Nouveaux changements pour les psychothérapeutes ?

Nouveaux changements pour les psychothérapeutes ?

Depuis plus d’un an, les psychothérapeutes se réjouissaient de la reconnaissance d’un nouveau statut, censé entrer en vigueur en septembre 2016. Maggie De Block va-t-elle bousculer – une nouvelle fois – l’agenda ?

La Ministre de la Santé remettrait en cause la loi cadrant la profession de psychothérapeute, censée entrer en vigueur en septembre 2016. Ce sont nos confrères de La Libre qui l’ont annoncé, repris hier par l’Avenir : La loi Muylle d’avril 2014 ayant accouché dans la douleur, après plus d’une décennie de débats et suite aux démarches de Laurette Onkelinx, qui souhaitait « lutter contre les charlatans » dans la profession.

C’est reparti pour un tour ?

Le secteur semblait pourtant majoritairement satisfait de cette loi, à minima parce qu’elle définissait un cadre plus clair, protégeait à la fois le public et les professionnels. A ce stade, il fallait encore qu’un conseil fédéral de la psychothérapie se mette en place afin de conseiller la Ministre, en vue « d’affiner » le dispositif d’application de la loi. Mais celui-ci risque de ne jamais voir le jour. Et la marche arrière annoncée risque d’en frustrer plus d’un ! "Maggie De Block est mal informée. Si nous avons mis 15 ans pour enfin aboutir à une loi, c’est parce qu’il faut à chaque fois recommencer à zéro pour faire comprendre les champs d’application de la psychothérapie", s’inquiète Paul Kestemont vice-président de l’Association belge des psychothérapeutes (ABP/BVP), dans le journal l’Avenir.

Etre ou ne pas être un bon praticien

La crainte du secteur se porte aussi sur l’éternelle discussion relative à la (sur)valorisation des connaissances universitaires (position de la Ministre, semble-t-il) par rapport aux qualités requises pour exercer ce métier. En d’autres mots, un certain nombre de praticiens estiment que l’on peut réglementer aussi sévèrement que l’on veut l’accès à la profession, notamment par l’imposition d’un cursus universitaire, cela ne permettra pas d’éliminer les mauvais praticiens ou tous les « charlatans » au sein du secteur. L’expérience et les qualités humaines du praticien ne seraient pas assez valorisées !

Ne pas médicaliser

L’objet du débat actuel porte également sur le fait que la Ministre exigerait le passage du patient devant un médecin ou un psychologue, pour pouvoir entreprendre une psychothérapie. Pour un certain nombre de patients, c’est déjà difficile de pousser la porte d’un psychothérapeute, placer des intermédiaires sur leur chemin, risque de les dissuader d’entreprendre une telle démarche. De plus, les psychothérapeutes ne sont pas en faveur d’un parcours trop médicalisé, mais plutôt de conserver une approche individualisée et humaine de leur métier, donc difficilement catégorisable. Ils craignent peut-être aussi de perdre une autonomie qu’ils pensaient acquise et pour laquelle ils se sont âprement battus ?

Sandra Evrard

A lire aussi : Réforme de la psychothérapie : la chasse aux charlatans est ouverte

Mémorandum : un an après



Commentaires - 10 messages
  • Merci pour votre article qui reflète bien les préoccupations de bon nombre de psychothérapeutes.
    Ci-dessous, un article de Francis Martens qui me paraît très intéressant.
    Bien cordialement,
    Paul Kestemont

    Pour une approche économiquement responsable et scientifiquement fondée
    en matière de soins de santé et de santé mentale en particulier


    Le domaine de la santé mentale en général et celui de la psychothérapie en particulier apparaît comme une nébuleuse. Il est bon de faire quelque lumière sur les réalités du terrain en y pointant des repères objectifs. D'autant plus que si l'ignorance politique semble ici la règle, c'est dû au faible impact de ce domaine sur le budget de la santé. Or, promouvoir une politique réaliste en matière de santé mentale constituerait sans doute la forme de prévention la plus efficace et la moins coûteuse en matière de santé tout court.

