Lettre ouverte : la crainte des CPAS

Lettre ouverte: la crainte des CPAS

Le président des CPAS de Forest Stéphane Roberti (Ecolo) a adressé une lettre ouverte au gouvernement. Suite à la suppression des allocations d’insertion, les CPAS craignent pour leur avenir.

Monsieur le Premier ministre,

Messieurs les Ministres,

Je comprends que les mesures prises par votre gouvernement mettent l’accent sur la relance économique. La création d’emplois est évidemment la priorité aujourd’hui, tous les partis politiques s’accordent à le dire. Malheureusement, le plein-emploi est une utopie. Le taux de chômage en Belgique (environ 8 % depuis des années) cache des disparités gigantesques.

Bruxelles, véritable poumon économique belge, en fait les frais depuis bien longtemps déjà : le taux de chômage dépasse les 20 %, dans certains quartiers il avoisine les 40 % et plus encore chez les jeunes ! Votre argumentaire met en avant l’activation comme moyen de combattre ’assistanat, fort bien ! L’Onem traque depuis longtemps ceux qui, à ses yeux, n’en font pas assez pour s’intégrer. Mais dans cette nouvelle chasse aux chômeurs, ce n’est même plus de cela dont il est question. Ainsi les 30.000 nouveaux exclus sont sanctionnés, non pas pour n’avoir pas cherché un emploi, mais parce qu’ils n’en ont pas trouvé !

Pour une mère célibataire ayant cumulé des emplois précaires par faute de mieux, que signifie cette exclusion ? Un pas de plus vers la précarité et celle de ses enfants ? Au jeune sans qualification issu d’un « quartier difficile », quelles solutions lui proposez-vous ? Faire appel au CPAS pour ceux qui le peuvent, l’illégalité pour les autres ? Quel avenir pour les CPAS déjà en difficulté budgétaire aujourd’hui ? Le maigre refinancement du taux de remboursement du revenu d’intégration ne compensera pas ce tsunami de nouvelles demandes. Le transfert des compétences fédérales coûteuses vers les entités locales ne fera qu’accroître les inégalités déjà criantes depuis des décennies. Après avoir désarmé les CPAS, vous poserez le constat que ceux-ci doivent être réformés. Cela dans la même logique « d’activation » que celle de l’Onem aujourd’hui. Avalés par les communes, pistés par le gouvernement fédéral, ceux-ci seront soumis à la rétribution au résultat. Cette politique séduisante a priori est pourtant nauséabonde, vu les drames sociaux qu’elle engendre. Au-delà de la pression mise sur les demandeurs d’emploi, cette politique fait peser un poids considérable sur l’ensemble de la population active, avec le dumping social ! Forcer les travailleurs à accepter des conditions sans cesse plus difficiles par crainte de n’avoir plus rien : voilà comment détricoter la sécurité sociale durement acquise par les générations précédentes !



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