Les employeurs davantage responsabilisés dans la lutte contre le burn-out

Les employeurs davantage responsabilisés dans la lutte contre le burn-out

Depuis ce 1er mars, toutes les entreprises belges doivent avoir adapté leur règlement de travail en fonction de la nouvelle législation en matière de prévention des risques psycho-sociaux au travail, destinée à lutter contre le stress et le burn-out.

Selon la définition reprise par le secrétariat social Groupe S, on entend par risque psychosocial « la probabilité qu’un (ou plusieurs) travailleur(s) subisse(nt) un dommage psychique qui peut également s’accompagner d’un dommage physique, suite à l’exposition à des composantes de l’organisation du travail, du contenu du travail, des conditions de travail, des conditions de vie au travail et des relations interpersonnelles au travail, sur lesquelles l’employeur a un impact et qui comportent objectivement un danger. » Et de préciser que le dommage psychique peut par exemple se manifester par des angoisses, de la dépression ou encore du burn-out.

Le burn-out pris en compte dans le règlement de travail

Le texte de loi en matière de prévention des risques psycho-sociaux au travail prévoit qu’on ne se limite désormais plus seulement à la prévention sur le lieu de travail de la violence, du harcèlement ou des comportements déplacés à caractère sexuel. La législation a en effet été élargie, de sorte que les entreprises doivent également inclure dans leur politique de prévention, les risques concernant d’autres facteurs psycho-sociaux, tels que le stress ou le burn-out.

Concrètement, ces modifications impliquent notamment de devoir mener une analyse des risques spécifiques sur différentes composantes du travail et, de mettre en place certaines mesures de prévention et de protection. « Le rôle et les modalités de désignation du conseiller en prévention et des personnes de confiance doivent dorénavant être précisées dans le règlement de travail, de même que la protection contre le licenciement en faveur du travailleur se déclarant victime de harcèlement ou de violence au travail », indique le secrétariat social Group S.

L’employeur doit en outre prévoir une procédure de plainte tant informelle que formelle.

Le personnel soignant particulièrement exposé au burn-out

Et alors que le personnel de soins est particulièrement concerné par les conséquences négatives de l’intensification du travail sur la santé, ces nouvelles dispositions de prévention contre le burn-out traduisent une évolution positive pour le bien-être des travailleurs.

Cela dit, il est important que les membres du personnel soignant, particulièrement impliqués dans leur relation avec les patients, prennent également du temps pour eux-mêmes. À cet égard, le site Jobat relaye les propos de Marc Buelens, professeur à la Vlerick Business School et co-auteur du livre "Mieux s’occuper de soi" :"Dans un avion, on vous dit toujours qu’en cas d’urgence, vous devez d’abord appliquer votre masque à oxygène avant de placer celui de vos enfants. Au travail, c’est tout à fait la même chose. Portez-vous d’abord secours afin de pouvoir vous soucier des autres par la suite."

Le soutien social, meilleur tampon contre le stress

Pour porter secours à son équipe, un responsable doit donc d’abord s’occuper de lui-même : "Un chef trop stressé sera inapte à résoudre les problèmes de ses employés", indique Marc Buelens. Pourtant, les collaborateurs ont besoin d’être écoutés et de recevoir de l’attention. "Le soutien social est le meilleur tampon contre le stress sous toutes ses formes. Nous souhaitons ressentir que nous ne sommes pas tout seuls. Cela nous renforce."

Dès lors il est vivement conseillé aux travailleurs, peu importe leur secteur d’activité, de prendre le problème de l’épuisement professionnel, du stress ou encore du burn-out à bras le corps, en commençant par mieux s’occuper d’eux-mêmes : "Posez vos limites, apprenez à vous connaître, ne prenez pas de décisions à des moments inappropriés… Il y a des tas d’outils simples pour vous aider à vous sentir mieux dans votre peau. Posez-vous les questions que vous adresserait un coach ou un thérapeute, à savoir : ’Qui suis-je, qu’ai-je envie de faire ?’ En bref, dialoguez avec vous-même" conclut Marc Buelens.

Delphine Hotua



Commentaires - 1 message
  • Ce n'est pas un commentaire, mais une question :

    Quelles sont les obligations de l'entreprise vis à vis des employés qui vivent un burnout ? Ont-elles une obligation de suivi, d'intervention dans les frais de traitements, etc ...

    Merci de votre réponse

    Deno mercredi 25 novembre 2015 11:42

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