Quand on cache aux familles qu'elles ont droit au Service de créances alimentaires

Quand on cache aux familles qu'elles ont droit au Service de créances alimentaires

Autrefois géré par les CPAS, le Service de créances alimentaires (Secal) est maintenant l’affaire du Fédéral. Etrangement, alors que la précarité touche de plein fouet les familles monoparentales, ce service est à peine exploité.

Le Guide Social vous en parlait récemment, près de 35% des familles monoparentales sont menacées de pauvreté en Belgique. Le Service des créances alimentaires s’investit depuis 2003 auprès des familles monoparentales en payant des avances sur les pensions d’une part, et en récupérant les montants non-payés d’autre part. Depuis 2015, le Fédéral a élargi son accessibilité à un plus grand nombre de foyers. Et pourtant, le service reste dans l’ombre, méconnu de nombreuses familles dans le besoin.

Hausse des plafonds, mais pas des budgets

Fin 2014, le SPF Finances avait annoncé une hausse des budgets alloués au Secal de 1,2 million d’euros pour accompagner l’élargissement de son accessibilité. En effet, La Ligue des Familles avait obtenu l’année passée que le plafond de revenu des foyers soit levé à 1 800€ par mois, contre 1386€ par mois auparavant. Et pourtant, la secrétaire d’Etat pour la Lutte contre la pauvreté Elke Sleurs (N-VA) a décrété cette semaine que les budgets ne seraient finalement pas augmentés. En effet, les comptes justifieraient que les allocations fédérales au service soient actuellement suffisantes. Alors que la hausse du plafond de revenu prévoyait 4 295 familles supplémentaires en droit de solliciter le Sécal, il y aurait en fait très peu de nouveaux bénéficiaires.

Le Secal est méconnu des familles

En effet, selon des chiffres relayés par la Ligue des Familles, seuls 1 087 nouveaux foyers auraient bénéficié du service depuis le début de l’année. Selon Delphine Chabbert, la directrice du service d’Etude politique pour la Ligue des Famille, le Secal est sous-exploité parce que personne ne juge bon d’en faire la publicité auprès des familles en droit d’en bénéficier. "Le Secal ne bénéficie d’aucune campagne d’information, ni auprès du grand public, ni auprès des acteurs concernés", déplore Delphine Chabbert dans un communiqué. Et pour cause, l’outil ne serait financièrement pas viable et aurait régulièrement du mal à récupérer les arriérés impayés pour compenser les sommes qu’il a avancées. Le Secal étant déficitaire, on préférerait en taire le mot pour éviter d’avoir à débloquer des budgets colossaux...

Les acteurs du secteur doivent organiser l’information

Pour la Ligue des Familles, il faut que les CPAS et les acteurs sociaux prennent le bon réflexe de systématiquement informer les familles monoparentales de leur droit au Secal. "Il devrait être ancré dans une réalité et être mentionné systématiquement comme recours en cas de séparation. Les familles doivent y avoir accès", renchérit Delphine Chabbert. Face à la menace de la précarité, qui concerne surtout les femmes seules avec enfants, il est indispensable de mettre ce service en pleine lumière. Par ailleurs, la Ligue des Familles a appelé à un refinancement du Secal, alors que Elke Sleurs a justement estimé que ses budgets étaient suffisants et resteraient inchangés. Il en irait autrement si toutes les familles séparées étaient mieux informées.



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