Lutter contre la douleur par l'alimentation

Lutter contre la douleur par l'alimentation

La prise en charge des douleurs chroniques est complexe et souvent transdisciplinaire. Et si la nutrition intervenait également au niveau du processus anti-inflammatoire ? C’est l’hypothèse posée dans le livre du Dr. Frédéric Louis.

Le Dr. Frédéric Louis, médecin anesthésiste-réanimateur, suit des patients atteints de douleurs chroniques et de cancers, depuis un certain nombre d’années. Dans son livre « La nutrition anti-inflammation. Douleur et cancer, même combat », il propose de plonger au cœur des actions moléculaires des nutriments, pour tenter d’apaiser les réactions inflammatoires exagérées, qui peuvent induire des douleurs chroniques. D’emblée, il précise qu’il ne s’agit pas d’un ersatz aux prescriptions médicamenteuses et aux soins dont bénéficient les patients concernés, mais plutôt d’une thérapie antalgique complémentaire, susceptible de donner un coup de pouce dans la gestion de la douleur.

La douleur, un mécanisme complexe

Afin de rédiger ce livre, le Dr. Louis s’est intéressé plus particulièrement à la médecine fonctionnelle, de la gestion de la douleur aiguë et chronique. Les processus physiologiques diffèrent en effet d’un cas à l’autre. « La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en termes d’une telle lésion », suggère la définition de la douleur selon Merskey, en 1979. Une douleur aiguë, par exemple suite à une opération ou à une lésion, peut se transformer en douleur chronique, par excès de nocicepteurs (récepteurs sensoriels de la douleur qui font naître un message nerveux).

Agir sur différents processus

La chronicisation de la douleur résulte d’une hyperalgésie périphérique et centrale provoquée entre autres par une réponse inflammatoire exagérée. Selon le Dr. Louis, une prise en charge nutritionnelle pourrait cependant agir sur une série de paramètres physiologiques complexes (sur des neurotransmetteurs, des récepteurs). Par exemple :

- prévenir l’inflammation.
- rétablir l’équilibre glutamate/sérotonine et glutamate/GABA
- moduler l’hypersensibilité centrale en diminuant l’hyperfonctionnement du récepteur NMDA et en corrigeant l’alimentation inadéquate

Les nutriments anti-inflammatoires

Certains aliments ont, semble-t-il, la capacité d’interagir sur des substances comme le glutamate, un neurotransmetteur qui véhicule l’information douloureuse vers la moelle et le cerveau. Voilà pour la théorie ! En pratique, le livre donne des indications détaillées afin d’utiliser différents nutriments qui agissent sur les processus sub-décrits. Impossible de tous les développer ici, mais l’on apprend par exemple que le gingembre et le curcuma possèdent des propriétés anti-inflammatoires, que la vitamine D, dont beaucoup de Belges sont carencés, vu le manque d’ensoleillement national, agit positivement sur la douleur. De même que les antioxydants, les oméga-3 et le magnésium.

Des références pratiques

Les actions des fruits, légumes, viandes, poissons, épices et autres nutriments, sont détaillées sous forme de tableaux, dans ce livre, pour pouvoir agir concrètement sur les différentes problématiques inflammatoires. Un ouvrage intéressant pour différents professionnels de la santé, curieux d’en apprendre davantage sur l’influence de notre alimentation sur la douleur.

Sandra Evrard



Commentaires - 1 message
  • Ou puis-je me procurer le livre?

    Sofiten samedi 8 août 2015 12:10

Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.