Les professionnels de Saint-Luc se mettent dans la peau des seniors

Les professionnels de Saint-Luc se mettent dans la peau des seniors

À l’aide d’un simulateur de vieillissement, les équipes du service de gériatrie des Cliniques universitaires Saint-Luc peuvent désormais se former à la "bientraitance" des personnes âgées en se mettant à leur place.

Le concept n’est pas neuf. En France, par exemple, de nombreux hôpitaux ont déjà adopté les simulateurs de vieillissement. C’est d’ailleurs en se formant dans l’un d’entre eux qu’une ergothérapeute de Saint-Luc a voulu implanter le concept dans la clinique où elle travaille. Et c’est un franc succès. Depuis octobre 2016, tous les membres du personnel du service de gériatrie sont invités à tenter l’expérience. Ils accomplissent une série de gestes quotidiens tout en portant une combinaison qui simule le vieillissement.

Objectif

Comprendre les transformations physiques du corps vieillissant et les expérimenter soi-même afin d’améliorer la bientraitance des seniors est l’objectif premier d’un tel dispositif. Les soignants de Saint Luc sont confrontés quotidiennement à ces personnes et doivent souvent faire preuve d’empathie. Le simulateur de vieillissement doit pouvoir les aider à se mettre dans leur peau et à ressentir concrètement leurs douleurs. En effet, "prendre conscience des difficultés auxquelles est confronté le patient âgé influence positivement sa prise en charge par le personnel" explique Mathilde Gouget, ergothérapeute à Saint Luc, au magazine publié par la clinique.

Ateliers de sensibilisation

Depuis octobre 2016, les ateliers organisés au sein de la clinique ont remporté un franc succès. Par groupe de 8, médecins, infirmiers, aides-soignants, aides logistiques, diététiciens, techniciens de surface... y participent en nombre. "Vêtus de la combinaison, les participants y accomplissent des actes simples de la vie quotidienne : entrer et sortir d’un lit, se servir un verre d’eau et le boire...", précise l’ergothérapeute. Plusieurs sessions vont encore être organisées et s’adresseront à un plus large public de professionnels. "Outre la gériatrie, nous souhaiterions proposer ces ateliers dans les autres unités hospitalières. En effet, à l’exception (logique !) de la pédiatrie, il y a des patients âgés dans tous les services, et leur prise en charge requiert une attention particulière."

Efficacité prouvée

Grâce à une bourse octroyée par la Fondation Saint-Luc, Mathilde Gouget a pu se rendre dans un hôpital français réputé dans le domaine de la gériatrie pour se former à l’utilisation du simulateur et à la bientraitance. Elle encadre et soutien à présent les futurs formateurs de son équipe de gériatrie et tente d’évaluer l’impact de l’utilisation du simulateur de vieillissement. Impact qui a déjà fait l’objet d’une étude au sein d’une université allemande. Les étudiants en médecine de l’Université Julius-Maximilians de Wurtzbourg ont notamment démontré que 95% des participants arrivaient, après avoir porté la combinaison, à comprendre l’état physique d’une personne âgée. Il a été prouvé que l’empathie pour ces personnes augmente significativement et que l’efficacité du simulateur comme une aide à l’enseignement et à l’apprentissage est une évidence.

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