Les ostéopathes sont-ils en danger ?

Les ostéopathes sont-ils en danger?

On les appelle au secours lorsque les douleurs de dos deviennent trop importantes. Les ostéopathes sont chaque fois plus populaires en Belgique. Mais une révision de la loi qui régit leur profession pourrait leur causer du tort !

Après la réforme de la législation sur la psychothérapie, sur les études d’infirmières, entre autres, le cabinet de la Ministre de la Santé a décidé de s’attaquer à la révision de la loi Colla, qui réglemente l’ostéopathie et d’autres pratiques non-conventionnelles dans l’art médical. Parmi les changements qui pourraient voir le jour : celle de l’imposition d’une prescription médicale pour accéder à des séances d’ostéopathie, comme c’est notamment le cas pour la kinésithérapie.

Lourdeurs et coûts supplémentaires ?

Les ostéos craignent que cette mesure, si elle entre en vigueur, ne constitue un frein à l’exercice de leur métier. Cela aurait pour le moins comme effet d’enfreindre la rapidité des prises en charge, puisque le patient devrait préalablement obtenir un rendez-vous chez le médecin, pour ensuite en prendre un chez l’ostéopathe. Alors qu’actuellement, en cas de crise aigüe, ce dernier tente de recevoir le patient au plus vite. Sans compter que cela entraînerait, bien entendu, des coûts supplémentaires, tant pour le patient, qu’au niveau de la sécurité sociale. D’aucun s’interrogent : ne serait-il pas plus intéressant de rembourser davantage les séances d’ostéopathie, que de gonfler les prestations chez le médecin ?

Une pratique chaque fois plus prisée

Ce changement serait d’autant plus étonnant que l’ostéopathie fait chaque fois plus d’adeptes : un Belge sur quinze consulterait ces professionnels, principalement pour des problèmes de dos. Depuis quelques années, certaines mutuelles remboursent d’ailleurs partiellement et de manière limitée, des prestations en ostéopathie. L’ostéopathie ne se résume par ailleurs pas au traitement des troubles musculo-squellétiques. Son champ d’application s’étend aussi aux approches structurelles, viscérales et crâniennes, en vue de résoudre des problèmes de tendinites, des troubles digestifs et gynécologiques. En résumé, “l’ostéopathie cherche essentiellement à restaurer, grâce à une approche manuelle, un fonctionnement physiologique parfait, une harmonie de fonctionnement. Elle interviendra sur les dysfonctionnements du corps qui ont un effet pervers sur la santé”.*

Déjà du rififi en 2014

Le débat sur le statut de l’ostéopathe ne serait cependant pas si neuf que cela ! Sous la législature précédente, il avait déjà été soulevé (et fort animé). La Ministre de la Santé de l’époque, Laurette Onckelinx, ayant alors proposé un arrêté royal qui, en résumé, reconnaissait la pratique de l’ostéopathe neuro-musculo-squelettique, suite à une formation dans l’enseignement supérieur et l’envoi d’un rapport sur l’état de santé du patient au médecin. Mais le texte avait refusé, notamment par l’Open VLD Alexander De Croo. Aujourd’hui, l’on constate que l’ancien conseiller du ministre, Brieuc Van Damme, occupe le poste de chef de cabinet adjoint de la Ministre De Block… Guère étonnant que cette dernière souhaite remettre le couvert au sujet des ostéopathes ! S’il importe, ici comme dans d’autres pratiques para-médicales, de faire la chasse aux charlatans, la mesure annoncée ne semble pas être adéquate, d’après les ostéopathes.

Sandra Evrard

*Définition donnée par l’Union Belge des ostéopathes. http://www.ubo-buo.be



Commentaires - 1 message
  • L'ostéopathie est une approche extraordinaire qui mérite d'être soutenue, reconnue et autonome. Maggie De Block fait des dégâts partout où elle passe. La seule chose qui l'intéresse, c'est faire des économies et remettre à jour le mandarisme des médecins. le bien être des patients est le dernier de ses soucis.
    Brido

    Brido jeudi 10 mars 2016 23:44

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