Les centres de planning familial veulent dépénaliser l'avortement

Les centres de planning familial veulent dépénaliser l'avortement

Les centres de planning familial affiliés au Groupe d’Action des Centres Extra-Hospitaliers Pratiquant l’Avortement (GACEHPA) et à son homologue flamand LUNA demandent la dépénalisation totale de l’avortement.

C’est à l’occasion du 25e anniversaire ce 3 avril de la loi sur l’avortement que les centres de planning familial font part de leurs revendications, dans une résolution publiée notamment sur le site web du GACEHPA.

Retirer l’avortement du code pénal

Le GACEHPA et LUNA (Unie van Nederlandstalige Abortuscentra), qui regroupent la majorité des centres de planning familial belges pratiquant l’avortement, demandent le retrait de l’avortement du code pénal. Car si l’avortement est permis notamment à condition qu’il soit effectué par un médecin "dans de bonnes conditions médicales", les interruptions de grossesse qui ne répondent pas aux exigences légales constituent toujours des infractions pénales.

"En fait, les conditions reprises dans la loi du 3 avril 1990 constituent les directives et procédures à suivre pour l’aide et le traitement médical éventuel des femmes qui ont une grossesse non désirée. Celles-ci n’ont pas leur place dans le code pénal", écrivent le GACEHPA et LUNA.

Le tourisme abortif est un vrai problème

Pour le docteur Dominique Roynet, administratrice de GACEHPA, la loi sur l’avortement en Belgique est une bonne loi pour 95% des femmes, mais pour les 5% restants - c’est-à-dire plus ou moins mille femmes - cette loi pose problème. “Ces femmes sont alors envoyées aux Pays-Bas, pays qui comme l’Angleterre permet d’interrompre une grossesse pour raisons personnelles jusque 22 semaines, contrairement à 12 semaines en Belgique.” explique-t-elle dans une vidéo sur le sujet postée sur le site web de La Libre Belgique. Elle poursuit : “c’est extrêmement embêtant parce que ces femmes doivent payer leur intervention, elles doivent en outre se rendre dans un pays étranger où elles doivent faire quelque chose qui est interdit dans leur propre pays. Ce tourisme abortif est un vrai problème pour le ressenti des femmes”.

Prolonger le délai légal de 12 semaines de grossesse

Dès lors, les deux associations demandent que les interruptions de grossesse soient permises également après 12 semaines. Pour l’heure, de telles interruptions ne sont autorisées en Belgique que si la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme ou lorsqu’il est certain que l’enfant à naître sera atteint d’une affection incurable particulièrement grave.

Les auteurs de la résolution réclament également la diffusion d’informations neutres et objectives via les canaux d’information officiels ainsi que l’inclusion de la problématique des grossesses non désirées dans le programme des formations médicales, paramédicales et psychosociales.

Réformer la commission d’évaluation d’IVG

Enfin, les deux associations demandent de réformer la commission nationale d’évaluation d’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). “Une réforme de la Commission nationale d’évaluation en une commission scientifique indépendante offrirait plus de possibilités pour la collecte de données scientifiquement fondées. Des recherches scientifiques pourraient contribuer à l’amélioration de la qualité de l’aide apportée en cas de grossesse non désirée et d’avortement”, peut-on lire sur le site de GACEHPA.

Cela dit, le docteur Dominique Roynet et les centres de planning impliqués dans cette résolution, ont bien conscience que la Belgique entretient une histoire longue et compliquée avec l’avortement : “ça nous a tout de même valu la démission d’un Roi. Ce n’est donc pas une petite affaire... Il y a 25 ans, ça a été quelque chose... Il n’y a aucun politique belge prêt à rouvrir la loi en sachant le risque politique que ça présente en Belgique. Mais nous autres, nous ne sommes pas des politiciens, nous sommes des praticiens, nous sommes sur le terrain et nous disons au politique : ’cette loi est une bonne loi sauf pour 5% des femmes. Alors il faut prendre des décisions pour ces femmes-là.’ Il y a d’autres possibilités, on peut aussi rembourser à ces femmes leur voyage en Hollande ou l’intervention qui a lieu là-bas”.

Prête ou pas à rouvir le débat, la ministre de la Santé Maggie De Block recevra la visite ce 3 avril des centres de planning familial affiliés au GACEHPA et à LUNA, qui viendront lui remettre leur résolution.



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