Levée du secret professionnel... Le temps est compté !

Levée du secret professionnel... Le temps est compté!

Le projet de loi pour la levée du secret professionnel en cas de suspicion de terrorisme pour les assistants sociaux des CPAS sera voté le 16/02/2017.

A la veille de la manifestation nationale contre la levée du secret professionnel dans les CPAS, je m’interroge, en tant que travailleuse sociale, sur cette mesure. La réforme du secret professionnel est pratiquement arrivée à son terme. La plupart des assistants sociaux sont contre. Défendant un travail social de qualité, la crainte est grande, en effet, que ces acteurs de changement ne deviennent des agents de renseignements. La peur est là que cette loi ne soit étendue aux autres secteurs soumis au secret professionnel. Finalement, cette réforme ne serait-elle pas un prémisse de la fin d’un état démocratique ?

La revisite de la pratique du travail social par nos politiques…une erreur !

Comme le prévoit le code pénal, le code de déontologie et la loi de 1976 sur les CPAS, le secret professionnel, base de la relation d’aide est applicable à chaque assistant social d’un CPAS. Il permet ainsi de protéger non seulement l’usager, l’assistant social mais également la société réduisant ainsi les risques de violences. Ainsi, la réforme du secret professionnel presque votée par nos politiques va à l’encontre des objectifs du travail social tels que décrits dans les principes généraux du code de déontologie.

Les CPAS, des "logeurs" de terroristes ?

De plus cette proposition envoie le mauvais message à la population et allie travailleur social à "protecteur de présumés terroristes" et demandeurs d’aides à "djihadistes". Pour exemple, souvenons-nous que les attentats du 11/09/2002 aux Etats Unis ont été perpétrés par des citoyens sans histoire issus de la classe moyenne. Il est donc primordial que les choses soient remises à leur place et dans leur contexte. SOYONS CLAIRS, l’assistant social de CPAS ne peut être un indicateur de police !

Un enjeu politique différent ?

Il n’est pas vain, encore une fois, de rappeler qu’il existe 4 dérogations au respect du secret professionnel en cas de témoignage en justice ou en commission parlementaire, en cas d’exceptions légales, en cas de nécessité ou dans le cadre de dénonciation des crimes et délits. Mais nos politiques sont clairs et ont le souhait d’étendre cette réforme à d’autres secteurs. Si aujourd’hui, c’est le spectre du terrorisme que nos politiciens brandissent, il y a peu le secret professionnel était déjà mis en cause dans la lutte contre la fraude sociale….

Rappel de la mission des assistants sociaux

L’Assistant Social doit mettre en œuvre tous les moyens que ses compétences professionnelles lui suggèrent en utilisant au mieux les ressources des personnes, des institutions et de la législation dans l’objectif d’aider chacun à trouver sa place dans la société ; Pour ce faire, l’Assistant Social respecte scrupuleusement et fait respecter le secret professionnel.

Et la démocratie ?

En conclusion, les assistants sociaux se sont souvent présentés comme des acteurs de changements ayant foi en l’homme et la société libre et démocratique. Il est sans doute temps presque trop tard pour rappeler haut et fort à ceux qui nous gouvernent que l’Histoire nous a montré à maintes reprises que faire d’une société un état de délation n’éradique en rien la violence. Ainsi, après le 16 février prochain, cette nouvelle pratique du travail social ne fera malheureusement qu’augmenter la peur de l’autre en entraînant un repli sur soi de notre société.

I.I., assistante sociale



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