Parole à l'immigration contre les préjugés : pas tous d'accord

Parole à l'immigration contre les préjugés: pas tous d'accord

Liberté d’expression, égalité des sexes mais encore laïcité de l’Etat sont des valeurs partagées par les Belgo-Belges et les minorités belges, issues des 2e et 3e générations de l’immigration.

C’est ce qu’a révélé une étude édifiante, menée et publiée par La Fondation Roi Baudouin, sur les valeurs culturelles et sociales des populations Belgo-Turques et Belgo-Marocaines de 2e et 3e générations. Un coup de pied dans la fourmilière pour remettre à leur place les préjugés et la discrimination.

En Belgique, l’intégration des migrants est à la traîne

Une enquête européenne a récemment montré que la Belgique se classait 7e sur 38 pays en termes d’intégration des immigrés. En matière d’accès à l’emploi et de santé surtout, les inégalités se ressentent alors qu’1 migrant sur 2 ne parvient pas à décrocher un travail. Le rapport de la Fondation Roi Baudouin a voulu donné la parole aux Belgo-Turcs et Belgo-Marocains de 2e et 3e générations qui souffrent eux aussi de cette discrimination à l’emploi. Ces citoyens belges à part entière, en plus de vivre sur le même sol, partagent pourtant les mêmes valeurs démocratiques que leurs compatriotes Belgo-belges.

Plus de ressemblances que de différences

Les conclusions de l’étude ont très clairement montré que les valeurs démocratiques fondamentales de la Belgique étaient partagées par ces minorités. A cause des préjugés qui reposent trop souvent sur l’amalgame entre radicalisme et différences socioculturelles, il faut constamment rappeler que les belges originaires de pays de confession majoritairement musulmane, la Turquie et le Maroc notamment, n’ont rien d’extrémistes religieux. Autant la séparation de l’Etat et de la religion, l’égalité des sexes et la liberté d’expression sont des valeurs chères aux diversités belges. Or, alors qu’elles sont nées et ont grandi en Belgique, les différences se creusent lorsque ces personnes se heurtent, elles aussi, à la discrimination.

2e et 3e générations, poussées au rejet ?

Pour le Forum des minorités, l’heure est grave. "Il est extrêmement préoccupant que ce soient surtout des gens qui sont nés et ont grandi ici, plus que ceux qui viennent d’ailleurs, qui ne se sentent pas chez eux dans notre pays" , peut-on lire dans les journaux 7sur7. Le rejet de la radicalisation, exacerbant la peur et les comportements xénophobes, n’épargne personne, même pas les citoyens belges à part entière. Diverses études et essais sociologiques discutent d’ailleurs des comportements des personnes issues des générations successives à la migration en Europe. Le constat est général : la marginalisation constante et le refus de reconnaissance de leurs diversités culturelles les pousserait, petit à petit, à accentuer et revendiquer leurs différences ethniques. A l’heure où la cohésion des diversités est un enjeu social majeur, il semblerait que les sociétés européennes, tous groupements ethniques confus, glissent lentement mais surement vers un dialogue de sourds.



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