Les gérontechnologies, une évolution qui soulève plusieurs questions éthiques

Les gérontechnologies, une évolution qui soulève plusieurs questions éthiques

Si les innovations technologiques pour aînés apportent des commodités dans la vie de tous les jours, elles soulèvent cependant plusieurs questions éthiques.


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Le mouvement social des aînés, Énéo, a récemment mené l’enquête sur la place occupée par les gérontechnologies. Il en ressort plusieurs implications notamment sur le plan éthique. Parmi elles : la confidentialité et le respect de la vie privée, le consentement, l’autonomie et l’effritement des liens sociaux.

Vie privée et nouvelles technologies

« Une des toutes premières questions qui viennent à l’esprit quand on pense aux risques des technologies, c’est celle de la confidentialité des informations et des données. Les gérontechnologies ne font pas exception. Parmi elles, certaines ont clairement pour objectif de faciliter la communication entre différents interlocuteurs, ce qui interpelle par rapport au respect de la vie privée » relève Jean-Baptiste Dayez, chargé d’études au Secrétariat fédéral d’Énéo.

De même, certaines technologies de géolocalisation posent question en matière de confidentialité et de respect de la vie privée. Dès lors, il convient d’évaluer le caractère éthique de l’utilisation de la technologie sur base du principe de proportionnalité. « Celui-ci soutient que l’étendue de l’enregistrement et de la surveillance devrait être proportionnelle aux bénéfices que la personne en retire. »

Consentir en toute connaissance de cause

Selon l’étude réalisée par Énéo, le consentement avant l’implémentation d’une technologie devrait toujours être obtenu, d’une manière ou d’une autre. « Beaucoup considèrent que l’utilisation d’une technologie de surveillance sans consentement est un délit (et est donc considérée comme illégale) et équivaut à une agression. »

Le mouvement social des aînés précise que ce consentement doit être « éclairé », c’est-à-dire qu’il doit se faire sans devoir subir le choix d’autrui et en connaissance des bénéficies et fardeaux associés à l’utilisation de gérontechnologies. « Il est habituel, quand on décide de prendre un médicament, d’être averti de ses potentiels effets indésirables. Les nouvelles technologies peuvent aussi avoir des effets indésirables, mais ils restent assez peu connus. Dès lors, consentir dans ce contexte équivaut à consentir à des risques qu’il est presque impossible d’anticiper. A minima, il faudrait que les personnes qui consentent à utiliser une technologie soient bien conscientes qu’elles ne peuvent pas en prévoir les risques » indique Énéo dans son enquête.

L’autonomie vraiment favorisée ?

Si les partisans des gérontechnologies estiment que ces technologies promeuvent l’indépendance et l’autonomie des aînés, les plus réfractaires expriment des inquiétudes quant au fait que les gérontechnologies puissent, en réalité, diminuer l’autonomie et augmenter la dépendance.

Est ici pris l’exemple d’aînés qui souhaitent que personne ne soit automatiquement averti s’ils tombent à leur domicile, car ils aimeraient d’abord essayer de s’en sortir seuls avant d’appeler quelqu’un.

Les contacts humains en péril

Par ailleurs, un des revers de la médaille de ces technologies pourrait être la perte de contact et de soins dispensés par un humain. Comme le relaye Énéo dans son étude, même les professionnels de la santé pensent que des soins de qualité nécessitent une relation authentique et une interaction sociale et craignent que les gérontechnologies créent des relations à distance en lieu et place d’une relation de soin personnelle et intime.

En plus de ces possibles conséquences pour la relation de soin, les aînés sont aussi inquiets du fait que l’utilisation des gérontechnologies puisse mener à une perte des contacts sociaux et entraîner un isolement social et de la solitude. La visite des aidants constitue en effet pour de nombreux aînés isolés l’unique connexion avec le monde extérieur.

Delphine Hotua



Commentaires - 1 message
  • Si éthique, déshumanisation, stigmatisation, .... doivent être respectés, il faut débattre sur des exemples précis si pour apporter une critique objective.
    Technique et technologie sont vastes, mal compris, et mal utilisés. Il faudrait plus d'espace pour démontrer que Gérontechnologie n'est pas une bonne appellation de ce qui est habituellement entendu et que ce qui est entendu devrait être segmenté pour une opinion correcte. En attendant, on discute, on débat, on critique, on interroge, et pendant ce temps chaque jour des personnes tombent, certaines restent au sol plusieurs jours avec les séquelles connues alors que des moyens de préventions et d'alerte existent mais sont rejetés par la désinformation.

    Marcel Wilmotte dimanche 3 avril 2016 10:35

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