Les CPAS tirent la sonnette d'alarme face à la "grande misère de la solidarité"

Les CPAS tirent la sonnette d'alarme face à la

C’est avec la crise économique en toile de fond et l’arrivée imminente dans les CPAS de chômeurs exclus que les représentants de l’Action sociale font part de leurs inquiétudes dans une carte blanche intitulée : « La grande misère de la solidarité ».


- Les CPAS s’opposent au rapport social électronique
- L’activation sociale, entre citoyenneté active et mise à l’emploi

La lettre ouverte s’adresse aux ministres, parlementaires et présidents de partis et pointe les nombreuses difficultés à venir pour l’Action sociale.

Des exclus qui viendront frapper aux portes des CPAS

Elle aborde notamment la future explosion des demandes d’aide sociale suite à la première vague de fin d’allocations d’insertion dès janvier 2015. Comme annoncé par le gouvernement Di Rupo, plusieurs dizaines de milliers de personnes verront leurs droits aux allocations d’insertion s’arrêter, avec pour conséquence directe de nouvelles demandes d’aide sociale à gérer par les CPAS. « Nous reconnaissons volontiers que le nombre exact est incertain, qu’il a été revu à la baisse par la FGTB mais qu’il sera important en tout état de cause. Une partie (30 % ?) de ces personnes seront amenées, si elles ont le courage de le faire, à pousser les portes du CPAS de leur commune. Ceci annonce un véritable tsunami social et humain, dont on ne sait s’il emportera le système sur son passage… Sans parler de ceux, terrés, qui ne viendront pas », peut-on lire dans la carte blanche.

Corollaire inévitable : la croissance importante de la masse de travail

Cette augmentation des demandes d’aide sociale impliquera l’augmentation de la charge de travail au sein des CPAS. Si des recettes supplémentaires ont été allouées au secteur, elles sont, selon la Fédération des CPAS, loin d’être suffisantes. « Il serait dès lors essentiel que les gouvernements fédéral et wallon se prononcent en faveur d’un indispensable soutien aux CPAS pour engager temporairement le personnel nécessaire, et ce au minimum pour une période de 6 mois - voire un an - afin de prodiguer les premiers conseils, de décider de l’admissibilité ou non d’une demande, d’orienter ensuite vers les services concernés. »

Par ailleurs, le gouvernement wallon envisage d’élaguer les aides à l’emploi. Si Eliane Tillieux, la ministre wallonne compétente, a démenti les réductions importantes des aides à la promotion de l’emploi (APE), le budget qui leur est alloué a tout de même été réduit de 10 millions d’euros. Ce qui constitue pour la Fédération des CPAS une mesure qui touche directement à la cohésion sociale, à l’activité et à la protection des plus faibles.

Les CPAS n’échapperont pas au vieillissement de la population

Comme tous les autres pouvoirs, notamment locaux, les CPAS sont menacés par la charge énorme des pensions et des cotisations de responsabilisation. « Nous ne nous étendrons pas sur ce qui est sans doute un des problèmes les plus stratégiques de notre époque mais, pour les CPAS, il risque d’être la dernière balle du condamné. »

Enfin, la réforme du système des crédits dans l’enseignement supérieur risque également d’allonger la durée moyenne des études et par là-même d’augmenter la facture à charge des CPAS.

Des synergies entre communes et CPAS, une fausse bonne idée ?

Par synergie, il est question de mise en commun de certaines ressources entre la commune et son CPAS. La Fédération constate à ce propos que les intentions de la Déclaration de Politique Régionale (DPR) vont dans des sens divers, « prônant tantôt le soutien aux CPAS et au secteur associatif en matière de lutte contre l’exclusion, mais tantôt aussi la fusion inefficace entre commune et CPAS. »

Ce deuxième cas de figure est décrié par la Fédération qui remarque que, souvent, la fusion répond au fantasme de certains d’être « seuls maître à bord » et non à des conceptions d’intérêt général. Interrogé à ce sujet par le Guide Social, Paul Furlan, le ministre wallon des Pouvoirs locaux, estime qu’il convient avant tout d’examiner la faisabilité logistique d’une telle fusion et de consulter tous les acteurs concernés par cette opération. « Il est évident qu’elle ne pourra être proposée que s’il est prouvé qu’une telle organisation amène un meilleur service au citoyen », déclare-t-il.

Cela signifie-t-il que la qualité du service offert à la population prendra le dessus sur l’argument d’économies ? La question est posée. Et Paul Furlan de parfaitement l’esquiver : « il faut noter que la réflexion est à peine entamée et elle donnera court, j’en suis certain, à de nombreux débats ! »

Delphine Hotua



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