Les aides aux études supérieures pour les détenus seront amputées

Les aides aux études supérieures pour les détenus seront amputées

La voie des études supérieures pâtit de la coupe de budgets de réinsertion en milieu carcéral. En 2015 , certaines filières d’études supérieures ne disposeront plus des subsides d’encouragement fédéraux.

Outil précieux de réinsertion professionnelle et sociale, certaines formations supérieures seront bientôt condamnées d’accès aux détenus belges. En effet, la prime fédérale pour les études supérieures de type universitaire sera sacrifiée en 2015 sur l’autel des restrictions budgétaires. Pour le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), cette décision se justifie par une concentration des subsides vers les formations générales et professionnelles, plus fréquentées.

Les subsides de réinsertion amputés

Jusqu’à maintenant, les détenus belges avaient la possibilité de se construire un avenir post-carcéral grâce à un subside fédéral d’encouragement aux études. Chaque mois, les détenus étudiants pouvaient donc toucher une aide de 96,72 euros. Or, l’Etat a dû revoir la distribution de ses subsides de réinsertion cette année, suite à la restriction des budgets alloués au secteur pénitentiaire. Ainsi, les aides réservées aux formations des détenus passent de 171. 000 euros en 2014 à 141. 000 euros en 2015. En conséquence, l’administration pénitentiaire s’est vue forcée de faire des choix - pour ne pas dire des sacrifices- en supprimant entièrement les aides octroyées aux détenus suivant des études supérieures de type universitaire : environnement, sciences naturelles, management, psychologie, droit, philosophie, marketing, physique, commerce et relations publiques.

Pénaliser les filières moins fréquentées

Selon des propos rapportés par la RTBF, le ministre de la Justice Koen Geens se contente de minimiser l’impact que l’arrêt de ces subsides aura sur les vocations des détenus : "C’est un choix qui doit être fait. Mais comme je l’ai déjà dit, il ne concerne qu’un faible nombre de formations. Il n’a notamment aucun impact sur les formations professionnelles fournies par les Communautés et les Régions au sein des prisons"

Il n’y aurait en effet qu’une vingtaine de détenus sur l’ensemble des prisons belges à suivre des études supérieures concernées par la coupe des budgets. Aussi, pour le fédéral, l’argument suffirait à pénaliser ces détenus dans leur élan de réinsertion, au profit des formations plus accessibles et donc plus fréquentées en milieu carcéral. En effet, les subsides aux formations professionnelles et aux formations générales d’alphabétisation seront maintenus.

Colère dans les prisons

Pour les détenus, ces primes d’encouragement sont souvent le seul moyen de reprendre ou entamer des études en prison. S’il existe des possibilités d’emploi au sein des centres pénitentiaires, les postes se révèlent peu rémunérés et difficiles à concilier avec un emploi du temps étudiant. De même, les caisses d’entraide aux détenus seraient une alternative limitée, étant donné que ces fonds sont déjà régulièrement sollicités au gré des diverses coupes budgétaires du secteur.

Révoltés, 7 détenus de la prison de Nivelles ont décidé de défendre leur cause auprès de la Justice. Un sentiment d’injustice compréhensible, alors qu’un encadrement des études supérieures entre les prisons et les universités commençait tout juste à s’organiser. Notamment, le projet "La Touline", issu d’une collaboration entre l’ULB et la prison de Nivelles, apporte soutien scolaire et accès aux syllabi de cours aux détenus.



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