Manque de crèches à Bruxelles : les francophones pénalisés !

Manque de crèches à Bruxelles: les francophones pénalisés !

Malgré les différents plans, la pénurie de places dans les crèches bruxelloises continue à poser problème. Ce sont surtout les familles francophones qui ont le plus de mal à trouver une place en milieu d’accueil. Pourquoi une telle différence ?


- Qui travaille dans les crèches ?
- Places en crèches : dépasser le problème du quantitatif !

En décembre, La Ligue des familles publiait son "Baromètre des parents" qui confirmait la tendance : près de 8% des parents ne trouvent pas de place en crèche. Un chiffre élevé qui dissimule de surcroit des disparités entre Bruxelles et la Wallonie : 40% des familles wallonnes restent en effet sans réponse dans leur recherche, contre 63% pour les familles bruxelloises.

Les crèches agrées par K&G majoritaires à Bruxelles

Autre fait relevant : une majorité de crèches bruxelloises font leur demande d’agrément auprès de "Kind&Gezin", pendant flamand de l’O.NE. En cause : l’ organisme francophone est réputé plus stricte dans les normes qu’il impose aux milieux d’accueils y adhérant. L’O.N.E n’autorise par exemple pas les puéricultrices à prendre en charge plus de 5 enfants, les stagiaires n’étant pas pris en compte. Pour Kind&Gezin, le nombre d’enfants par accueillante est de 7 maximum et, l’aide des stagiaires n’est pas négligée. Une différence qui peut également influer sur les coûts de la crèche. Autant dire que des crèches francophones, surtout les privées préfèrent dépendre des autorités flamandes pour des raisons purement administratives et économiques.

Changement de cap (flamand) en 2014

Mais depuis 2014, les règles ont changé pour les crèches francophones agréées par K&G. Un nouveau décret flamand est entré en application afin de redéfinir les contours de l’accueil de la petite enfance. Parmi les mesures émanant de cette réforme, K&G impose désormais au responsable de la crèche, et à au moins une puéricultrice par établissement, de présenter un certificat de connaissance du néerlandais " de niveau CECR", (cadre européen commun de référence).

Encourager l’utilisation du néerlandais dans les crèches

S’en est alors suivi un flot de rumeurs quelque peu déroutantes, notamment celle d’effacer l’identité francophone des crèches agrées par K&G. Cela passerait par le choix de communiquer en néerlandais dans l’envoi de courrier, sur les, affiches, ainsi que sur le site web et même le nom de la crèche. Si K&G a démenti ces informations, il encourage néanmoins l’emploi du néerlandais en milieu d’accueil. L’organisation flamande ne désire néanmoins pas brusquer les responsables de crèches et entend appliquer les règles dans leur entièreté pour l’horizon 2020.

Recours

En juin 2014, la Cour constitutionnelle a été saisie sur la question et elle a rendu un arrêt concernant le décret flamand sur l’accueil de la petite enfance, appliqué depuis avril. Verdict : il n’y a pas d’objection quant à l’exigence de maitrise du néerlandais par le responsable du milieu d’accueil et d’un membre du personnel. Par contre, la Cour a jugé contraire à la Constitution le fait d’imposer l’usage du néerlandais dans le fonctionnement quotidien de la crèche. Mais cette décision n’a pas permis de calmer les tensions pour autant.

...Et suite ?

L’année passée, le gouvernement flamand a envisagé de geler les subsides du VIPA (Vlaams Infrastructuurfonds voor Persoonsgebonden Aangelegenheden) pour une période de 2 ans ou plus afin de limiter à 20% la proportion de crèches néerlandophones à Bruxelles. En procédant de la sorte, la Communauté flamande met pourtant dans l’embarras, tant les familles francophones que néerlandophones. Surtout qu’en Région bruxelloise, le taux de couverture n’atteint pas les 33% exigés par la norme européenne de Barcelone, crèches bruxelloises francophones et néerlandophones confondues (30%). Seule possibilité permettant la construction de nouvelles crèches flamandes : les aides fournies au travers de contrats de quartiers, financées par la Région bruxelloise... Voilà donc un secteur bien mis à mal dont le sort ne s’améliorera probablement pas en 2016 !

Sources : (La Libre,Le Soir,RTBF, RTL info)



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