Plus de pilules du lendemain dans les plannings familiaux

Plus de pilules du lendemain dans les plannings familiaux

Les plannings familiaux ne pourront bientôt plus distribuer librement la pilule du lendemain aux femmes la demandant. Cette décision suscite une vive émotion de la part des professionnels et des politiques.

Les plannings familiaux sont destinés à accueillir les individus ayant besoin d’aide ou de conseils en matière de vie sexuelle. Ce sont des acteurs clés qui nouent des relations de confiance afin d’aider tout un chacun. Depuis 30 ans ces structures distribuent la pilule du lendemain (ou pilule de contraception d’urgence ) aux femmes qui le souhaitent. Pourtant, Maggie De Block refuse catégoriquement que cette pilule soit donnée par les plannings familiaux. Les députés de l’opposition, notamment du PS et du parti Ecolo, se sont indignés de cette décision, tout comme les professionnels de ces structures. Ces derniers ont donc décidé de désobéir à la ministre.

Une incompréhension totale

La députée Fabienne Winckel décrit une situation absurde à la RTBF : "Pourquoi la ministre et sa majorité s’entêtent-t-ils à refuser cette autorisation alors que la pilule du lendemain est déjà disponible sur Internet sans aucune prescription ? Les centres de planning familial ont pourtant besoin de cette autorisation pour pouvoir pleinement exercer leur mission : proposer un lieu d’accueil où chacun peut trouver une aide en matière de vie sexuelle et affective et qui délivre notamment, en toute confidentialité, des pilules du lendemain aux jeunes filles qui en expriment le besoin."

Un droit de disposer de son corps bafoué

Cette décision met des lors le service en difficulté, mais aussi les jeunes femmes qui attendent une aide de celui-ci. Par honte ou par manque de moyens financiers, elles auront plus de difficultés à se procurer la pilule du lendemain. Cette contraception est pourtant nécessaire, et son statut de contraception d’urgence devrait permettre sa distribution par les planning familiaux. "Cela va à l’encontre du droit fondamental de chaque femme à disposer de son corps" dénonce la députée.

Une décision irresponsable et inexplicable

En Région wallonne, on estime à 30 000 le nombre de pilules contraceptives et à 5.000 le nombre de pilules du lendemain délivrées chaque année dans les plannings familiaux. "Cela pourrait aussi risquer d’engendrer une augmentation du nombre d’interruptions volontaires de grossesse, avec toutes les conséquences physiques et psychologiques que cela implique" martèle Fabienne Winckel. Les plannings sont considérés comme des référents de la vie sexuelle surtout chez les jeunes. Comment bien les protéger si les moyens ne sont pas présents ?

Les plannings hors-la-loi

Malgré la décision de De Block, les professionnels ne comptent pas se laisser faire et continueront de distribuer librement cette pilule quitte à être hors-la-loi. " On voudrait que tout cela soit légal. C’était le but de ces projets de loi qui ont été déposés, c’est pour qu’on arrête ce flou. [...]Nous continuerons à la distribuer" déclare Gaetan de Laever, directeur de la Fédération laïque des Centres de Planning Familial à la RTBF.

Etat Fédéral et Région Wallonne se renvoient la balle

Après cette décision, Maxime Prévot, ministre Wallon de la Santé, s’est dit très surpris. En effet, pour la ministre De Block, c’est à Maxime Prévot de trouver des solutions du coté de la Région Wallonne, tout en respectant la loi fédérale. Or, aucune solution ne peut être trouvée sans l’appui de l’Etat et du ministère de la Santé car "prescrire, cela reste de la compétence du fédéral", précise le cabinet de M. Prévôt. Celui-ci rappelle que le ministre a porté le dossier des plannings familiaux et demandé des solutions dès 2014. " Nous attendons désormais une réponse du fédéral" souligne sa porte parole à la RTBF.

La rédaction



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