Les CPAS tirent-ils sur la corde ?

Les CPAS tirent-ils sur la corde?

Depuis plus de deux ans, les CPAS font face à de nouvelles missions et à l’accueil de nouveaux types de bénéficaires. Un fameux bouleversement, tant côté finances qu’organisationnel. Tubize tire la sonette d’alarme !

Le CPAS de Tubize a enregistré une augmentation de 40% des demandes d’aide sociale depuis 2013. Parmi les facteurs expliquant ces chiffres, le CPAS note une augmentation de la population, soit 13% en dix ans. Tubize est également la commune qui compte le taux de chômage le plus élevé du Brabant wallon (14%), des chiffres qui sont encore grossis par les exclus du chômage depuis le début 2015. Les accueillir fut donc une nouvelle mission à laquelle le CPAS a du faire face, et depuis lors, est venue s’ajouter celle de l’accueil des réfugiés arrivés courant second semestre 2015.

Déficit de chiffres officiels

Pour l’instant, les chiffres officiels dont dispose l’Union des villes et des communes de Wallonie (UVCW) indiquent une croissance des demandes de l’ordre de 17% entre juin 2014 (47 400 revenus d’intégration) et juin 2015 (55 400) pour la Wallonie. Mais attention, ces chiffres ne prennent pas en compte le flux de septembre. Pour la même période, à Tubize, les chiffres du SPP estiment cette croissance à 10% uniquement et non à 40% ; Mais le fait de ne reprendre les chiffres que jusqu’en juin, risque de minimiser une réalité qui est toute autre, estime Ricardo Cherenti, du service d’études de la Fédération des CPAS de l’UVCW. Les chiffres qui nous sont fournis par le SPP ne donnent pas, à l’heure actuelle, de détails. Bien que l’on sache que ce sont les réformes des allocations de chômage qui sont en grosse partie responsables de cette hausse.

Un printemps difficile ?

Pour faire face au chômage, une politique de remise à l’emploi, notamment au travers d’ateliers créatifs, est mise en place par le CPAS. Mais comme l’accroissement des demandes d’aide semble être multifactorielle, plusieurs défis sont à relever à Tubize, comme c’est certainement aussi le cas dans d’autres CPAS wallons et bruxellois. A l’automne 2015, les CPAS bruxellois affirmaient déjà redouter une hausse des demandes de revenus d’intégration et d’aides sociales dès ce printemps 2016, lorsque les réfugiés arrivés durant le deuxième semestre 2015, auront reçu leur statut et qu’ils pourront bénéficier de leurs droits. Les défis continuent !

Sandra Evrard

A lire aussi : Les CPAS en première ligne de la crise



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.