Maggie De Block essaye de faire avaler la pilule aux plannings familiaux

Maggie De Block essaye de faire avaler la pilule aux plannings familiaux

Les plannings familiaux ne sont plus censés pouvoir distribuer la pilule du lendemain que par le biais d’un médecin ou pharmacien, selon la loi fédérale sur les médicaments. Pour la ministre de la santé, Maggie De Block, cette mesure est normale et repose sur certains critères de sécurité.

Professionnels et politiques clament leur désarroi et leur colère quant à la décision de Maggie De Block d’interdire la distribution de pilules du lendemain dans les plannings familiaux sans passer par un médecin ou un pharmacien. Certains dénoncent même une violation du droit fondamental de chaque femme à disposer de son corps. Pour les centres de planning familiaux, c’est l’incompréhension. Maggie De Block a cependant souhaité éclaircir la situation, et rappelle les principes de sécurité en vigueur.

Seuls les médecins peuvent délivrer la pilule

Maggie De Block estime que la pilule du lendemain doit être délivrée par un pharmacien ou un médecin pour garantir la sécurité des patientes. « L’accessibilité à la pilule du lendemain, qui est une mesure d’urgence, est fondamental pour les femmes. Mais ce médicament est une bombe hormonale qui affecte le corps et qui peut avoir des effets secondaires importants. C’est une question de santé publique » déclare la ministre. Dès lors, la ministre accepte désormais la distribution de la pilule du lendemain dans les centres de planning familiaux, uniquement si elle a lieu dans les conditions ci-dessus, prévues par la loi.

Une accessibilité garantie

Concernant la pilule du lendemain, la situation actuelle autorise les médecins à la donner dans les centres de planning familial s’ils respectent les règles sur les échantillons des médicaments, c’est-à-dire si ces derniers sont donnés gratuitement. La délivrance de la pilule a de plus déjà été simplifiée et peut être obtenue sans prescription médicale.

Sécurité

Deux propositions de loi visant à modifier la loi sur la délivrance des médicaments ont été déposées et discutées en commission parlementaire Santé Publique le 16 mai 2017. Elles visent à autoriser légalement les centres de planning familial à donner la pilule ou la pilule du lendemain, sans passer par le pharmacien ou le médecin. Cette proposition n’offre aucune garantie de qualité ni de sécurité étant donné que seuls un médecin ou un prestataire de soins peuvent détecter les contre-indications éventuelles. En commission parlementaire, la majorité a voté contre les deux propositions, notamment en raison du fait qu’une solution peut être trouvée dans le cadre légal existant.

Que dit le terrain ?

Pour éviter de porter préjudice aux centres et aux femmes qui veulent se procurer la pilule, la Fédération des Centres pluralistes de Planning Familial (FCPPF) tient à soulever que les informations relayées doivent être nuancées. Comme elle le précise au Vif, « Il est incorrect de dire que les centres de planning familial ne pourront plus délivrer la pilule du lendemain. Il y a aujourd’hui, dans chaque centre de planning familial, un médecin habilité à la délivrer ». Dans le cas où le médecin ne serait pas présent sur les lieux, un protocole spécifique à été mis en place afin de permettre aux personnel du planning familial, sous la supervision du médecin, de délivrer le médicament.

La Fédération regrette cependant le manque de légalisation quant à la pratique dans les centres, alors que « la prévention des grossesses non désirées fait partie intégrante de leurs missions. »

Pour la Fédération des centres de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes, légaliser la pratique tombe sous le sens et elle regrette que ce ne soit pas encore le cas. « Dans les faits, cela signifie que les médecins doivent interrompre leurs consultations pour se rendre à l’accueil à chaque fois qu’une personne se présente sans rendez-vous pour obtenir une pilule du lendemain. Une situation qui est bien entendu ingérable dans la pratique », explique-t-elle au Vif.

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