Mémorandum FPS

Mémorandum FPS

Un an après l’entrée en fonction du gouvernement Michel, nous avons désiré savoir si les revendications des diverses associations ayant publié un mémorandum avant les élections de 2014, ont été entendues. Nous débutons donc une série d’interviews et comptes-rendus sur cette thématique.

Pour rappel, un mémorandum avait été publié par les FPS et leur fédération des centres de plannings familiaux.

Françoise Claude, Chargée d’étude chez les Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS), nous explique ce qui a bougé… ou pas, depuis 2014.

Vos revendications ont-elles été entendues ?

Il y a un domaine où l’on note en effet un changement. Comme les allocations familiales font partie des matières qui ont été régionalisées, le FECS (Fonds d’Equipement et de Service Collectifs) a été transféré aux communautés. Le FECS permet notamment de financer des structures d’accueil extrascolaire, flexibles, d’urgence ou encore d’enfants malades. Pour la Communauté française, c’est désormais l’ONE qui le gère. Un groupe de travail s’est constitué afin de décider de la manière de répartir les subsides. L’exigence des partenaires sociaux était que l’on ne touche pas aux emplois existants au sein du FECS, à ses moyens et aux structures d’accueil qui fonctionnaient bien depuis de nombreuses années. Des changements sont survenus, par exemple, l’ONE ne finance pas le transport, ce qui était le cas auparavant. Certains points doivent se régler, mais globalement, il y a une écoute à ce sujet et cela avance bien.

Qu’en est-il des allocations familiales ?

Au niveau des allocations familiales, cela est aujourd’hui régi par Famifed (Agence fédérale pour les allocations familiales), qui a moins de compétences qu’avant, puisque ce sont les Communautés et Régions qui peuvent légiférer en la matière, toujours avec un droit de regard du Fédéral pour que les législations ne s’écartent pas trop l’une de l’autre au sein du pays et assurer le maintien d’une certaine cohérence nationale.

Que pensez-vous de l’allocation égalitaire par enfant ?

Nous revendiquons une allocation de base égalitaire par enfant, dès le premier, mais aussi une prise en considération des revenus des parents et une prime plus importante pour les « groupes à risques » (par exemple pour les enfants handicapés ou issus de familles pauvres). Pour l’instant, les entités fédérées ont déjà réalisé un bon travail pour récupérer la gestion des allocations familiales et faire en sorte qu’elles soient toujours bien versées. Mais je ne pense pas que la prime de base égalitaire sera le sujet de discussions fermes dans l’immédiat.

Qu’en est-il du volet sécurité sociale ?

Je ne pense pas que le gouvernement Michel soit sensible aux revendications émises dans notre référendum, puisqu’il va carrément dans le sens contraire !

Quels sont les sujets les plus épineux ?

Le dossier des pensions et la question du statut de cohabitant. Cela fait 23 ans que je travaille ici et cela fait 23 ans que nous ne sommes pas entendus sur ces sujets, que nous revendiquons pourtant avec toute une série d’associations de femmes. Nous souhaitons un statut unique pour les demandeurs d’allocations de chômage, quelle que soit sa vie privée et que celles-ci ne varient pas en fonction d’une éventuelle cohabitation. Ce n’est pas normal et ce sont les femmes qui en sont le plus victimes, puisqu’elles sont le plus souvent cohabitantes. Nous demandions aussi le refinancement du Secal, dans le cadre des contributions financières dues pour les enfants, qui ne sont pas toujours payées. D’autant plus que dans la législature précédente, les compétences du Secal avaient été élargies et qu’il aurait donc besoin de davantage de moyens. Mais il semblerait que cela ne soit pas le cas, du moins pour le budget 2015. Nous avons créé une plateforme de travail à ce sujet.

Et par rapport aux revendications féministes ?

Au niveau de la Fédération Wallonie Bruxelles, il y a une Ministre en charge de l’égalité hommes femmes, Isabelle Simonis, mais elle a un tout petit budget. Nous avions revendiqué qu’il y ait un(e) ministre de l’égalité à tous les niveaux de pouvoirs afin qu’il y ait un « réflexe égalité » dans tous les ministères. Mais on n’en est pas encore là ! C’est une matière qui est attribuée, en général à une femme, un peu en post-scriptum. Ce n’est hélas pas considéré comme une matière transversale…

Propos recueillis par Sandra Evrard



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