Les aidants-proches toujours en attente de reconnaissance

Les aidants-proches toujours en attente de reconnaissance

Récemment, le gouvernement Michel Ier a fait savoir que de nouvelles dispositions seraient adoptées en faveur des demandeurs d’emploi, des salariés et des indépendants s’occupant d’un proche gravement malade. Dans les faits cependant, rien n’a pour l’heure été législativement scellé.

Après de nombreuses tergiversations du gouvernement de Charles Michel en matière d’aide apportée à un proche malade, le gouvernement fédéral a finalement confirmé une solution pour les aidants-proches, qu’ils soient employés, indépendants ou demandeurs d’emploi, en leur permettant d’être libérés durant 48 mois de l’obligation de rester actifs dans la recherche d’un emploi, s’ils doivent s’occuper d’un membre de la famille (jusqu’au deuxième degré) confronté à des problèmes de santé.

Flou juridique autour de l’aidant proche

Pour l’asbl Aidants Proches, il convient cependant de rester prudent car les arrêtés royaux ne sont toujours pas sortis : « On n’est pas bien au courant du contenu exact de l’accord. Les propositions sont encore assez floues et les conditions d’octroi ne sont pas clairement définies. Par ailleurs, tant que les arrêtés royaux ne sont pas signés, la reconnaissance juridique de l’aidant proche n’est pas d’application » pointe du doigt Céline Feuillat, chargée de projet dans cette association de défense de la situation de l’Aidant Proche.

Et de prôner un travail de fond avec les cabinets ministériels concernés : « on a proposé notre expertise en la matière à différents ministres afin d’orienter les décisions. On sent qu’il y a une volonté politique de trouver une solution pour cette population fragilisée, donc on veut y croire pour continuer à avancer », confie Céline Feuillat.

Le nombre élevé d’interlocuteurs complique les démarches

Mais à ce stade, la collaboration n’en est qu’à ses prémices. Et la tâche est d’autant plus ardue au vu du nombre de ministres concernés par la matière : Kris Peeters à l’emploi, Daniel Bacquelaine aux pensions, Maggie De Block à la santé, Willy Borsus pour les classes moyennes, et Elke Sleurs en tant que secrétaire d’État aux personnes handicapées. Par ailleurs, une fois les mesures de reconnaissance et de protection de cette frange de la population abouties au niveau fédéral, l’asbl Aidants Proches entend collaborer avec le pouvoir régional pour que des services adéquats et accessibles soient mis en place.

Quoi qu’il en soit, l’asbl Aidants Proches tient à faire savoir qu’elle remue ciel et terre pour devenir un interlocuteur institutionnel, ensemble avec d’autres acteurs associatifs, et pouvoir ainsi faire avancer les choses dans le domaine.

La réalité de l’aidant proche récemment sortie de l’ombre

Et si au jour d’aujourd’hui, la loi de reconnaissance de l’aidant proche n’est toujours pas d’application, elle a néanmoins le mérite de définir cette population. En ce sens, il s’agit d’un levier important pour que des droits soient à terme mis en place pour ces personnes et que les différents aspects de leur vie quotidienne soient couverts.

En outre, le récent ramdam politique et médiatique au sujet de la suppression de l’exemption de recherche d’emploi pour raisons sociales et familiales pour les chômeurs soignant un proche malade a eu l’avantage de mettre en lumière une situation qui était tue auparavant. « Le vocabulaire aidant proche est rentré dans le vocabulaire politique et médiatique. La population est désormais sensibilisée à la réalité de ces personnes », fait part l’asbl Aidants Proches.

Reste donc à espérer que la situation de l’aidant proche ne soit pas qu’un sujet de conversation et qu’un plan d’actions soit rapidement mis en place. Car de nombreux points doivent encore être éclaircis, comme par exemple les problèmes d’assurance (les accidents ne sont pas rares durant la période d’accompagnement d’un proche malade), les droits en matière de pensions, l’application d’un tel système aux indépendants, le crédit-temps,...

Delphine Hotua



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