Le remboursement des consultations psy, une solution contre l’absentéisme ?

Le remboursement des consultations psy, une solution contre l'absentéisme ?

Le remboursement des consultations psychologiques aiderait-il à pallier le problème de l’absentéisme au travail ? Une récente étude du KCE propose des solutions.

Rembourser les consultations psychologiques semble être une solution pour lutter contre l’absentéisme au travail. Une étude du Centre fédéral d’expertise des Soins de Santé (KCE), demandée par l’INAMI, le SPF Santé publique et une association professionnelle de psychologues a été publiée aujourd’hui. Voici les résultats.

Que dit l’étude du KCE ?

Le KCE a analysé les modèles d’organisation et de remboursement des soins de santé dans divers pays et en a retiré un système adaptable à la Belgique. Cette organisation se ferait « à deux étages » :

1. Un premier niveau généraliste, largement accessible, pour accueillir sans restriction les problèmes psychiques courants et modérés

2. Un second niveau, d’accès plus restreint, mais permettant de délivrer des soins spécialisés à ceux pour qui le premier niveau n’est pas suffisant

Comment s’organiseraient ces deux niveaux ?

1. - Le premier niveau : se base sur des projets-pilotes menés en Flandre, de « psychologie de 1ère ligne », ouverts à tous, sans prescription, ni critère de diagnostic ou de gravité. Des psychologues spécialement formés donneraient des conseils professionnels pour aider la personne à rebondir et à faire face aux aléas de la vie. Les consultations seraient limitées à 5 séances
  - La contribution financière serait très modique
  - Les psychologues pourront exercer partout : maisons médicales, plannings familiaux…

2. - Le second niveau : certaines personnes ont besoin de soins de longue durée. Elles auraient accès à des soins plus spécialisés (comme la psychothérapie), sur prescription. Le nombre de séances remboursées serait également limité (mais suffisant pour donner des résultats).
  - Le besoin de soins spécialisés devrait être avalisé par un généraliste ET un psychologue de 1ère ligne
  - Les soins seraient délivrés à partir des Services de Santé mentale (SSM) ou en collaboration avec ceux-ci (afin de ne pas créer de nouvelles structures et de complexifier encore plus le système).

Les psychiatres, eux, restent compétents pour les matières dans lesquelles ils ont été formés, c’est-à-dire la prise en charge des pathologies mentales lourdes et/ou complexes.

Où se situe la Belgique en ce qui concerne l’offre psychologique ?

D’un point de vue psychologique, l’offre en Belgique ne rencontre pas la demande. Le secteur de la santé mentale est complexe, les intervenants sont nombreux et mal connus du public, les temps d’attente peuvent être longs, les tabous autour de ces questions sont persistants et ces soins ne sont généralement pas pris en charge par l’assurance maladie. De nombreuses personnes souffrent, au cours de leur vie, de problèmes dits ‘courants’ : anxiété, stress, burnout, sentiments dépressifs, soucis relationnels ou familiaux… Des affections qui ne relèvent pas de la psychiatrie à proprement parlé. Néanmoins, si elles ne sont pas soignées, elles empirent et mènent à terme, à un absentéisme répété. D’après les chiffres de l’INAMI (2013), le nombre de nouvelles demandes d’invalidité liées aux troubles mentaux a augmenté de près de 60% en 10 ans.



Commentaires - 1 message
  • Rembourser les soins psychologiques pour être plus productif au travail... Voilà clairement l'orientation 'scientifique' du KCE! Un organe de recherche au service de l'Etat créant des études visant à améliorer la santé économique des entreprises! Et celle de l'Etat... Le patient n'est en rien au centre de cette recherche. C'est pitoyable.

    Cdric73 mercredi 20 avril 2016 16:41

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