Le CSNPH rend un avis sur la situation à la DG Personnes handicapées

Le CSNPH rend un avis sur la situation à la DG Personnes handicapées

Depuis le mois de janvier et l’arrivée d’un nouveau logiciel à la DG Personnes handicapées, rien ne va plus. Manque de suivi, retard dans le traitement des demandes, numéro 0800 inaccessible… Tant le personnel que les usagers se plaignent. Le Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées (CSNPH) a remis un avis sur la situation.

La poisse continue, pour la DG Personne handicapées, qui avait lancé un préavis de grève le 21 février dernier. Alors qu’Altéo et les Mutualités Chrétiennes fustigeaient déjà l’attitude de l’organisme en janvier, ainsi que le manque de suivi auprès de son personnel et de ses usagers, depuis la mise en place de leur nouveau logiciel censé améliorer l’efficacité du traitement des demandes d’allocations, c’est au tour du CSNPH de remettre un avis plus que négatif sur la situation actuelle.

Le CSNPH considère que la situation actuelle est dramatique et scandaleuse.

Elle est préjudiciable aux 600.000 personnes reconnues comme personnes handicapées par la DG PH, et aux membres de leurs familles.

Malgré de nombreuses mises en garde, les décisions qui ont été prises par le management, et sous la responsabilité de la Secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées, aboutissent à ce qu’un service public, qui par définition est au service du citoyen, ne soit plus à même de remplir correctement sa mission ; les instructions défaillantes, les décisions erronées et incomplètes et les informations non fiables générées par le système risquent d’entraîner dans une spirale de plus en plus négative toute une série de personnes déjà souvent précarisées.

La situation est également préjudiciable pour les travailleurs de la DG PH : le CSNPH les remercie d’ailleurs pour leur professionnalisme et leur engagement vis-à-vis des personnes handicapées. Il souligne les conditions de travail des gestionnaires, médecins et assistants sociaux de la DG PH qui ont régulièrement interpellé la direction parce que leur expertise les autorisait à dire que l’outil Curam ne permettrait pas une gestion efficace et sûre des dossiers. Ces travailleurs se font à présent régulièrement insulter par des allocataires et demandeurs eux-mêmes pris dans des situations extrêmement pénibles et dommageables.

Et enfin, la situation est préjudiciable pour les services sociaux partenaires (communes, CPAS, mutuelles). Ils ne disposent plus de l’outil d’information et de gestion indispensable à l’accompagnement des personnes, et de ce fait ne sont plus à même de les conseiller valablement, ni de les assister dans la mise en œuvre de leurs droits. Du fait qu’ils sont les interlocuteurs directs des personnes handicapées, c’est aussi « l’image de marque » de leur service qui est directement mise en cause.

La responsabilité de l’Etat, à travers ses différents organes, est donc ici clairement à mettre en cause. La causalité entre cette responsabilité et les dommages existants et à venir, prévisibles actuellement ou encore imprévisibles, que ce soit à l’endroit des personnes handicapées et leur famille, les travailleurs de la DG et les travailleurs externes, ne pose aucun doute.

Dans le contexte actuel, la démission de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées, Elke Sleurs, est également préoccupante, car cette situation risque de rendre impossible toute concertation entre le politique et l’administration quant à la prise de décisions qui s’imposent sur le plan de la gestion des dossiers.

Soucieux de défendre les droits des personnes handicapées et de leur famille, le CSNPH demande que :
- le nouvel outil Curam ne soit utilisé que lorsqu’il aura été soumis à un testing et une validation parfaite ;
- une communication rapide, claire, complète, circonstanciée et factuelle soit adressée à tous les acteurs quant aux délais de retards, aux problèmes subsistants et aux perspectives d’amélioration
- Les paiements des allocations soient corrects et réalisés en temps ;
- l’instruction correcte et complète des dossiers reprenne au plus vite ;
- tout retard et erreur dans la gestion des dossiers relève de la responsabilité exclusive de l’Etat ; tous les indus survenus depuis novembre 2016 devront recevoir une attention de traitement adéquate, le système n’offrant plus aucune garantie de fiabilité ;
- les agents gestionnaires et tiers intervenants reçoivent les outils de gestion et de consultation qui leur permettent d’assurer aux allocataires et demandeurs les droits que la loi leur octroie ;

Lien vers le Communiqué entier : ici



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