    Pour ne pas céder aux pétitions de principe, passons sommairement en revue quelques données scientifiques issues de la sociologie, de l'épidémiologie, et de recherches expérimentales jamais remises en cause :

    - il existe une forte corrélation entre le nombre de consultations en psychiatrie et le degré de pauvreté et de destruction du lien social
    - vu leur impact sur la fonction immunitaire, le stress et la dépression favorisent le déclenchement et le développement de nombre de maladies tant exogènes qu'endogènes
    - ils s'insèrent souvent dans des schémas de causalité circulaire : par exemple, la dépression peut favoriser l'éclosion de cancers lesquels deviennent eux-mêmes facteurs de dépression
    - la dépression est statistiquement corrélée en premier avec la solitude, en second avec le chômage, cause lui-même de destruction du lien social et de solitude
    - selon l'OMS, la dépression est en passe de devenir la deuxième cause d'invalidité au monde après les maladies cardio-vasculaires
    - d'après la littérature médicale, le meilleur traitement connu de la dépression consiste en une association de pharmacothérapie et de psychothérapie
    - depuis plus d'un demi siècle, des milliers d'études expérimentales en double aveugle mettent en évidence une efficacité de 33% en moyenne de l'effet dit «placebo» ?? tous types de pathologie et tous types d'intervention thérapeutique confondus (de la psychothérapie à la chirurgie, sans oublier les molécules)
    - pour des raisons idéologiques, ces résultats - parmi les mieux documentés en médecine - ne sont pas pris en compte par le modèle dominant. Ils n'ont pourtant rien d'une anecdote. Ils indiquent scientifiquement que, dans toute intervention soignante, une part énorme de l'efficacité thérapeutique est à attribuer à des facteurs non spécifiques : à la relation soignante, à l'intelligibilité des soins et de la situation, à la sécurité ressentie, à la confiance dans la compétence des intervenants, à la non-violence des interventions, au confort et à la bienveillance proposés par l'institution soignante
    - dans cette perspective, la qualité de l'hôtellerie hospitalière, la disponibilité et le nombre du personnel infirmier est au aussi importante que la compétence en matière d'imagerie médicale.

    Cette facette non valorisée bien qu'efficace de la prise en charge thérapeutique n'est pas dépensière. Son coût s'avère sans commune mesure avec celui d'actes onéreux et intrusifs, relevant parfois plus d'un souci managérial de rentabilisation de l'hôpital que d'une réelle exigence diagnostique ou thérapeutique. En outre, la non prise en compte des facteurs de guérison atypiques relevant de l'effet «placebo» (latin : je plairai), peut causer un effet «nocebo» (je nuirai) susceptible de compromettre, d'annuler ou d'inverser l'effet d'actes techno-médicaux en principe adéquats. Cela peut tuer.

    En privilégiant l'aspect relationnel de la dimension soignante, la relation psychothérapeutique systématise la prise en compte des facteurs mis en lumière par l'«effet placebo». S'adressant à la personne totale, elle s'avère le complément nécessaire de la techno-médecine des organes. L'une comme l'autre nous sauve quelquefois la vie. L'impact tant préventif que curatif des psychothérapies et leur peu de coût intrinsèque en font un agent déterminant d'économies budgétaires. Déjà de ce seul point de vue, il importerait de privilégier le renforcement du cadre des Services de Santé Mentale et des Services de Psychiatrie et de Psychologie des hôpitaux. Il faut préciser ici que les études de médecine ne forment ni à la psychologie, ni à la psychothérapie. De par l'aspect clinique soutenu de l'enseignement et des stages, elles débouchent sur la profession de médecin. Les études de psychologie ne forment pas non plus à la psychothérapie, elles ouvrent seulement sur une culture générale en matière de psychologie. Ne comportant aucune initiation soutenue à quelque pratique que ce soit, elles ne débouchent sur aucune profession en particulier. Il faut savoir que les stages - déjà insuffisants par le passé - ont été réduits par «Bologne» à leur plus simple expression. Pour les psychologues, la formation vient après le diplôme et par de multiples chemins.

    La profession de psychothérapeute, de son côté, s'étaie sur divers cursus et compléments d'études mais n'en résulte pas directement. Elle est le fruit de formations personnelles auxquelles s'astreignent psychiatres, psychologues, médecins, travailleurs sociaux, etc. Ces formations se déroulent dans le cadre de troisièmes cycles universitaires ou d'instituts privés qui mettent l'accent sur la pratique supervisée et le trajet thérapeutique personnel ?? aucune psychothérapie ne se réduisant à une technique. La maturation personnelle du thérapeute apparaissant essentielle, la profession s'appuie forcément moins sur des cursus que sur des parcours de vie. Il est capital pour le législateur de protéger cette spécificité en se montrant à la fois très souple quand à la pluralité des chemins et d'une exigence radicale quant à la qualité des formations.

