Le projet Miriam : redonner confiance aux mères célibataires

Le projet Miriam : redonner confiance aux mères célibataires

Le projet Miriam cherche à redonner confiance aux mères célibataires.

Lancé en 2015 avec le soutien de la Secrétaire d’Etat à la lutte contre la pauvreté, Elke Sleurs, le projet Miriam est une collaboration entre le Vrouwenraad, le SPP Intégration sociale et la Haute Ecole Karel de Grote. L’objectif : renforcer l’empowerment des mères en situation de monoparentalité bénéficiaires d’un revenu d’intégration (ou son équivalent), grâce à un accompagnement intensif, holistique et s’attachant à la dimension du genre. Katrijn Asselberg, coordinatrice du projet, explique.

Un projet national

Le projet Miriam est né en septembre 2015, « pour un an, mais nous avons été prolongés jusqu’en décembre 2016. Nous espérons également pouvoir continuer encore après », dit K. Asselberg. Cinq CPAS ont été sélectionnés sur le territoire belge : Leuven, Gand, Namur, Charleroi et Molenbeek-St-Jean. Une fois les CPAS sélectionnés, un « case manager » par CPAS a été engagé pour accompagner un groupe de 10 femmes en situation de monoparentalité.

Un processus en plusieurs étapes

Le projet a débuté en octobre et novembre par la sélection des participantes. « Nous avions plusieurs critères », explique K. Asselberg. Les femmes éligibles devaient avoir une maitrise d’une des langues nationales assez élevée, être parent d’un enfant âge entre 0 et 10 ans « car cette tranche d’âge engendre certaines problématiques pour le parent qu’elle ne rencontre pas avec des enfants plus âgés. De plus, les mamans d’enfants de cette tranche d’âge sont en général plus jeunes et c’est le public que nous voulions cibler ». Etaient également évaluées la motivation de la personne, ainsi que sa situation personnelle.

Un accompagnement individuel et collectif

Les « case managers » engagés dans chacun des cinq CPAS sont tous assistants sociaux de formation, sauf une qui est éducatrice. « Une fois le projet concrètement lancé, les « case managers » ont fait des enquêtes et rencontré les participantes. Grâce à ces rencontres, ils ont pu établir les attentes et les besoins de ces femmes et adapter leur accompagnement en fonction, de manière à leur fournir des prestations vraiment personnalisées, tant lors des sessions collectives qu’individuelles. »

Divers objectifs

Le projet Miriam se concentre principalement sur un objectif, celui de renforcer l’empowerment des femmes. « La question est de savoir si une femme en situation de monoparentalité au CPAS, qui reçoit un accompagnement intensif individuel et collectif, voit son empowerment augmenter. A La Haute Ecole Karel de Grote, le chercheur en charge du projet, Jan Depauw, a développé un outil qui permet de mesurer le niveau d’empowerment. Nous avons commencé les accompagnements dès janvier-février », précise K. Asselberg. L’outil consiste en un questionnaire, soumis aux participantes. A cet objectif premier s’ajoutent ceux de l’insertion socio-professionnelle, de la lutte contre la pauvreté et contre l’isolement.

Résultats

Le projet en est à ses débuts, mais les résultats se font déjà ressentir et sont positifs. « Nous le voyons sur le terrain : l’accompagnement, tant individuel que collectif, répond aux besoins. Ce sont des femmes pour la plupart isolées, perdues… Elles souffrent d’un manque cruel d’informations quant à leur situation, ce qu’elles peuvent faire ou non… Les séances d’accompagnement remédient à cela. Les rencontres avec d’autres personnes, le partage de petits « trucs et astuces » les aident énormément. Elles commencent à se voir en dehors du projet ». Aussi, la relation qu’établit le « case manager » avec les participantes est un très grand atout, pour K. Asselberg. « Dans le cadre de ce projet, les femmes sont amenées à le voir plusieurs fois par mois. La relation de confiance qui s’établit est très importante. De plus, grâce aux contacts qu’elles ont avec les autres femmes, les jeunes mères tissent un réseau social , elles se sentent mieux ». En septembre, il y aura un nouveau comité d’accompagnement avec le SPP Intégration sociale et un premier rapport intermédiaire sur les résultats sera dévoilé.

Et pour le futur ?

Rien n’est encore vraiment défini pour le projet Miriam, même si les débuts sont prometteurs. « Pour l’été l’accompagnement va se faire moins intensivement. Dès lors, nous aimerions nous rassembler et réfléchir sur l’accompagnement individuel et collectif. A long terme, l’objectif est de développer un « tool kit » pour les CPAS en ce qui concerne l’accompagnement des femmes en situation de monoparentalité. »



Commentaires - 2 messages
  • Bravo!

    Cette initiative fait parti d'un fardeau que je porte souvent l'encadrenent des filles-meres. Un point que J'ai toujours porte seule malgre que mes filles sont grandes mais elles vivent avec moi.
    Ndibu

    Ndibumarieclaire samedi 16 juillet 2016 17:46
  • Bonjour,
    Je suis une femme et mère, élevant seule mes 6 enfants âgés de 17ans à 3ans. Je perçois le revenu d'intégration sociale. Ayant un caractère bien trempé et étant de nature battante, je semble malheureusement trop souvent renvoyer cette image de femme forte, celle qui se débrouille seule et n'a besoin de personne! Et pourtant, comme tous le monde , je suis parfois à bout : à force que mes nerfs sont trop souvent mis à rude épreuve , pas tant par la charge de mes enfants mais de tous ce que je dois mettre en place pour assurer leur bien être à tous les niveaux. Les démarches ne sont pas faciles. Par ailleurs , il y a ce désire en moi, de pouvoir m'épanouir professionnellement dans mettre à mal le bien être de mes enfants. Àa fait des années que je cherche la formule qu'à ce jour je n'ai pas encore trouver. Je dois reconnaître que mes choix de vie n'ont pas été les plus simple mais je veux continuer de croire et d'espérer que je pourrais un jour m'épanouir dans une société où j'ose croire que j'ai ma place et pourrais être reconnue. Pour que cela se fasse, j'ai besoin de mettre au service des autres, particulièrement des femmes, tout le potentiel qui sommeille en moi. Par expérience , je sais qu'un bon accompagnement passe par une Ecoute attentive, ce qui evitera de balader les gens et en conséquence de susciter le découragement au dedans de chacune. Je suis une militante respectueuse des valeurs humaines universelle et d'une justice équitable pour tous, garant d'un avenir meilleur. En effet, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas??? Je reste toute ouii de propositions de pistes pour amorcer le processus d'épanouissement qui vise à joindre l'utile à l'agréable , déjà ici en Belgique parce que j'y vis et si les outils répondent à la vision, j'ai également à coeur d'en faire bénéficier les pays du sud, dans le cadre de projets humanitaires , car je suis d'origine congolaise( République Démocratique du Congo). En effet, la charité bien ordonnée commence par soi -même . J'ai constaté qu'il y a de nombreux projets à l'échelle internationale ou le Congo n'a pas ou peu de visibilité. Je suis disposée à mûrir la réflexion , celle sur l'encadrement et accompagnement des femmes et mères seules lors d'un entretien à vos bureaux.
    Je suis également joignable sur mon téléphone portable au: 0472 / 60.16.15. Ma devise pour toutes ces femmes et mères qui taisent leurs souffrances, c'est: "De vos souffrances, puisez vos forces et vous serez surpris ??où cela vous projettera!" ???

    Atembina Akita Ariane lundi 29 août 2016 02:01

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