Pas d'afflux massif des exclus du chômage vers les CPAS

Pas d'afflux massif des exclus du chômage vers les CPAS

Fin 2011, le gouvernement Di Rupo décidait de limiter à trois ans l’octroi des allocations d’attente. À partir de ce 1er janvier 2015, les premiers effets ont commencé à se faire sentir, c’est-à-dire 3 ans après l’entrée en vigueur de la mesure, qui touche aujourd’hui de nombreuses personnes en fin de droit. Petit tour d’horizon chiffré.


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A la mi-janvier, l’ONEM, l’institution publique qui octroie le droit aux allocations et en fixe le montant, faisait les comptes : selon des chiffres provisoires, près de 17.000 chômeurs ont été exclus en janvier et 3.000 autres sont à venir. C’est la Wallonie qui paie le plus lourd tribut, avec 13.500 exclus contre 3.210 en Flandre et 3.248 à Bruxelles. L’ONEM précise que l’impact effectif de la limitation des allocations de chômage ne sera connu qu’en février.

Du chômage vers les CPAS, il n’y a qu’un pas...

Alors que beaucoup de personnes prévoyaient un afflux massif des exclus du chômage vers les CPAS, il semblerait que l’affluence n’est pas celle escomptée... Les derniers chiffres du SPP Intégration sociale estiment à circa 3.800 les personnes déboutées de leur droit aux allocations d’insertion et, qui après s’être présentées à leur CPAS durant le mois de janvier, ont reçu un revenu d’intégration.

Ce à quoi le ministre libéral de l’Intégration sociale, Willy Borsus, déclare : "Indéniablement, l’afflux massif attendu des exclus du chômage vers les CPAS n’a pas eu lieu, en tout cas pour le moment". Il précise : « afin que les CPAS puissent faire face à ce surcoût, le gouvernement a décidé de leur allouer un montant supplémentaire de près de 20 millions, sur un budget total de 64 millions d’euros », comme cela était rapporté vendredi sur le site du journal Le Soir.

La Wallonie, région de loin la plus touchée

En Wallonie, plus d’un tiers des personnes exclues des allocations d’insertion depuis le 1er janvier 2015 se sont manifestées dans les CPAS, soit une proportion bien plus importante que celle enregistrée en Région bruxelloise.

En outre, en comparant les chiffres entre la Wallonie et la Flandre, on remarque qu’il y a 5 fois mois d’exclusion dans le nord du pays que dans le sud. Serge Baert, conseiller général à la direction de la réglementation du chômage pour l’ONEM, explique pourquoi au micro de la RTBF : « Cela s’explique très simplement. Les allocataires d’insertion sont majoritairement en Wallonie (68% en Wallonie contre 22% en Flandre). En outre, la durée de chômage des jeunes est plus longue en Wallonie qu’en Flandre. Inexorablement, les chômeurs wallons admis sur base de leurs études arrivent plus vite en fin de droit".

Changement décisif dans la politique d’activation des chômeurs

Par ailleurs, sur le site web du journal Le Soir, Willy Borsus fait état de chiffres interpellants : "Il y a en Belgique 48.077 chômeurs complets indemnisés depuis plus de 10 ans, dont 24.556 depuis plus de 15 ans et 14.279 depuis plus de 19 ans". Le ministre de l’Intégration sociale souhaite dès lors mener "un travail au niveau fédéral et en lien avec les Régions pour augmenter les efforts d’insertion sociale et socio-professionnelle. » Et d’ajouter : « Il y a lieu de poursuivre et d’amplifier des réformes qui créent de nouvelles possibilités d’activité et d’emploi".

Activer les chômeurs de longue durée, réformer le système d’octroi des allocations d’insertion,... la chasse aux chômeurs bat son plein, selon le Réseau Stop Art63&2 (du nom de l’article de loi en question) qui rassemble plus de 80 organisations : « La réforme du système d’octroi des allocations d’insertion introduit un changement décisif dans la ’politique d’activation des chômeurs’ telle qu’elle est menée en Belgique. En effet, à l’obligation de chercher du travail, elle substitue désormais l’obligation d’en trouver ! Rappelons qu’il y a aujourd’hui en Belgique plus d’un million de personnes totalement ou partiellement hors emploi pour… 50 000 offres d’emploi mensuelles ! Dans ce contexte, prétendre qu’affamer des individus va les pousser à trouver un emploi alors qu’il en existe si peu relève de la perversité », peut-on lire sur le site web de Réseau Stop Art63&2.

Davantage de familles monoparentales au CPAS

Et alors que l’attention est actuellement braquée sur les allocataires d’insertion en fin de droit qui débarquent dans les CPAS, le dernier focus statistique du SPP Intégration sociale révèle que plus de la moitié des ménages (54%) avec enfants émargeant au CPAS sont des familles monoparentales. Dans 8 cas sur 10, le chef de ces familles est une femme qui a la charge de plusieurs enfants en bas âge.

Julien Van Geertsom, président du SPP Intégration sociale, déclare : « Les familles monoparentales sont celles qui ont le plus besoin de soutien. Des aspects pratiques, comme les crèches, les garderies, les problèmes de transport, etc., entravent trop souvent leur recherche d’emploi, sans oublier que les parcours de formation ne sont souvent pas adaptés à leurs spécificités. »

À côté des exclus du chômage, les familles monoparentales représentent donc une autre réalité pour les acteurs de l’intégration sociale. Willy Borsus a d’ailleurs annoncé vouloir procéder à une analyse « afin de voir s’il y a lieu de compléter ou d’adapter les actuelles catégories de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale. »

Delphine Hotua

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Commentaires - 2 messages
  • Ayant été à l'onem pour y chercher un document, j'ai vu des personnes affolées en demande d'informations, elles avaient été exclues et ne savaient pas pourquoi elles n'avaient pas reçu de lettre de leur syndicat pour les prévenir.. Ca va encore agrandir le fossé entre ceux (les jeunes qui vivent avec papa maman, qui n'ont donc droit à rien) mais qui vont pouvoir entrer dans la boite de papa pour s'en sortir et les autres, déjà précarisé le seront encore plus..

    Trinette222222 mercredi 11 février 2015 15:16
  • mon dieu quel honte ,je connais un couple qui as apeine 1200 euro par mois pour vivre a 5 personne ,croyer vous qu il aie droit a quelques choses au cpas ou autre bha ouetch ,mais eux donne des filon a leur amis ou famille pour qu il s en sorte ,certain n hesite pas a vendre pour 50 malheureux euro ,le voisin qui a son domicile mais n y vit pas ,mais 50 malheureux euro multiplie par x ca c est rentable en + il sont dans une situation identique a ces domicilie mais pas embeter puisque

    rebelle jeudi 7 mai 2015 10:55

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