NEETs : pourquoi certains jeunes délaissent leurs droits à l'éducation ?

NEETs : pourquoi certains jeunes délaissent  leurs droits à l'éducation ?

La fragilisation de l’ancrage familial et le manque de reconnaissance sociale jouent un rôle déterminant sur l’aspect chaotique du parcours scolaire. Voici l’une des conclusions d’une recherche effectuée cette année par l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore) sur les NEETs.

L’objet de cette recherche dont le cadre et l’angle ont été déterminés par l’Observatoire de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Aide à la Jeunesse (OEJAJ), qui l’a aussi financé, consiste à comprendre les raisons du non-recours au droit et aux services d’enseignement et de formation en Fédération Wallonie-Bruxelles des jeunes de 15-24 ans.

Le non-recours : c’est quoi au juste ?

Selon la définition reprise par l’ Odenore, " le non-recours renvoie à toute personne qui en tout état de cause ne bénéficie pas d’une offre publique, de droits et de services, à laquelle elle pourrait prétendre. " En d’autres termes, et dans ce contexte-ci, il s’agit du choix que font certains jeunes entre 15 et 24 ans de ne pas recourir à leurs droits à l’éducation. Des jeunes, surnommés NEETs, qui ont déjà souvent retenu l’attention, notamment des acteurs de l’enseignement de promotion sociale. La recherche effectuée vise donc à comprendre les raisons de ce non-recours et de rendre compte d’explications pouvant mener à des recherches de solutions.

Les raisons du décrochage scolaire

Grâce aux 20 entretiens semi-directifs effectués auprès de jeunes de 15 à 30 ans, à de multiples questionnaires quantitatifs, à l’accompagnement de professionnels du secteur de l’enseignement et à un long travail de documentation, plusieurs raisons au non-recours à l’éducation ont pu émerger. Plus que l’origine sociale, c’est la fragilisation de l’ancrage familial qui joue le rôle le plus déterminant sur l’aspect chaotique du parcours scolaire. Le manque de confiance en autrui et le sentiment d’être lésés, voire victimes des fonctionnements sociaux, sont également des raisons prédominantes évoquées. Du côté des facteurs plus structurels, d’autres résultats entrent en jeu et s’articulent autour d’une explication principale : le manque de reconnaissance sociale. Précarité socio-économique, représentation que les jeunes ont de leurs droits, états physiques et psychiques détériorés, fonctionnement excluant du système éducatif... sont quelques-uns des facteurs émergents de la recherche.

Processus de retour

Pour revenir dans un parcours scolaire ou de formation et redevenir un individu autonome, le jeune devra passer par un long processus de reconstruction. Grâce au soutien familial conjugué avec celui de l’action sociale, le NEET pourra doucement se réinsérer. Soit en reprenant ses études, soit en essayant de s’insérer sur le marché de l’emploi via des formations. Pour y arriver, il devra avoir le déclic ou la rencontre qui le fera émerger de son inertie. Le jeune devra émettre le souhait de s’en sortir et prouver qu’il est capable de devenir un adulte responsable. Si les conditions autour de lui sont favorables, il n’aura plus aucune raison de ne pas retourner dans la vie active.

Pour en savoir davantage sur la recherche de l’Odenore, c’est ici



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