    La prise en compte de la santé mentale - indissociable de la santé sociale et de la santé tout court - ne peut être le fruit que d'une approche interdisciplinaire et d'une perspective politique globale. La création d'un Conseil Supérieur de la Santé Mentale, organisé dans le cadre de l'AR 78 sur l'exercice des professions de la santé, est une priorité. Par-delà tout corporatisme, il devrait réunir les acteurs multiples du terrain réel : psychothérapeutes, médecins généralistes, psychologues, psychiatres, travailleurs sociaux, éducateurs, orthopédagogues, personnel infirmier, représentants du monde de l'enseignement, de la justice, de la police, etc. Vu la spécificité de la profession de psychothérapeute, vu la diversité bénéfique des chemins qui y mènent et vu son impact sur les économies en matière de santé, un Conseil Supérieur de la Psychothérapie, devrait être mis en place lui aussi. Les psychologues cliniciens quant à eux bénéficient déjà de la Commission Nationale des Psychologues et de son instance déontologique. Ils auraient évidemment leur place au Conseil Supérieur de la Santé Mentale.



    Francis Martens

    Président de la Fédération nationale des psychologues praticiens
    d'orientation psychanalytique ( APPPsy )

    PaulK mercredi 14 octobre 2015 23:52


  • Madame, Monsieur,

    Le 1er septembre 2016 prochain entrera en vigueur la Loi du 4 avril 2014 réglementant les professions des soins de la santé mentale. Nous avons été récemment informés par le Cabinet de la Santé publique, dirigé par Madame la Ministre Maggie De Block, de changements et modifications majeurs apportés à la loi la Loi du 4 avril 2014. En effet, sous la pression d'une procédure en cours auprès de la Cour Constitutionnelle, et introduite par l'Association Flamande des Orthopédagogues, le cabinet s'emploie actuellement à rectifier la loi existante.

    La conséquence, après rectificatif, serait:
    Seuls les titulaires d'une maîtrise en psychologie clinique et en orthopédagogie seraient encore reconnus comme prestataires de soins dans le domaine de la psychologie clinique, de la psychologie scolaire et pédagogique et de la psychothérapie.

    Aucune reconnaissance des bacheliers professionnalisant Assistants en Psychologie n'est prévue.

    Les différents aménagements prévus de la loi fermeront de facto l'accès de ses bacheliers professionnalisant à tout un secteur d'activités et compromettraient un large éventail de services et d'assistance.

    De plus, les aménagements en cours de la loi du 4 avril 2014 rendraient cette offre de services plus onéreuse, moins accessible et moins adéquate par rapport aux différents niveaux de gravité des demandes d'aide psychosociale et psychologique.

    Nous continuerons à défendre la définition d'un cadre légal qui règlemente les professions des soins de santé et qui ne concerne pas uniquement quelques formations de maîtrise privilégiées. La loi ne correspond pas à la réalité du terrain où des intervenants motivés, de tous horizons et formations, fournissent un travail de qualité pour la promotion et/ou le rétablissement de la santé (mentale).

    Cette loi aura connu un cheminement long et laborieux. L'absence de tout cadre légal pendant plusieurs décennies a eu de profondes répercussions pour les professionnels, les clients comme pour la société.

    Nous espérons pouvoir compter sur votre responsabilité (politique) ainsi que votre engagement social pour ouvrir à nouveau les portes du dialogue / reprendre avec nous cette discussion et collaborer en vue de fixer un cadre juridique au sein duquel la diversité n'effraie pas mais enrichit.

    Que pouvons-nous faire?

    - Signer la pétition.

    - Propager et distribuer cette lettre d'information de la manière la plus large possible.
    Divers acteurs de la santé mentale ne sont pas (encore) au courant de la situation actuelle.
    Inviter et encourager les plus de personnes possible à signer la pétition.
    (Bacheliers, travailleurs, étudiants, employeurs, lieux de stages, lieux de formations, collègues, sympathisants, ...)

