Liège abandonne son projet de centre Eros de la prostitution

Liège abandonne son projet de centre Eros de la prostitution

Les divergences politiques ont entraîné l’abandon du projet de l’Eros Center, initialement porté par l’ASBL Isatis et le bourgmestre liégeois Willy Demeyer.

Il n’y aura finalement pas d’Eros Center à Liège, comme le prévoyait depuis 2009 le bourgmestre Willy Demeyer (PS). Basé sur le modèle de la Villa Tinto à Anvers, le projet avait pour objectif de regrouper dans un bâtiment sécurisé les acteurs de la profession. Devant le rejet du CDH aussi bien que du PS, l’initiative est pourtant abandonnée. Explications.

Sécurité et dignité pour les travailleurs du sexe

L’Eros Center aurait dû accueillir dans son bâtiment environs 50 salons de prostitution. Financé par les pouvoir publics, il devait être mis à la disposition de l’ASBL Isatis (Initiative sociale d’aide aux travailleurs du sexe) pour l’euro symbolique. L’Eros Center avait pour vocation de fournir un suivi médical auprès des travailleurs du sexe, tout en leur offrant la possibilité d’exercer dans une zone sécurisée, loin du manque d’hygiène et des dangers de la rue. Un projet destiné à garantir la dignité et la sécurité à la fois sociale et sanitaire des professionnels du sexe, pourtant subitement enterré. Si le désaccord politique était connu, le manque de réaction a bel et bien fini par avoir raison du projet liégeois.

Eros Center : du proxénétisme associatif ?

Interrogé par Le Soir, Willy Demeyer a expliqué souhaiter revoir entièrement le projet. Selon lui, "le modèle de fonctionnement imaginé était très coûteux et s’apparentait à du proxénétisme associatif dans la mesure où la location des salons permettait de financer une quantité importante d’emplois ". Un abandon qui serait donc essentiellement motivé par les modalités de financement initialement envisagées. A l’instar du MR, se déclarant dans les colonnes du Vif-L’Express désolé de "l’absence de vision pour la gestion du phénomène prostitutionnel", on ne peut que s’étonner du manque de réaction et d’initiative liégeoise pour revoir la question du financement et de la gestion des travailleurs, au lieu d’enterrer complètement le projet.

Et maintenant ?

Willy Demeyer n’abandonne pas la cause des travailleurs du sexe pour autant. Pour le bourgmestre, c’est l’occasion de se rapprocher de la réalité du secteur, et notamment de s’investir dans l’amélioration des conditions de la prostitution de rue. Plus qu’un centre de la prostitution, il serait donc question de créer un terrain encadré dédié aux travailleurs du sexe de la rue afin de les soulager "des problèmes de sécurité, de nuisances et de risques socio-sanitaires" qu’ils endurent au quotidien. Ainsi, les acteurs de la santé et du social seraient à même d’intervenir directement auprès des intéressés, sans l’épineux problème d’une utilisation bienséante des revenus engendrés par le secteur.



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