Le non-marchand voit le verre à moitié vide, le gouvernement à moitié plein

Le non-marchand voit le verre à moitié vide, le gouvernement à moitié plein

Ce jeudi 1er juin, les travailleurs du secteur non-marchand manifestent à Bruxelles, au Fédéral, face aux ministres De Block et Peeters. Résultats : les avis divergent, quant aux progrès effectués.

Pour la ministre de la Santé, Maggie De Block, « On a fait beaucoup de progrès ». Comme le révèlent les travailleurs au Vif, pour eux, la vision est différente. « On a rien », explique Christian Masai, représentant du Setca. Depuis novembre dernier, les travailleurs du non-marchand descendent régulièrement dans les rues, en vue d’obtenir un accord avec les différents gouvernements. Les derniers accords datent de 2011. Si les ministres estiment avoir fait un pas vers le secteur, ce dernier ne partage pas du tout leur avis. Ils étaient probablement 2.000 à 2.500 à manifester ( une dernière fois ?) dans la capitale ce jeudi.

Un équilibre vie privée/vie professionnelle

Parmi les revendications du non-marchand, celle de pouvoir bénéficier d’une réduction du temps de travail, avec embauche compensatoire. Suite à une réunion avec Charles Michel et Kriss Peeters, Maggie De Block affirme au Vif avoir « mis ensemble nos priorités, compilées dans cinq paquets de mesures, qui traitent notamment de la "Worklife Balance" (temps de travail sur la durée de la carrière) et de la classification des fonctions. »

Quid du budget ?

Pour les représentants syndicaux, un des problèmes majeurs reste le manque d’engagement des gouvernements par rapport à un budget clair et précis et son affectation. Christian Masai, représentant au Setca non-marchand, précise au Vif qu’« Aucun élément concret supplémentaire n’a été mis sur la table. Le gouvernement renvoie tous les points à l’exercice budgétaire du mois de juillet. Seul le montant de 15 millions d’euros a été évoqué... pour un secteur qui représente quelque 150.000 travailleurs. On ne répond pas de cette manière à un cahier de revendications. Les actes ne suivent pas. »

Si Yves Hellendorff, secrétaire national CNE, se montre plus clément envers le gouvernement, précisant que ce dernier a « la volonté de prendre à bras le corps le dossier », il partage cependant l’avis de M. Masai, concernant le budget. Il explique « Mais le Premier ministre ne s’est engagé sur aucun budget. C’est toujours le flou à propos de 15 millions d’euros. Au-delà de ce montant, nous voulons surtout définir un pré-accord d’ici l’été. Si celui-ci n’existe pas, le risque est de voir le gouvernement faire son choix "dans le menu" sans nous concerter. Nous allons donc travailler techniquement jusqu’à la mi-juillet. Si aucun accord ne se dégage, nous envisagerons une mobilisation en septembre. »

Même son de cloche chez Eric Dubois, responsable sectoriel à la CGSLB. Il rapporte au Vif «  Le gouvernement n’a pas encore réellement précisé ses intentions pour 2017, et encore moins pour les prochaines années. Ces accords sociaux sont pourtant indispensables pour améliorer les conditions de travail et les rémunérations des travailleurs. »

Suite à la rencontre avec les différents représentants du gouvernement, Monsieur Dubois précise « D’une manière générale, nos craintes d’avant cette manifestation se sont confirmées après la rencontre avec Le Premier Charles Michel et les Ministres De Block et Peeters à savoir qu’aucun élément neuf et concret supplémentaire n’a été mis sur la table. Le gouvernement renvoie les négociations après l’exercice budgétaire du mois de juillet alors que justement notre volonté était d’obtenir des garanties budgétaires notamment. Seul le montant de 15 millions d’euros a été évoqué... MAIS à ventiler entre le secteur public (comité A) et secteur privé selon une clé de répartition qui n’est pas définie actuellement. Le gouvernement n’a donc en réalité pas encore précisé ses intentions pour 2017, et encore moins pour les prochaines années. Même si ce gouvernement annonce une volonté d’avancer et de conclure un accord social, il me semble que les actes ne suivent pas les paroles. Les travaux techniques sont programmés tous les jeudis jusqu’à la fin du mois de juin. Si aucune possibilité d’accord ne se dégage, les organisations syndicales n’auront pas d’autres choix que d’envisager à nouveau une mobilisation dès septembre. »

A suivre…

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