    - Suivez-vous actuellement une formation en psychothérapie ?
    Faites-part de vos préoccupations à votre ''Institut de Formation'' et communiquez vos attentes afin qu'ils puissent défendre vos intérêts en concertation (politique). Vous pouvez placer le ministre compétent en Cc (info@maggiedeblock@minsoc.fed.be).



    www.petites 24.com






    Margaux - signez la pétition jeudi 15 octobre 2015 14:12
  • Bonsoir,
    Etant flamand, je m'excuse en avant pour les erreurs linguistics.
    Je m'étonne de tous que je lis ici. "Le secteur crainte...", le secteur c'est quoi, c'est qui? J'ai vu que des opinions des "psychothérapeutes" en défendant leurs formations privatisées. Des gens qui se plaignent de ne pas être consulté par Maggie De Block, mais qui apparemment ne sont pas capable de s'organiser pour participer à la politique de la santé mentale. Pourtant, c'était la demande très claire de Maggie De Block envers le secteur des psychothérapeutes. "Organisez vous, puisque nous pouvons travailler avec des associations représentatives pour tout le secteur." Comment peut tu attendre d'un ministre de créer un conseil avec des dizaines de partenaires? Je dois constater que Mr. Martens et Mr. Kestemont n'ont pas réussi à convaincre leurs collégues des autres orientations, dans les universités, ni leurs collègues flamands. Ils n'ont même pas fait la peine de contacter leurs collègues psychologues, psychiatres ou des autres groupes des psychothérapeutes.
    Pourquoi de nouveau relancer le débat? La loi était voté, l'accord gouvernementale est très claire en disant que la loi sera effectué. Le seule chose que Maggie De Block nous a dit, c'est qu'il y a des lacunes juridiques dans la loi. Le plus principale: la loi dit qu'un organe fédérale (à savoir le conseil fédérale sur la psychothérapie) peut habiliter des formations en psychothérapie. Mais ceci est impossible: la formation est une compétence des Régions. Et donc, Maggie doit "réparér" "la loi, elle ne va pas changer la loi. Mais bien sur, les formations privatisés ne sont plus sure de leurs sièges dans "le conseil fédérale". Peut - être, c'est plutôt ça, la raison du ce bruit? Pour nous, l'intérêt du patient est le seule qui est important: https://www.bfp-fbp.be/fr/persbericht/la-critique-prematuree-nest-pas-dans-linteret-des-patients

