Le secteur non-marchand, champion de l'absentéisme

Le secteur non-marchand, champion de l'absentéisme

Une étude sur l’absentéisme au travail pour cause de maladie vient de paraitre. Il en ressort que les travailleurs du secteur non-marchand s’absentent 2 fois plus que leurs collègues du secteur marchand. Les soignants et les infirmiers battent tous les records.

Acerta, un prestataire de services RH, a dévoilé mardi les résultats de son étude sur l’absentéisme au travail. Si seulement 2,6% des travailleurs du secteur marchand sont quotidiennement en incapacité de travail, l’absentéisme dans le secteur non-marchand est en moyenne de 5,8% ; soit plus du double. Et le pourcentage est encore bien plus élevé dans le secteur des soins santé. Ce qui peut notamment s’expliquer par les mauvaises conditions de travail. Source, entre autres, des multiples manifestations passées et à venir organisées ces derniers mois par les syndicats du secteur.

Aide aux personnes : n°1 de l’absentéisme

Le taux d’absentéisme moyen dans le secteur non-marchand s’élève donc à 5,8%. Mais des différences notables sont observables entre les divers secteurs qui le composent. L’absentéisme des travailleurs du secteur des soins santé par exemple passe d’un taux assez bas de 4,5% dans les maisons de repos et les établissements de soins, à un taux de 11,8% pour les ouvriers qui viennent en aide aux familles ou aux personnes âgées. "Ce n’est pas un secret : la demande en aide aux familles et aux personnes âgées ne cesse d’augmenter alors que ces travailleurs sont difficiles à trouver, de sorte que la pression sur le lieu de travail augmente considérablement", indique Acerta dans son rapport. Par contre, l’un des secteurs du non-marchand est épargné par les absences de longue durée. En effet, les soins à domicile enregistrent un taux d’absentéisme inférieur à celui du secteur marchand.

Raisons du décalage

Au sein d’une interview de 2015 accordée à ActualCare, Ute Coudyser, une accompagnatrice de carrière qui donne des formations aux dirigeants du secteur non-marchand et à des infirmières en chef, avance une des raisons du taux particulièrement élevé d’absentéisme du secteur. "Dans le secteur non-marchand, on travaille avec des moyens publics. Actuellement, il faut donc énormément tenir compte de systèmes de contrôle. Tout doit être efficace, mesuré, enregistré… Je me rends compte que les gens trouvent cela trop lourd. Le stress au travail s’en voit dès lors multiplié. Les gens ont opté pour les soins, pas pour la paperasserie. Ils ont de plus en plus le sentiment : ceci n’est pas ma vocation, moi, je veux soigner les gens". Acerta renchérit en disant que ce stress provient également du fait que les travailleurs ont peu de pouvoir de décision quant à leurs règles de travail et qu’ils "prodiguent parfois des soins aux dépens de leur propre santé".

Solutions ?

"Je pense que les organisations doivent en premier lieu adapter leur gestion des RH aux personnes", indique U. Coudeyser comme première solution. L’idée est que les employeurs changent de point de vue en se demandant : "Qu’avons-nous à offrir aux collaborateurs en tant qu’organisation, quels sont leurs talents et comment pouvons-nous les intégrer de sorte qu’ils constituent une valeur ajoutée pour notre établissement ?" Plutôt que de tenir le raisonnement inverse : "Si vous venez travailler chez nous, vous devez entièrement vous conformer à nous". Il faudrait donc plus d’ouverture à l’égard des talents de chacun. L’accompagnatrice de carrière ajoute que l’autogestion pourrait également être une solution efficace à la diminution du taux d’absentéisme dans le secteur. À condition toutefois que le travailleur soit bien dirigé et suffisamment soutenu.

La rédaction

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