Disparitions dans les homes : comment encadrer les fugues ?

Disparitions dans les homes: comment encadrer les fugues?

Selon le rapport 2013 de la cellule personnes disparues de la police fédérale, 170 seniors, nombreux souffrant d’une maladie mentale, disparaissent en moyenne par an. Pour faciliter les recherches sur le terrain, un réseau de coopération entre zones de police, parquets et centres de soins est instauré partout en Belgique.

MISE A JOUR

L’initiative d’une telle collaboration est née en Flandre, en 2006. Un protocole a été établi entre la zone de police Hekla à Anvers et le secteur de la santé, afin d’accélérer la procédure de recherche en cas de disparitions de personnes malades mentalement. Aussi, dans la demi-heure qui suit la disparition, un avis de signalement apparaît sur les ordinateurs de tous les collaborateurs de la zone de police concernée. Parallèlement, en coopération avec le centre de soin, la procédure de recherche est lancée à partir de l’endroit où la personne disparue a été vue pour la dernière fois.

De plus en plus d’adhérents au projet

Cette méthode de travail, qui apporte une réelle plus-value pour tous les acteurs concernés par la démence (Alzheimer, sénilité, schizophrénie,...) connaît aujourd’hui des retombées en Wallonie et à Bruxelles. Nivelles a été le premier arrondissement judiciaire à avoir mordu à l’hameçon, puis ce fut au tour de Namur. Actuellement, une trentaine de zones de police ont signé le protocole baptisé "Démence". À terme, la volonté est de l’implémenter dans les 193 zones de police que compte la Belgique.

Depuis 2010, 14 "fugueurs" n’ont jamais été retrouvés. La police fédérale estime à 25 le nombre de décès parmi une moyenne de 170 disparitions par an.

Sensibilisation et formation du personnel

Concrètement, tout est mis en œuvre pour limiter les disparitions, mais aussi pour faciliter le travail des policiers sur le terrain. Un véritable travail de sensibilisation et de formation a lieu auprès des collaborateurs.

Le premier réflexe à avoir, après avoir pris connaissance d’une disparition et après 20 minutes maximum de recherches, est de téléphoner à l’officier de garde de la zone de police la plus proche. Un des outils utilisés pour lancer les recherches est une fiche signalétique personnalisée qui peut être complétée à l’aide des données de base reprises par le service où séjourne la personne et, mise à jour en fonction des éléments relatifs à la disparition (comment la personne était habillée, où a-t-elle été vue pour la dernière fois,...). Cette fiche est ensuite envoyée par mail à la police.

Les premières heures sont déterminantes

Plus globalement, le projet vise à suggérer certaines mesures préventives ou bonnes pratiques avant d’être confronté à une disparition. Le protocole facilite également les contacts entre le personnel des institutions, les services de police de première ligne, la cellule disparition et les institutions judiciaires. La coopération ainsi mise en place et les informations échangées permettent d’optimaliser les premières heures de la disparition, qui sont essentielles dans le cadre d’une disparition inquiétante.

Quand une disparition est-elle inquiétante ?

Selon la directive ministérielle portant sur la recherche des personnes disparues, une disparition est considérée comme inquiétante lorsqu’elle répond au minimum à l’un des critères suivants :
- Enfant de moins de 13 ans
- Personne avec un handicap physique ou mental
- Personne sous traitement médical ou médication
- Personne en danger de mort
- Personne en compagnie de tiers dangereux
- Personne ayant un comportement inhabituel

Des cas de disparition en hausse dans notre pays

Avec la société vieillissante que nous connaissons aujourd’hui, la disparition de personnes atteintes de démence est un problème en forte croissance auquel la police doit faire face. Les personnes démentes se caractérisent par le fait qu’elles peuvent tout à coup décider d’aller se promener. Elles partent faire une petite promenade et soudainement, elles sont introuvables. Elles ne savent plus qui elles sont, ni où elles se trouvent...

La marche-à-suivre et les premiers réflexes dans une brochure

La brochure « Les disparitions de seniors, un problème qui nous concerne tous » explique davantage le projet afin de sensibiliser tous les acteurs concernés par cette problématique ; l’objectif principal étant à terme de concrétiser des protocoles de collaborations entre zones de police locales, parquets et centres de soins.

Si vous désirez plus d’informations sur le projet ou que vous souhaitez obtenir la brochure gratuitement, n’hésitez pas à prendre contact avec la Cellule personnes disparues de la Police Fédérale : missingspersons@telenet.be – 02/644.87.97.

Delphine Hotua



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.