    Koen Lowet jeudi 15 octobre 2015 22:51
  • Cher Monsieur Lowet,
    Vous semblez ne pas connaître le secteur francophone de la psychothérapie, il vaudrait donc mieux ne pas le juger. En effet, celui-ci est regroupé, pour la majorité, en fédérations professionnelles reconnues par le Ministère des classes moyennes, et ce depuis plusieurs années. Chaque fédération a fait un travail sur les critères de formation, de reconnaissance des écoles et sur la déontologie.
    Mais ces fédérations professionnelles n'ont pas été consultées, ni même reçues (même après en avoir fait la demande) par le cabinet De Block. Chacune de ces fédérations comprend des professeurs d'université, des psychologues, des psychiatres et d'excellents psychothérapeutes qui ne sont ni l'un ni l'autre.
    Il est vrai que, du côté francophone, les formations en psychothérapie se faisaient jadis exclusivement hors université, puis, depuis de nombreuses années, à l'université en collaboration avec le terrain et hors université. Hors université, elles se donnent dans des instituts privés, dont certains existent depuis de très nombreuses années. Il y a évidemment des instituts lucratifs, ceux-ci ne font pas partie des fédérations professionnelles. Les autres sont des ASBL (associations SANS but lucratif). Ne les faites donc pas passer pour ce qu'ils ne sont pas.
    Contrairement à ce que vous dites, Monsieur Martens et Kestemont font partie également de fédérations reconnues de psychologues cliniciens, ils sont en contact avec de nombreux enseignants universitaires (qui ont d'ailleurs signé une carte blanche), ils ont informé les psychiatres (non contactés par le cabinet De Block) de la situation. Ignorez-vous aussi que la plate-forme des professions en santé mentale, qui existe depuis une 15 zaine d'années, regroupe les différentes professions de la santé mentale, les différentes orientations psychothérapeutiques (à l'exception des cognitivo-comportementalistes qui ont toujours voulu faire cavaliers seuls) et donc tout ce petit monde se parle depuis très longtemps du côté francophone. J'ajoute que des néerlandophones et des associations bilingues en font partie. Madame Onkelinx avait mis un point d'honneur à rencontrer tout le monde et à mettre tout le monde autour de la table, elle a réussi son pari et cela a permis qu'une loi soit votée.
    C'est loin d'être le cas de Madame De BLock et vous êtes bien placé pour le savoir, vous qui êtes payé 3/4 temps par la Fédération Belge des Psychologues pour faire du lobbying auprès de son cabinet depuis le début de sa législature...
    Vous dites défendre l'intérêt des patients ???
    Est-ce dans l'intérêt des patients que la diversité et la richesse du champ de la psychothérapie soit balayée ?
    Est-ce dans l'intérêt des patients de devoir consulter un médecin ou un psychologue avant de pouvoir commencer une thérapie et qui lui dira quelle thérapie faire et pendant combien de temps ?
    Est-ce dans l'intérêt des patients que la formation théorique soit préférée à la formation personnelle (thérapie personnelle) ?
    Est-ce dans l'intérêt des patients que Maggie De Block efface les diverses orientations de la psychothérapie pour lui préférer les thérapies qui se basent sur des statistiques ?
    Le changement de cap effectué par Maggie De Block est guidé d'une part par son obsession à simplifier les choses et à faire des économie dans l'intérêt de l'Àtat et de sa réputation plutôt que dans celle des patients. D'autres part par des lobbys puissants et corporatistes du secteur, lobbys dont vous faites partie.
    Puis-je encore vous faire remarquer que le champ congotivo-comportementaliste, s'il a tout à fait sa place dans le domaine de la psychothérapie et personne ne le conteste, n'en demeure pas moins tout à fait minoritaire dans ce champ (une petite centaine praticiens côté francophone, environ 300 du côté néerlandophone). Au nom de quoi veut-il imposer sa loi à tous les autres ? Pour pouvoir rendre une place qu'il n'arrive pas à prendre autrement ?
    Vous dites que Maggie De Block voulait corriger les lacunes juridiques de la loi (concernant les orthopédagogues et les psychothérapeutes), elle pouvait très bien le faire en faisant simplement rentrer les psychothérapeutes dans l'AR 78, sans changer le contenu de la loi. Pourquoi modifie-t-elle la loi plutôt que d'en respecter son intention ???
    Brigitte Dohmen, secrétaire Union Professionnelle des Psychologues (UPPsy).

    Gitte vendredi 16 octobre 2015 12:56
  • Il faut, il est temps, que l'information TRANSITE !
    Via les universités, les écoles, les formations 3e cycle, les formations continues, les colloques, les conférences, les séminaires.
    Il est TEMPS que les psys se regroupent pour défendre leurs intérêts communs.
    C'est à dire un travail reconnu en temps que psy et/ou thérapeute, que la formation (ET IL EST TEMPS) parte davantage d'une PRATIQUE et ce, même et surtout à l'université !
    Que les emplois psy soient reconnus comme tels en institution ! Une institution qui n'engage que des psy devrait les payer en tant que tel, et là c'est une question de subsides.

    Bon sang, c'est incroyable comme cette profession tend à tant de rassemblements et est pourtant incpable de porter un discours unifié autour de problèmes qui la gangrènent depuis de (trop) nombreuses années.
    Collectifs, écoles, et autres, amenez à un regroupement, envoyez mails et tracts... Vous n'êtes pas des syndicats mais des lieux de rassemblements pour diffuser une information, oui ça vous l'êtes !

