a été déployé et démontré, étude des textes de lois à l’appui, tout au long des interventions au meeting. Que ce soit par des logopèdes, des assistants sociaux, des psychologues, des psychiatres, des chercheurs universitaires, des artistes, etc. Ce n’est pas pour rien, que cette entreprise de reformatage s’appuie et donnera validation non pas à l’expérience et la formation continue, trop ouverte aux choix transférentiels de celui ou celle qui la suit (ce que Laurette Onkelinx et Muriel Gerkens ont dénoncé lors du vote de la dite loi) mais bien sur les seuls diplômes universitaires (seul lieu où le pouvoir bureaucratique aura la mainmise sur le formatage théorique nécessaire à sa manœuvre de mutation).

Le meeting aura permis de situer que c’est d’un enjeu de civilisation dont il est question, d’une appréhension de l’humain contre sa seule logique marchande, fût-elle dite moderne. Il traverse, au-delà du seul secteur de la santé mentale, nombre de domaines. L’Europe en est le catalyseur. Sa bureaucratie technocratique moque encore ces jours-ci, les couvrant de mépris, les inquiétudes et oppositions citoyennes, tuant ainsi la vraie dimension du politique. Le prix en sera la montée croissante des populismes et extrémismes. Cela ne saurait durer, sans finir par se payer du pire.

Le psy se retrouve là pris au cœur d’un enjeu qui le met à la croisée de son destin :

Soit accepter, à l’heure où le politique voit sa prise sur les masses de plus en plus lui échapper souvent avec angoisse, de laisser le « pouvoir » entrer dans le dernier lieu que sa position offrait, où le sujet et ses symptômes inavouables pouvaient encore trouver refuge sans jugement, à l’ère de la transparence et l’évaluation généralisée,

Soit s’y refuser.

Poser l’alternative, est un exercice de style pour qui se sent relevé du champ de la « clinique » et non de l’orthopédagogie. Ce n’est pas un hasard si l’ensemble des personnes présentes au meeting ont massivement témoigné vouloir s’opposer à ce nouveau modèle promu au culot et à la contrainte, à l’encontre des seuls experts en chiffre et en procédure de soins déshumanisés, qui sont les seuls à la manœuvre avec leur idéologie comportementale.

Tout cela sera vendu au public sous le vernis de la chasse aux charlatans, de la promesse de la qualité des soins, d’un engagement réduit au remboursement de quelques séances qui priveront de toute liberté de choix le patient, et le forceront aux soins et à la guérison rapide sous peine d’exclusion du circuit de soin subventionné et de la sécurité sociale (c’est cela qu’il faut entendre par la « collaboration attendue du patient » ; il n’y aura « plus de sujet souffrant, mais un acteur responsable de son parcours de soins et de son mode de vie » - son mode de jouissance sera sanctionné et déterminera son degré de couverture sociale).

Au meeting, il fut noté les interventions et présences des membres ou représentants de la Ligue Bruxelloise francophone pour la santé mentale, du collectif Alter-Psy, de l’APPSY, ainsi que du Guide social qui a déjà publié un compte-rendu de l’initiative du centre de Santé mentale du service social juif. Les intervenants, dont il fut déjà noté leur formation ou profession, purent déployer en raison leur lecture et analyse attentives du processus à l’œuvre. Occasion y fut donnée de rendre publique et de communiquer les diverses lectures juridiques déjà obtenues d’éminents avocats, ainsi qu’à chacun d’y informer des actions en recours déjà introduites ou en préparation.

Le meeting s’est conclu par la décision soutenue à une large majorité du public présent de la mise en place d’un vaste Collectif-psy-citoyen, le COPEL-COBES. Il relayera par sa liste de diffusion les textes prononcés au meeting ainsi que les analyses, enjeux et informations nécessaires au combat en cours qui n’en est qu’à son début, sera ouvert à en diffuser les effets, ainsi que les actions citoyennes qu’il requiert.

Yves Vanderveken est psychologue à l’IMP Notre-Dame de la Sagesse à Leers-Nord

Infos : https://www.facebook.com/Collectifdespraticiensdelaparole/



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