« Les associations de jeunesse, acteurs de la mise à l'emploi des jeunes »

''Les associations de jeunesse, acteurs de la mise à l'emploi des jeunes''

Les associations de jeunesse sont appelées à peser sur l’employabilité des jeunes, via la garantie jeunesse récemment lancée par l’Union européenne. L’initiative vise à lutter contre le taux impressionnant de chômage chez les moins de 25 ans.

Début 2015, on dénombrait 21,2 % de chômeurs de moins de 25 ans contre 9,8 % pour les plus de 25 ans. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes : la situation d’un jeune qui débarque sur le marché de l’emploi est tout sauf enviable...

"Non au black-out sur l’emploi des jeunes"

D’autant plus que les récentes mesures mises en place par les gouvernements Di Rupo et Michel donnent aux jeunes davantage de fil à retordre. "Deux mesures prises par le gouvernement fédéral nous touchent particulièrement. La première : l’accès des jeunes aux allocations d’insertion a été restreint à l’âge de 25 ans au lieu de 30 ans. La deuxième n’est autre que le projet de loi instaurant un ’salaire minimum jeune’, en-deçà des standards prévus pour les autres travailleurs », a déclaré, lors d’une mobilisation ayant rassemblé quelque 500 personnes à Bruxelles ce mardi, Angela Sciacchitano, des Jeunes FGTB, relayée par la RTBF.

Avec pour slogan « Non au black-out sur l’emploi des jeunes », la manifestation, lancée à l’initiative des Jeunes FGTB, était soutenue par le front commun ainsi que le Conseil de la Jeunesse, l’Union des Étudiants de la Communauté française (UNEFOC) et encore la Fédération des Étudiants Francophones (FEF).

Les NEETS, cible de la garantie jeunesse

Cela dit, au travers de son plan d’action garantie jeunesse, l’UE européenne veut montrer qu’elle prend le problème de l’employabilité des jeunes à bras le corps. En Belgique francophone, un appel à projet devrait être lancé prochainement. L’occasion pour les associations de jeunesse de jouer un rôle dans l’insertion socio-professionnelle des publics jeunes, particulièrement à Bruxelles et en provinces de Hainaut et de Liège.

«  Les projets d’insertion professionnelle au sens large seront prioritaires, s’inscrivant dans des trajectoires d’accrochage de jeunes de moins de 25 ans, à savoir, des jeunes sans diplôme, sans formation et sans emploi appelés NEETS (Not in Education, Employment or Training ) », peut-on lire dans le dernier trimestriel de la COJ, la Confédération des organisations de jeunesse.

Soutenir les jeunes dans la recherche d’un emploi

A cet égard, la FESOJ - la Fédération des Employeurs des Secteurs des Organisations de Jeunesse, des Fédérations des Centres de jeunes et du Tourisme social - a dernièrement réalisé une enquête informelle auprès de quelques dizaines d’associations du secteur jeunesse. Il est apparu qu’un bon nombre d’initiatives du secteur contribuent à la mise à l’emploi des jeunes, sans que cela constitue nécessairement un objectif principal. « De la mise à disposition d’outils (informatique, info,...) à la confrontation aux CA, en passant par des projets citoyens, d’expression, créatifs, des chantiers internationaux, et des comités de concert,... Ces différents types d’intervention sont répertoriés comme des outils permettant à chaque jeune de préciser son projet de vie et de s’en sentir le pilote. Par nature, nos associations sont des acteurs de la mise à l’emploi des jeunes » estime la FESOJ pour le trimestriel COJ #05.

Développer des partenariats pour la mise à l’emploi

Certaines associations développent même des actions ciblées pour soutenir les jeunes, que ce soit de manière individuelle ou collective. L’idée est ici de positionner les NEETS (jeunes sans diplôme, sans formation et sans emploi) dans la recherche d’un emploi et dans la définition d’objectifs professionnels. « Ce sont ces actions-là, menées par un nombre plus limité mais significatif d’organisations de jeunesse et de centres de jeunes que la FESOJ veut valoriser et voir se développer au travers de la Garantie jeunesse », explique la Fédération qui souligne que ce faisant les associations travaillent avec et pour les jeunes, dans l’optique de les émanciper en termes de savoir-faire mais aussi de savoir-être. «  Certaines associations vont même jusqu’à réaliser des objectifs très opérationnels de mise à l’emploi, s’approchant ainsi des missions des maisons de l’emploi ».

Et le rôle à jouer par les associations de jeunesse est d’autant plus important que les NEETS ne sont souvent pas connus du Forem ou d’Actiris. L’enjeu sera donc ici de créer des liens voire des partenariats entre les différents opérateurs afin qu’une fois identifiés, ces jeunes soient remobilisés et idéalement réintégrés dans les systèmes organisés.

Les organisations de jeunesse intéressées par le projet de garantie jeunesse peuvent obtenir davantage d’informations auprès de Synergjob, l’autorité chargée de piloter la garantie jeunesse et de coordonner les partenariats.

Delphine Hotua



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