Les CPAS font leur "crise de la quarantaine"

Les CPAS font leur

Ce jeudi s’est tenu la journée célébrant les 40 ans des CPAS. Les professionnels du secteur étaient présents en nombre pour assister aux multiples ateliers proposés. Pour protester, pour débattre ou encore pour faire le point sur les quelques discordes.

Les CPAS ont 40 ans. Anniversaire que le SPP Intégration sociale a voulu célébrer en grande pompe ce jeudi à Bruxelles. Même si les professionnels du secteur ont été accueillis par des manifestants « anti-service communautaire » survoltés contre les "mesures Borsu", l’organisation de l’événement était irréprochable. Casques audio pour les traductions, chemin balisé, orateurs de qualité, stands variés... Tout était mis en œuvre pour que les convives se sentent bien entourés et informés comme il se doit.

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« Vos pseudos contrats, on leur PIIS dessus »

Difficile d’accéder au « Square Brussels meeting center », ce jeudi matin. Une centaine de manifestants « anti-service communautaire » bloquaient le passage du lieu où se déroulait la journée des 40 ans des CPAS à l’aide de sac de couchages jonchant le sol. À coup de « Non, non, non : le service communautaire, on n’en veut pas ! » ou de « Vos pseudos contrats, on leur PIIS dessus », les militants ont voulu signifier qu’ils se sentent exclus ; comme mis à la rue. Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, organisateur de l’action, proteste : « Nous dénonçons la politique du ministre Willy Borsus. L’année des 40 ans du CPAS, il met en place une série de législations qui vont dégrader la qualité du travail social. Les travailleurs sociaux vont devoir respecter des mesures qui ne correspondent pas aux rythmes des gens et à leurs nécessités. »

Crise de la quarantaine

Changement de décor. Le bâtiment, tout en verre, est immense et prestigieux. Assez du moins pour recevoir le roi, invité très attendu des organisateurs. Au sous-sol, le Markethall abrite une quarantaine de stands en rapport avec les CPAS. Une salle VIP bien séparée du reste a été prévue pour les guests de l’événement. À l’étage, au sein de différents auditoires, les convives ont pu assister aux ateliers proposés tout au long de la journée.

Dans le Gold Hall, l’ambiance est détendue. Dans son discours d’ouverture, Julien Van Geertsom, président du SPP Intégration sociale, plaisante : « Les CPAS font leur crise de la quarantaine ». C’est, pour lui, le bon moment pour « entrer dans une nouvelle dynamique ». Les 4 défis majeurs sur lesquels les CPAS doivent se concentrer, sont : l’immigration, les PIIS, l’activation sociale et les jeunes. Autant de points qui devront recevoir une attention toute particulière sur le terrain.

Borsus se défend

Au tour du ministre de l’Intégration sociale, de s’exprimer. Il a tout de suite voulu mettre les choses au clair sur les quelques points de discorde. Sur la généralisation du PIIS, Willy Borsus réaffirme que « le but n’est autre que l’insertion professionnelle et la lutte contre la pauvreté. » Quant au service communautaire, il maintient : « Il n’est pas obligatoire ! Ce sont les CPAS qui décident, avec le bénéficiaire, de l’appliquer ou non. Par contre, à partir du moment où le contrat est signé, il faudra le respecter. Mais le but n’est pas la sanction. » Enfin, en ce qui concerne le rapport social électronique, le ministre dément qu’il y a atteinte à la vie privée. Au contraire, « le but est d’échanger des informations entre les services sociaux. C’est un outil de plus en plus utilisé et réservé aux professionnels. » Il ajoute finalement que 16 millions d’euros vont être débloqués, en 2017, pour l’activation sociale, pour l’amélioration de la participation des bénéficiaires et pour lutter contre la pauvreté infantile.

Pauvreté infantile

Ce dernier point a été longuement abordé par les deux derniers intervenants. Elke Sleurs, secrétaire d’Etat à la lutte contre la pauvreté, a commencé par dire : « Le travail est une garantie contre la pauvreté. » Elle a également défendu le PIIS : « Il a été généralisé pour le bien-être social, il est juste et c’était la bonne voie à emprunter. » Concernant la pauvreté infantile, elle a récemment mis en place 48 plateformes de concertations sociales pour tenter d’améliorer la situation. Une situation assez préoccupante puisque, selon le professeur Jonathan Bradshaw, spécialisé dans la lutte contre la pauvreté infantile, le taux d’enfants pauvres en Belgique a considérablement augmenté depuis la crise. Heureusement, grâce aux transferts sociaux « très efficaces », le pays est l’un des meilleurs élèves de l’Union européenne dans la réduction de la pauvreté infantile.

Ateliers

L’après-midi, l’assistance a pu assister à une série d’ateliers sur différentes thématiques liées aux CPAS. Outre le sujet incontournable des PIIS, ce sont pas moins de 8 autres thèmes qui ont été abordés : l’aide alimentaire, l’accueil en CPAS, le logement et l’intégration des réfugiés, les femmes en situation de monoparentalité au CPAS, l’innovation sociale dans la lutte contre le sans-abrisme, la pauvreté dans les villes et la pauvreté chez l’enfant. La journée s’est clôturée par un concert orchestré par des réfugiés syriens de l’ASBL Muziekpublique.



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