PIIS : Forest dit "Non" au service communautaire

PIIS: Forest dit

La Commune de Forest ne veut pas du service communautaire, une des mesures de la réforme des projets individualisés d’intégration sociale.

C’est un des dossiers de l’année : les projets individualisés d’intégration sociale, jusqu’à présent uniquement conclus avec des jeunes de moins de 25 ans, deviennent obligatoires pour tous. Si la mesure devait être applicable dès le 1er septembre 2016, elle entrera finalement en vigueur ce 1er novembre. Malgré les nombreuses protestations su secteur. Le Président du CPAS de la Commune de Forest, Stéphane Roberti, exprime son opinion.

" Avec la généralisation des PIIS (Le Projet Individualisé d’Intégration Sociale) pour toute personne en droit d’un revenu d’intégration, le 1er novembre on contractualise encore un peu plus l’aide sociale.

Dans le package de cette réforme, Monsieur Borsus, Ministre Fédéral de l’Intégration Sociale, suivi par son administration invente « le service communautaire ».

Pour nous, « communautaire », c’est une méthode de travail social qui consiste à renforcer les liens entre des individus pour réfléchir ensemble et rendre le pouvoir d’agir au groupe et à chacun.

Ici, le ministre ne parle pas de ça, bien au contraire. Ce serait la possibilité d’inscrire dans le contrat signé entre le CPAS et la personne en demande d’aide ( !), la prestation d’un bénévolat.

Déjà, si tous les gens qui avaient encore des super idées sur les pauvres pouvaient éviter de piétiner le champ d’expertise de décennies de travail social et s’informer sur ce qui se fait sur le terrain, ils sauraient que la possibilité de proposer un volontariat existe déjà, comme un outil parmi d’autres pour contribuer à l’émergence d’un projet personnel.

Outre le fait que le « service communautaire » risque bien de dérober des tâches au cadre du travail rémunéré, on ne croit pas à Forest qu’imposer un contrat qui comprendrait l’exercice d’un bénévolat puisse améliorer d’une quelconque manière la situation des personnes en droit à l’intégration sociale. Aurait-on oublié de connecter cette « bonne idée » aux réalités du marché de l’emploi, a fortiori à Bruxelles, pour les personnes dont les besoins élémentaires ne sont pas sécurisés ?

A Forest, on fera l’impasse sur le dénommé « service communautaire » pour ne pas œuvrer à la mise au travail obligatoire des pauvres, pour ne pas galvauder le travail social, pour ne pas soustraire des segments d’emploi au cadre du travail, mais surtout parce que je ne crois pas au culte de l’activation comme une bonne idée pour garantir à chacun de mener une vie conforme à la dignité humaine."

Stéphane Roberti, Président ECOLO du CPAS de Forest



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.