Mémorandum de la Fédération belge des psychologues : un an après

Mémorandum de la Fédération belge des psychologues : un an après

Un an après l’entrée en fonction du gouvernement Michel, nous avons désiré savoir si les revendications des divers secteurs ayant publié un mémorandum avant les élections de 2014, ont été entendues. Cette semaine, nous nous sommes penchés sur le secteur des psychologues.

Pour rappel, un mémorandum avait été publié par la Fédération belge des psychologues (FBP) :

Koen Lowet, Administrateur Délégué à la FBP nous explique ce qui a bougé… ou pas, depuis 2014.

Le premier point concernait une demande de meilleure prise en charge des consultations de psychologie. Qu’en est-il ?

L’année dernière, nous avons obtenu la reconnaissance du métier de psychologue clinicien comme professionnel de la santé. Mais il faut maintenant que le gouvernement utilise au mieux cette reconnaissance, et pour cela, il faut améliorer l’accès à ce secteur de soins. Nous avons proposé deux façons d’y parvenir :
  Via le remboursement des consultations chez les psychologues cliniciens. Le KCE (Centre d’expertise pour la santé) est en train d’étudier les modèles de financement de la psychologie clinique dans les autres pays européens. Nous attendons les résultats de cette étude pour le début 2016. Il s’agit d’une évolution positive, afin de ne pas ouvrir le remboursement à n’importe quelle condition.
  Favoriser l’installation de psychologues de première ligne. Cela consiste à créer des postes de psychologues dans les lieux où sont prodigués des soins de santé, comme les maisons médicales ou autres centres médicaux à vocation sociale. La Flandre a déjà embrayé sur ce concept, mais pas la Fédération Wallonie-Bruxelles, on attend une position face à cela.

Vous revendiquiez aussi une meilleure reconnaissance du travail des psychologues au niveau de la justice ?

Oui, ces dernières années, nous avons observé des problèmes à ce sujet, au cœur des grands procès. Dans certains cas, les expertises étaient fort contradictoires, avec des mésententes et avis contradictoires entre psychiatres et psychologues. Il existe une législation propre aux experts judiciaires en psychiatrie, mais pas pour les psychologues. C’est une lacune pour laquelle nous n’avons pas encore de retour par rapport à nos demandes.

En 2014, vous plaidiez aussi pour une plus grande implication des psychologues en milieu scolaire. Qu’en est-il ? N’est-ce pas le travail effectué par les psychologues des PMS ?

Cela fait partie de notre demande de favoriser davantage l’accès aux psychologues pour l’ensemble de la population. Les écoles constituent le lieu principal où l’on peut rencontrer les jeunes très tôt, notamment par rapport au développement de psychopathologies. C’est important qu’ils aient un accès facile aux psychologues, dans un lieu familier pour eux, comme celui de l’école. Ce système existe aux Etats-Unis, avec des psychologues présents comme conseillés, dans les grandes écoles. Ils sont disponibles pour les jeunes qui en ont besoin. Donc il ne s’agit pas forcément d’une demande de plus de psychologues dans les centres PMS, car ils sont encore trop éloignés des établissements scolaires. Mais plutôt d’installer des psychologues au cœur des écoles. Il s’agit de stimuler une politique de prévention qui devrait être mise en place au niveau des Communautés. Nous avons pas mal de contacts avec le SPF de la Santé, mais nous n’avons pas encore beaucoup de contacts avec les ministères de l’enseignement. Il semble que les autres cabinets souhaitent d’abord observer ce qui se fait au niveau du SPF Santé, avant d’agir à leur niveau. C’est un peu dommage.

Vous demandiez aussi une plus grande implication des psychologues dans le monde de l’entreprise ?

Nous demandions que les connaissances en psychologie soient davantage utilisées en entreprise dans une optique de prévention, par exemple dans la lutte contre le burn out et d’autres problématiques similaires. A ce sujet, nous avons reçu un bon accueil de la part du ministre Peeters et son ministère a mis en place des formations continues relatives aux risques psychosociaux, pour les services de ressources humaines des entreprises. C’est une réponse positive, basée sur des actions concrètes. On note une volonté de diffuser les informations à ce sujet auprès des acteurs concernés.

Vous souhaitiez également que les tests de personnalités soient effectués par des psychologues, qu’en est-il ?

C’est une discussion que nous devons avoir avec les fédérations d’employeurs. Il faut, d’une part, qu’ils soient convaincus de la nécessité de mettre en place les meilleures compétences pour la gestion du personnel, d’autre part, il faut regarder au niveau du gouvernement s’il y a moyen de protéger la profession pour certaines tâches, comme les tests de personnalité, par exemple. On voit sur le terrain que beaucoup de praticiens se sont emparé de ces tests, mais qu’ils ne sont pas toujours effectués de la bonne manière, sur le plan éthique.

Le dernier point concernait la recherche scientifique dans le domaine de la psychologie.

Nous avons reçu un bilan mitigé sur ce point voici quelques semaines, car les résultats sur la recherche en psychologie sont parfois contradictoires. Il manque clairement de financements dans ce secteur. Il n’existe pas de grande industrie, comme c’est le cas dans le domaine des médicaments, pour financer la recherche. C’est donc au gouvernement de libérer des ressources financières pour la recherche appliquée et pas seulement fondamentale. Nous avons reçu un accueil positif de la part des Universités, qui sont conscientes de la nécessité de laisser une place à la recherche dans ce domaine. Il y a un intérêt pour les recherches en psychologie clinique, mais c’est une science très généraliste et il y a encore beaucoup de sujets à étudier. C’est un challenge pour les chercheurs et les psychologues de trouver de nouveaux moyens, de nouvelles ressources financières, peut-être plus commerciales… Vu la conjoncture actuelle, les budgets publics sont limités !

Globalement, quel bilan tirez-vous un an après ?

Globalement, les psychologues sont en train de s’organiser. Notre profession est davantage connue des différents cabinets, cela va dans la bonne direction. Mais c’est très important de continuer à informer le public sur notre métier.

Propos recueillis par Sandra Evrard

Retrouvez tous les autres bilans "après élections" des ASBL sur notre dossier : "Mémorandum des ASBL : un an après, ca bouge...un peu !"



Commentaires - 1 message
  • Bravo pour la travail de Monsieur Lowet. Si j'ai bien compris les informations qui circulent, nous (les psychologues) seront bien remboursés mais moyennant une prescription médicale. Nous voici donc paramédicalisés...
    Boulou

    Boulou samedi 21 novembre 2015 16:51

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