Les sages-femmes sont en pleine mutation

Les sages-femmes sont en pleine mutation

La profession de sage-femme est en pleine mutation et en pleine ébullition. Nadia Benahmed, chercheuse au Centre d’Expertise des Soins de santé (KCE) nous éclaire sur leur situation.


- Formation et métier de sage-femme : situation actuelle
- Réduction du séjour en maternité : des initiatives voient le jour

Comme elle l’avait fait pour les médecins, les infirmiers, les kinés et les dentistes, la Commission de planification du SPF Santé publique, avec le KCE, évaluent la force de travail de la profession de sage-femme. Cette étude tombe à point nommé, suite aux récentes mesures prises en vue de réduire le séjour en maternité. Le travail de la Commission, encore à sa genèse, est très important et commencera concrètement dès cet été. Nadia Benahmed explique les détails.

Trop de sages-femmes, trop peu de travail

De manière générale, au sud du pays, il y a le sentiment d’un excès de diplômées. Ce qui engendre un souci pour les sages-femmes lorsqu’elles arrivent sur le marché du travail. « Attention, il s’agit là d’un ressenti ; c’est précisément le travail de la Commission de planification d’objectiver ce ressenti », explique N. Benahmed. Dans ce but, la Commission de planification va regrouper les bases de données, notamment celles de l’assurance maladie et de la Banque Carrefour de sécurité sociale et regarder combien de temps les sages-femmes travaillent et où elles travaillent :

1) En milieu hospitalier : dans les services de néonatalogie, de maternité et parfois de pédiatrie, uniquement. En effet, depuis les années 90, leur formation a été séparée de celle des infirmières. En 2006, les sages-femmes deviennent plus autonomes et acquièrent le droit de prescrire certains médicaments.

2) En milieu extrahospitalier : chez les particuliers, dans les centres de naissance, à l’ONE… en tant qu’indépendantes le plus souvent

L’offre et la demande dans le Sud

Actuellement, les soins extrahospitaliers sont peu développés dans le sud du pays. Cependant, suite au déplacement des soins de l’hôpital vers le domicile, cette situation risque de changer. « Il s’agit bien d’un glissement dans le lieu de prise en charge, l’objectif de la réduction de séjour n’étant pas de faire sortir une jeune maman après deux jours et lui dire : maintenant débrouillez-vous ! La Commission va donc devoir établir l’offre et la demande futures tenant compte de cette mutation de la prise en charge » dit N. Benahmed. Ce suivi est toujours effectué par des sages-femmes. Dès lors, en établissant l’offre et la demande, ce « ressenti » pourrait se résorber.

Les projets-pilotes pour l’organisation du postpartum

Les projets-pilotes ont recueilli beaucoup d’engouement. « Tous les hôpitaux voulaient participer. Même les hôpitaux non sélectionnés mettent en place des nouveaux projets. On ne peut pas se louper ! Des soins postnataux de qualité ont un impact sur toute la vie future du nouveau-né » précise N. Benahmed. Plusieurs pratiques sont testées :

1. Le suivi est organisé à domicile ou à l’hôpital : « Ce dernier point est peut-être, selon moi, le plus problématique car, souvent, ce type de solution est proposé dans des régions où les distances sont longues. La maman qui n’a pas de moyen de locomotion risque alors de ne pas revenir en consultation, avec les conséquences désastreuses qui peuvent s’ensuivre ».

2. L’équipe de sages-femmes peut rester ou non la même du prénatal au post natal

3. La sage-femme est libérale ou engagée par l’hôpital ou dans un groupe de sages-femmes

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