    eyslime vendredi 16 octobre 2015 13:23
  • Cher Madame Dohmen,
    Il n'est pas utile de continuer un débat on - ligne. Comme dans le passé, la FBP est toujours prêt à rencontrer et parler avec tout le monde sur ce sujet.
    Néanmoins, quelques corrections de ce que vous avez dit:
    - je nu juge rien. Je constate simplement que le secteur n'est pas capable de s'organiser.
    - être reconnue par le ministère de Classe Moyenne ne dit rien sur la qualité ou la représentativité des associations. Vous savez ceci aussi bien que moi. Maintenant, vous avez l'expérience qu'être reconnue par le ministère de santé est encore autre chose. Quand même, vous avez participé au même réunion que moi.
    - il me semble que vous ignorez totalement les formations en psychothérapie de 3ième cycle universitaire. Je me demande pourquoi?
    - ce n'est pas parce qu'il y un professeur, un psychologue ou un psychiatre présent dans l'association ou la formation que son qualité est garanti. Pour cela on a des gouvernements et ses structures.
    - C'est vrai que je travaille pour la FBP comme professionnel à côté de mon pratique clinique. Depuis les dernières années les psychologues ont bien compris le message de la politique de s'organiser mieux. La FBP a doublé ses membres et utilise cet argent pour professionaliser l'organisation. Après lire votre réaction, il me semble avec succès: la FBP est effectivement impliqué dans tous les travaux dans le santé mentale: le 107, la réforme pour la santé mentale pour les enfants, etc. Je regrette que vous n'arrivez pas à faire le même mobilisation. Je dois vous avouer: gérer une fédération avec plus de 3000 membres prend beaucoup de temps, mais on fait ce qu'on peut pour expliquer les choses au monde politique.
    Qui défend la richesse du champ? C'était nous qui a rejetté la première proposition de remboursement de l'INAMI qui favorise uniquement les comportementalistes. Ou étiez - vous? Petite note: je suis moi - même psychothérapeute formé en TTC.
    Vous dites que Paul Kestemont et Francis Maertens font également parti d'une association des psychologues cliniciens? Quand même, je ne lis que "la psychothérapie" dans leurs discours.
    L'accès vers la psychothérapie par un médecin ou un psychologue? Est - ce que vous avez un modèle prêt pour organiser les soins "psychothérapeutiques" qui est réaliste, bien fondée par les ciffres, réalisable dans le temps économique maintenant? Ou sont vos propositions?
    Vous dites que Maggie De Block peut entrer les psychothérapeutes dans l'AR 78 sans modifier la loi en respectant son intention. Avez vous recus des propositions autrement? Vous avez participé au même réunion que moi, non? Je n'ai rien entendu qui contradicte le contenu ou l'esprit de la loi de 04/04/2014.
    Pour conclure, tout à fait d'accord avec eyslime, il faut collaborer et pas se battre tout le temps. Personnellement, les psychologues ont autre chose à faire.

