Maisons de repos : de nouveaux outils pour prévenir les fugues

Maisons de repos: de nouveaux outils pour prévenir les fugues

Les cas de fugues dans les homes sont en hausse en Belgique. Un problème de société, qui demande une organisation entre les polices locales et les centres de soin. Au Canada, la communauté a mis au point de nouveaux outils pour aider les policiers et le personnel soignant à mieux encadrer, et surtout prévenir, la disparition des aînés atteints de troubles mentaux.

En septembre dernier, le projet "Démence" a été lancé dans plusieurs villes belges francophones. Cette procédure signait une belle avancée dans la collaboration entre les maisons de repos et la police dans la recherche des personnes âgées disparues après une fugue. Au Québec, les policiers et les professionnels en gériatrie ont imaginé des dispositifs simples qui visent à prévenir les fugues, et retrouver plus rapidement les seniors le cas échéant. Une initiative dont le secteur belge pourrait s’inspirer.

Une base de renseignements commune...

Pour rappel, les aînés étaient en moyenne 170 à fuguer de leur home, selon un rapport de la police de 2013. Bon nombre d’entre eux souffrant de maladies cognitives, il est parfois très difficile de retrouver les égarés. A Québec, les services de police ont mis sur pied une base de renseignements auprès des aînés et des centres de soins, sous la forme d’un formulaire qu’ils peuvent remplir s’ils l’acceptent. Le procédé est simple : en cas de fugue, le personnel soignant peut directement communiquer le fichier de la personne disparue aux forces de l’ordre. La police est rapidement informée de la description physique de l’individu, mais également de ses anciennes adresses. Le reportage d’Ici Radio Canada précise que les seniors atteints de maladies cognitives, et de l’Alzheimer notamment, retournent fréquemment vers des lieux où ils ont précédemment habité.

...Pour retrouver rapidement les fugueurs

En Belgique, le personnel de soins n’a pour l’instant à sa disposition qu’une fiche signalétique, qu’il faut remplir au moment d’avertir la police de la disparition d’un pensionnaire. L’intérêt de la fiche de renseignements québecquoise est surtout le gain de temps : avec le formulaire rempli au préalable, toutes les données importantes sont fournies instantanément à la police qui peut alors agir. En effet, les premières heures de la disparition sont déterminantes pour retrouver le fugueur sain et sauf, surtout s’il souffre de troubles mentaux.

Interrogé au micro d’Ici Radio Canada, le sergent à l’unité de prévention du Service de police de la Ville de Québec (SPQV) François-Y. Bouchard, a témoigné de l’efficacité de ce dispositif simple, qui aurait permis d’accélérer les recherches des fugueurs.

Aménagements dans les homes

Les maisons de repos à Québec s’organisent elles aussi pour prévenir les fugues des seniors atteints de démence. Face à la progression de la maladie d’Alzheimer en particulier, les homes doivent faire preuve d’ingéniosité pour empêcher les résidents errants de rejoindre l’extérieur. Il s’agit principalement de détourner l’attention des aînés de toutes les portes et les accès vers la sortie de l’établissement. Pour exemple, le personnel d’une maison de repos a eu l’idée de peindre une porte pour qu’elle ressemble à une bibliothèque. Ainsi, les personnes malades tentées de s’enfuir auraient l’illusion qu’il n’y a qu’un mur, et n’essaieraient pas d’emprunter cette issue.

Alors que l’on constate le vieillissement de la population en Belgique, l’origine de troubles mentaux comme l’Alzheimer ou la maladie de Parkinson est toujours inexpliquée. Aucun moyen n’est superflu pour optimiser la vigilance et la communication entre les centres de soins et les forces de l’ordre.



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