Les NEET's, la jeunesse paumée

Les NEET's, la jeunesse paumée

Pas d’emploi, pas de revenu, pas de prise en charge… C’est le trio infernal auquel sont confrontés de plus en plus de jeunes en Europe, qui a décidé de s’attaquer au problème.

Acronyme de « Not in education, employment or training », le terme NEET a été créé en 2008 au Royaume-Uni pour désigner une population jeune (entre 15 et 29 ans) qui n’est ni en formation, ni aux études ni sur le marché de l’emploi. Cette jeunesse désabusée est assez nombreuse en Europe. On compterait aujourd’hui 14 millions de NEET’s sur le continent, soit 14,9% de cette tranche de la population, d’après les chiffres de l’Europe monitoring center of change (EMCC) . Des disparités sont à noter entre les pays. Si la Bulgarie présente 24, 6 % de NEET’s, l’Italie 22,7 %, le Danemark n’en compte que 7,6% et les Pays Bas 5,5 %. La Belgique se situe entre les deux avec, selon un récent rapport de l’institut pour le développement durable, avec 53 000 jeunes concernés, soit 14 % de sa population jeune.

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Causes personnelles et structurelles

Les jeunes présentant des problèmes familiaux et sociaux, précarisés, issus de l’immigration, déscolarisés, ou qui présentent un handicap constituent un public particulièrement vulnérable. Mais les NEET’s trouvent aussi leurs racines dans le contexte actuel de crise économique et de chômage. Ainsi, comme chômage élevé, rapporte une étude d’Eurofound consacré au phénomène, précisant que « le taux d’emploi des jeunes a chuté de 32,9% au cours du premier trimestre 2011, ce qui constitue le chiffre le plus faible jamais enregistré dans l’histoire de l’Union Européenne ». Enfin, le phénomène peut aussi s’expliquer au niveau sociétal. Certains jeunes seraient moins axés sur le travail que leurs aïeux, et privilégieraient des modes de vie alternatifs , sans spécialement s’engager pour la société.

Projet européen

Consciente que les NEET’s sont des « talents perdus » et qu’ils constituent un coût pour la société (les NEETs coûteraient chaque année plus de 153 milliards à l’Europe – soit 1,2% de son PIB) , l’Europe a décidé de s’attaquer au phénomène en deux temps : une étude et des projets destinés à promouvoir l’accès des jeunes au marché de l’emploi. Un grand programme baptisé Progress a ainsi été mis en place entre 2007 et 2013. Elaboré en collaboration avec 10 associations de 7 pays européens, son objectif était de partager des pratiques de formation et d’insertion pour les développer en Europe. En Belgique, c’est la Mission Régionale pour l’Insertion et l’Emploi à Charleroi qui a participé au projet. A son terme, elle a présenté deux projets qu’elle a jugé efficaces en la matière . Le premier, les Ateliers du savoir-travailler, travaille avec les jeunes peu insérés sur le marché de l’emploi afin qu’ils se bâtissent un vrai projet. Deuxième projet mis en valeur : le plan Formation-Insertion du FOREM qui propose des stages en entreprise aux jeunes inscrits au chômage.

Manon Legrand

http://www.eurofound.europa.eu/emcc/labourmarket/youth.htm

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Commentaires - 2 messages
  • Q attend et que font nos Ministere de la Jeunesse et de la Pauvreté et de la Santé pour coordonnéesleur effort et faires des partenariat sur le terrain Bruxellois entre autres pour aider ces 54000 jeunes paumés en desespoir , en les encadrant par un emploi dans la fonction publique,nos institutions, communes , CPAS, ASBL, Hoptiaux, Universitées.,....la ou .le personnel manque et là ou les pensionnées non qualifié ne sont plus remplacer depuis des années..... ., au lieu de les laisser nos jeunes dans la rue a se détruire et donner une mauvaise image dans la capitale Européenne.....
    A bon entendeur .
    HE de Bruxelles.
    .

    baboub lundi 30 juin 2014 16:55
  • Les efforts d'encadrement et de formation sont déjà plus que considérables, et au bout de presque 30 ans d'efforts, on constate bien aujourd'hui que cela ne sert pas à grand chose. Il faut donc endiguer le problème à la source. Comment ? D'abord conscientiser les jeunes concernés au fait que lorsqu'on ne termine pas ses études, et considérant que les formations ne sont pas diplômantes, trouver un emploi est une mission quasi impossible. 80% des demandeurs d'emplois aujourd'hui n'ont soit pas terminé leurs humanités, soit n'ont pas été plus loin. La solution : terminer des études, et mis a part les quelques uns qui optent pour une option professionnelle dans le secondaire, poursuivre des études supérieures. Sur cette base ça ira beaucoup mieux.

    Dvd jeudi 10 juillet 2014 09:54

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