    Koen Lowet vendredi 16 octobre 2015 15:36
  • Le débat sur la formation requise pour porter légalement le titre de "psychothérapeute" n'est pas clos. Dans Le Soir du 9 octobre, Mme Daune accuse Maggie de Block de préférer les formations universitaires à des formations dans des Àcoles privées. Mme Daune est la présidente de la pompeusement nommée "Plate-forme des professions de la santé mentale" qui regroupe des psychanalystes, les bioénergéticiens, les haptonomes, les sophia-analystes, les "travailleurs de la voix", les "praticiens du souffle" (sic) et tutti quanti. Mme Daune a un diplôme d'infirmière et travaille sous le titre de ''psychothérapeute psychanalyste'', décerné par l'"Association pour la Recherche en Psychothérapie Psychanalytique". Elle assure des formations en utilisant illégalement le titre de "psychologue" . Elle refuse de s'en tenir au titre de "psychanalyste", un titre à la disposition de tout qui veut .
    Dans La Libre du 5 octobre, Francis Martens ?? psychanalyste membre d'une autre des nombreuses Àcoles de psychanalyse ?? émet le même reproche : il soupçonne la Ministre de refuser que les formations puissent se faire dans des ''instituts privés et qui mettent l'accent sur le trajet thérapeutique personnel'', une position que des psychanalystes avaient réussi à faire endosser en 2014 par Mmes Onkelinx, ex-ministre de la santé, et Mme Gerkens, cheffe du groupe Àcolo. La Fédération belge des Psychologues ?? qui regroupe des milliers de psychologues (universitaires) des deux langues ?? plaide, elle, pour que la formation à la psychothérapie soit une spécialisation réservée aux psychiatres et aux psychologues, et qui se fasse à l'université, lieu où l'on se soucie davantage de validation scientifique des pratiques que de business.
    La formation dans les Àcoles de psychanalyse ?? je l'ai moi-même suivie dans les années 1970 ?? consiste en 3 éléments : des lectures de textes du Père fondateur de la théorie (selon l'Àcole : Freud, Jung, Klein, Lacan, Ferenczi, Reich, etc.), une ''analyse didactique'' (d'au moins 4 ans, à raison de 3 séances par semaine, le didacticien ayant tout pouvoir pour en décider la fin !) et la supervision des premiers cas traités. Ainsi, ceux qui n'ont pas suivi des études de psychologie ou de psychiatrie, ignorent souvent quasi tout de la psychologie et de la psychiatrie scientifiques ! Pour ceux-là, la situation n'a pas changé depuis que Roustang (ancien jésuite, devenu psychanalyste, puis sorti de la secte lacanienne) écrivait : "Nombre de psychanalystes semblent s'être nourris de la psychanalyse dès le biberon, en font l'unique repère, ne savent rien d'autre
    que Freud ou Lacan" .
    La pratique de l'"analyse didactique" remonte à 1912, année où Jung, dans l'espoir de dépasser les conflits d'interprétation entre les premiers psychanalystes, a eu l'idée qu'en se faisant psychanalyser mutuellement, on arriverait à découvrir le fond commun des pulsions et des complexes. Freud (qui a refusé de se faire analyser) a vite compris qu'il s'agissait d'une activité beaucoup plus facile, rentable et gratifiante que d'essayer ?? souvent en vain ?? de traiter des malades . À la fin de sa vie, il écrira "avoir traité des patients dans les premiers temps", mais que les didactiques étaient devenues sa "principale occupation" . Sa correspondance montre que c'était devenu son occupation quasi exclusive. Il écrit le 3-11-1921 : "Tout mon temps est accaparé par des médecins anglais et américains. En sorte que je travaille maintenant pour le dollar et n'arrive à rien faire d'autre" . Lacan a fait de même, mais en pire : il a ouvert tout grand la porte à tout qui voulait devenir psychanalyste (philosophe, ex-théologien, juriste, artiste, infirmier, étudiant, etc.) à condition de faire une analyse didactique. Il a fait le commerce des didactiques à raison de 5 clients ou plus à l'heure . Les lacaniens actuels opèrent sans doute moins vite, mais leurs principes sont les mêmes. On comprend que Mr Martens et ses collègues, quoique diplômés en psychologie ou en psychiatrie, voient d'un très bon oeil que les aspirants psychanalystes, quelle que soit leur formation préalable, fassent sous leur direction le fameux "trajet thérapeutique personnel" .
    À ma connaissance, il n'y a pas d'études méthodiques qui démontrent que cette occupation facile et très lucrative améliore la santé mentale et la compétence des analystes. Déjà Freud écrivait le 5-1-1928 : "Cela me déroute parfois que les analystes eux-mêmes ne soient pas radicalement changés par leur commerce avec l'analyse" . Deux ans avant sa mort, il avouait : "Il est incontestable que les analystes n'ont pas complètement atteint, dans leur propre personnalité, le degré de normalité psychique auquel ils veulent éduquer leurs patients. Des adversaires de l'analyse ont coutume de relever cet état de fait en ricanant et d'en tirer argument pour conclure à l'inutilité des efforts analytiques" . Par contre, un effet démontré de la didactique est de faire assimiler au candidat les dogmes du Père fondateur de l'Àcole, condition indispensable pour être reconnu membre effectif par l'Association.
    Sans doute la Ministre De Block, douée d'un remarquable sens des réalités, a-t-elle compris que les écoles ou instituts "privés" sont loin d'être l'idéal pour décerner un titre avec lequel des praticiens prendront en charge des patients et ponctionneront la Sécurité sociale.

    vanrillaer mardi 20 octobre 2015 12:22
  • Je préfère me retirer d'une discussion qui dérape à ce point.
    B.Dohmen

    Gitte mercredi 21 octobre 2015 16:23
  • Follement inquiétant pour les patients, toutes ces questions du genre :
    Est-ce dans l'intérêt des patients que la diversité et la richesse du champ de la psychothérapie soit balayée ?
    Est-ce dans l'intérêt des patients de devoir consulter un médecin ou un psychologue avant de pouvoir commencer une thérapie et qui lui dira quelle thérapie faire et pendant combien de temps ?
    Affolante , cette mise en doute du "OUI, C'EST SON INTÀRÀT."

    persoreille mercredi 4 novembre 2015 13:07
  • on lira , bien sûr : "Oui, c'est ... son intérêt ",

    persoreille mercredi 4 novembre 2015 13:07

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