Le GAMS Belgique célèbre ses vingt ans

Le GAMS Belgique célèbre ses vingt ans

Le Groupe pour l’Abolition des Mutilation Sexuelles (GAMS) célèbre ses vingt ans d’existence ce 28 mai.

L’ASBL GAMS, créée en 1996 par Khadidiatou Diallo, elle-même excisée et arrivée en Belgique dans les années 80, lutte contre les mutilations sexuelles. Ce 28 mai, l’ASBL fêtera ses vingt ans. Fabienne Richard est sage-femme et a travaillé en Afrique, en France et est arrivée en Belgique après ses missions avec MSF. Depuis 2012, elle est directrice de l’ASBL. Elle explique le travail quotidien de l’association.

Une formation axée spécialement pour les professionnels

Fabienne Richard a commencé au GAMS comme bénévole en 1999. Elle s’est rendu compte que rien n’était mis en place, en Belgique, pour les professionnels. En 2011, avec le soutien de Laurette Onkelinx et du SPF Santé publique, le GAMS édite un Guide pour les professionnels et des formations sont lancées dans les maternités. « Le GAMS est reconnu pour son expertise, on vient nous chercher quand on a une question sur l’excision », précise F. Richard.

Divers types de formations pour des publics variés

« Le public que nous formons est varié : l’ONE, des médecins scolaires, le secteur de l’aide à la jeunesse, l’asile… Le travail de prévention doit être reconnu, les familles doivent recevoir des conseils dès leur arrivée en Belgique », explique F. Richard. Au niveau des formations, l’association collabore avec l’ASBL INTACT pour les aspects juridiques et s’occupe des aspects médicaux et socio-culturels. Les professionnels sont mis en situation (jeux de rôles…) et les mots, les attitudes sont discutés (par exemple : préférer le mot « tradition », plutôt que « mutilation » quand on s’adresse à une femme excisée).

Une certaine approche

Le GAMS a une approche en trois parties :

1) La prévention : l’ASBL est en contact direct avec la population et adopte une approche communautaire. Plusieurs bénévoles parlent la même langue que les femmes excisées, ce qui aide.

2) La sensibilisation : le plus grand risque d’excision, c’est lorsqu’une enfant née en Belgique retourne au pays pour les vacances. Le GAMS informe les parents sur les risques encourus et les mesures à prendre.

3) « Nous avons également un volet psychologie et art-thérapie : nous proposons des consultations individuelles et ateliers de groupes, pour travailler avec des femmes adultes, adolescentes et depuis cette année, des enfants (de 7-8 ans) ».

Le nerf de la guerre

L’ASBL travaille beaucoup en bénévolat, ce qui pose parfois un souci car ils sont surchargés. « Nous aurions parfois dû dire ‘non’ quand nous n’avions plus les fonds nécessaires pour continuer, mais c’est difficile de fermer la porte devant une femme en détresse. Nous sommes une équipe très motivée. Donc, même quand les financements s’arrêtent, on continue. » Depuis la 6ème réforme de l’Etat, c’est très compliqué d’avoir des subsides. Une fois que l’ASBL est passée au niveau national (ils ont des antennes à Anvers, Bruxelles et Namur), elle a vu les subsides de la Cocof se réduire drastiquement. Actuellement, ils reçoivent des financements de plus d’une vingtaine d’organismes pour arriver à couvrir les couts des activités.

Et à Bruxelles ?

Suite au gouvernement thématique santé du 27 avril dernier, les Ministres Frémault et Jodogne ont exprimé leur souhait de lutter plus efficacement contre les MGF à Bruxelles. « C’est une bonne nouvelle de voir l’engagement des Ministres, mais j’attends de voir les résultats concrets au niveau associatif » dit Fabienne Richard. « Nous n’avons pas encore de détails sur les modalités de ce réseau. Notre priorité actuelle est de trouver des fonds pour notre équipe sur Bruxelles car nous sommes pour l’instant les perdants du transfert de compétences alors que les besoins sont criants vu le nombre de familles concernées (plus de 6000 femmes et filles excisées ou à risque de l’être). Notre équipe psycho-sociale est passée de trois à une personne salariée. »

Où se situe la Cocof ?

Les modalités du décret de la Cocof doivent être revues. « La Cocof doit évoluer, le décret qui stipule que les associations doivent être mono-communautaires francophones pour avoir droits aux agréments est dépassé. Nous avons ainsi dû fermer nos deux classes Alpha en français. On nous a même reproché que notre secrétaire à Bruxelles disait bonjour dans les deux langues au téléphone… pour nous le vivre ensemble, ce n’est pas qu’avec nos voisins étrangers, c’est aussi avec nos voisins néerlandophones. Nous sommes peut-être utopiques, mais nous croyons encore en une Belgique unie », conclut F. Richard.



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