Mutilations génitales féminines : quelle prise en charge en Belgique ?

Mutilations génitales féminines : quelle prise en charge en Belgique ?

En Belgique, le nombre de femmes victimes de mutilations génitales est préoccupant. Quelles mesures sont prises à l’heure actuelle, pour faire face au problème ?


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Qu’il s’agisse de femmes originaires de pays où l’excision est traditionnellement pratiquée, de fillettes de seconde génération issues de ces communautés, le nombre de victimes de mutilations génitales féminines (MGF) est en constante augmentation. En 2014, une étude réalisée par le SPF Santé publique démontrait que 13.112 femmes excisées vivaient en Belgique. Parallèlement, l’étude qualifiait 4 084 femmes comme « potentiellement à risque d’excision ». Les femmes concernées par ces violences sont surtout originaires de Guinée (5872), Somalie (1698), Egypte (1134) et résident le plus souvent à Bruxelles. De plus, les acteurs du secteur ne savent pas toujours comment appréhender cette problématique qui peut être destructrice sur un plan physique, sexuel et psychologique.

Que dit la loi ?

Sur le plan légal, la Belgique dispose depuis novembre 2000 d’une loi condamnant les MGF. L’ article 409 du Code pénal sanctionne d’une peine d’emprisonnement de trois à cinq ans « quiconque aura favorisé toute forme de mutilation des organes génitaux d’une personne de sexe féminin, avec ou sans consentement de cette dernière ». La tentative est également punissable.

Organisation de lutte contre les MGF en Belgique

Depuis 2010, la lutte contre les mutilations génitales féminines fait intégralement partie du Plan d’Action National, qui se concentre sur la prévention et les soins globaux apportés aux victimes. Au niveau des communautés, plusieurs acteurs de la société civile travaillent sur le terrain afin de mener des actions de prévention, de sensibilisation et de formation auprès des professionnels concernés. Un processus collectif et participatif pour l’analyse de l’action s’est notamment mis en place en Fédération Wallonie-Bruxelles : Stratégies concertées de lutte contre les mutilations génitales féminines. Le Vlaams Forum Kindermishandeling (Forum flamand maltraitances infantiles) a quant à lui créé un groupe de travail consacré à ces questions.

Et Bruxelles ?

La lutte contre les MGF fait partie des 28 mesures du gouvernement thématique santé présenté ce 27 avril dernier par les Ministres en charge de la santé et de l’aide aux personnes à Bruxelles. Céline Frémault a précisé que « Les engagements doivent être plus forts, il faut créer un réseau bruxellois et lier les acteurs entre eux : les maisons médicales, les asbl, les médecins. Nous devons unir nos efforts et renforcer le volet ‘action sociale’ » pour apporter une solution au problème.

Les outils mis à disposition des professionnels

Dans la pratique, les professionnels peuvent éprouver des difficultés pour faire face à un cas de mutilation génitale féminine ou de risques. Ces professionnels peuvent être de plusieurs types : assistants sociaux, infirmiers, sages-femmes, acteurs de la Justice, travailleurs sociaux...C’est pourquoi, plusieurs outils sont mis à leur disposition par le fédéral, dont :

- un guide d’intervention pluridisciplinaire en fonction du secteur d’activité.
- une brochure pour les professionnels tenus au respect du secret professionnel et témoins des situations de mutilations génitale féminine. Au niveau de la Fédération Wallonie Bruxelles, il existe :
- un kit de prévention des mutilations génitales féminines pour différentes catégories de professionnels



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