Maggie De Block : "Des économies et des réformes au scalpel fin"

Maggie De Block:

144 millions d’euros pour la sécurité sociale et 902 millions d’euros pour les soins de santé. Ce sont les montants des économies réalisées par Maggie De Block, la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, pour "contribuer à l’équilibre budgétaire".

Bien qu’elle ait promis qu’elle n’en réaliserait plus, Maggie De Block fait encore des coupes dans les soins de santé. Ces économies ont pu être réalisées grâce à de nombreuses mesures prises dans le cadre de l’accord sur le budget fédéral. Elles visent, selon la ministre, à "éliminer la surconsommation et l’utilisation inefficace". Voici quelques unes des mesures adoptées dans le secteur des soins de santé et de la sécurité sociale.

Coup d’accélérateur pour la réforme du paysage hospitalier

Un mandat spécial, délivré par le gouvernement, vient d’être accordé à Maggie De Block. Ce dernier permettra d’accélérer la mise en œuvre de la réforme du paysage hospitalier, "l’une des plus importantes et des plus grandes que nous réalisons", selon la ministre. "Elle doit faire en sorte que nos soins de santé soient de qualité et accessibles ou abordables".

Autre feu vert obtenu : un modèle de fonctionnement en réseau et de planification des besoins pour les hôpitaux. Une réglementation sur le sujet doit être fixée et mise en place avec les entités fédérées. Cela impliquera, par exemple, l’élimination de la "surcapacité" de lits dans les services de pédiatrie et de maternité ou encore la concentration des soins oncologiques complexes afin que les patients soient traités de façon plus spécialisée et expérimentée.

Indexation du montant maximum du ticket modérateur pour le maximum à facturer

En 2015, la ministre de la Santé expliquait dans une carte blanche vouloir axer sa politique autour du patient. Depuis 2002, aucune indexation n’a été faite sur le montant maximum que le patient paie pour le ticket modérateur. Ce montant dépend des revenus dont le seuil a, quant à lui, bien été indexé. La nouvelle mesure permettra, donc, d’indexer ce montant maximal du ticket modérateur pour qu’il corresponde au montant des revenus.

Toujours en matière d’indexation, un saut d’index partiel sera adopté, dès 2017, pour les prestataires de soins. Leurs honoraires ne seront plus qu’indexés d’un tiers.

Les antibiotiques moins remboursés

Le ticket modérateur applicable aux antibiotiques va augmenter. Ce qui veut dire que ces derniers passeront de la catégorie de remboursement B à la catégorie C. Pour Maggie De Block, cette mesure permettra de diminuer la prise excessive des antibiotiques : "Ce ne sont pas des bonbons. Pourtant, on en prend encore beaucoup trop. Au niveau européen, la Belgique occupe la deuxième place."

Une autre mesure du même ordre sera en vigueur à partir de 2017. Elle imposera aux médecins et aux dentistes de prescrire le médicament le moins cher dans 60% des cas (au lieu de 50% actuellement). Une économie de 20 millions d’euros en perspective.

Écartement au travail : l’employeur contribue

En matière de sécurité sociale, des changements sont également à prévoir. Une des mesures phares concerne l’écartement au travail. Il s’agit d’un régime spécifique consistant à protéger la femme enceinte contre certains risques sur le lieu de travail, tels que la présence de certaines substances chimiques. Si pour l’instant les employeurs font "facilement appel au système des indemnités en mettant les femmes à la maison contre leur gré", comme l’affirme la ministre, ils devront, dorénavant, payer 10% de ces indemnités. Cela poussera les employeurs à examiner quelles tâches la femme enceinte est encore en mesure d’exécuter au sein de l’entreprise.

Incitation à la reprise partielle du travail en cas de maladie

L’idée de la mesure est d’adapter le système d’indemnisation relatif à l’activité autorisée en période de maladie. Si, auparavant, le malade qui voulait travailler perdait automatiquement une partie de ses indemnités, il pourra, désormais, prester le premier jour de la semaine tout en gardant ses indemnités. Aussi, ces dernières ne baisseront plus en fonction de la tranche de revenus du travailleur, mais bien selon le nombre d’heures prestées. Un système qui permettra d’éviter que les indemnités ne chutent trop rapidement et qui, comme Maggie De Block l’espère, "incitera davantage de personnes à aller travailler."

Toutes ces mesures sont donc destinées à faire des économies. De l’argent qui servira, notamment, à dégager une enveloppe "bien-être" et qui permettra d’augmenter les indemnités. Le gouvernement espère aussi mieux garantir les pensions à l’avenir et faire en sorte que la sécurité sociale reste viable pour les futures générations.



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