Quel soutien scolaire pour les plus de 15 ans et dans le secondaire ?

Quel soutien scolaire pour les plus de 15 ans et dans le secondaire ?

Les écoles de devoirs manquent en Région bruxelloise. Ces dernières ne sont financées que pour les élèves de moins de 15 ans. Passé cet âge, les jeunes ont de plus en plus de difficultés à trouver un établissement qui peut les prendre en charge car ces derniers se raréfient encore plus.

Tout travailleur socio-pédagogique est un jour confronté à une demande de soutien scolaire. Si la réorientation est facile pour les enfants de l’école primaire, cela s’avère plus complexe pour les élèves du secondaire. D’une part, la réalité des adolescents demande souvent un encadrement adapté ; d’autre part les matières abordées en secondaire demandent vite des compétences particulières. Une problématique qui repose, encore une fois et en grande partie, sur les compétences, les idées et la bonne volonté des travailleurs de terrain.

Des travailleurs investis mais impuissants

Parmi les opérateurs de soutien scolaire, tous ne peuvent accompagner les jeunes aussi longtemps qu’ils le désirent. Les moyens mis à disposition ne permettent pas (ou difficilement) la mise en place de pratiques innovantes en matière de soutien scolaire. Les travailleurs des écoles de devoirs reconnues et subsidiées par l’Office de la Naissances et de l’Enfance (ONE) se retrouvent dans l’incapacité de proposer un relais adapté. Il ne leur reste plus que la possibilité de prendre sur eux et d’assumer un manque qui n’est pas de leur responsabilité ou de refuser cette déresponsabilisation des pouvoirs publics au détriment des personnes demandeuses.

Un accompagnement qui s’arrête au plus fort des besoins

Il est évident que le soutien scolaire est un outil de prévention du décrochage. De même, il ne fait pas de doutes que les écoles de devoirs sont aussi des lieux d’apprentissage, de faire-ensemble, d’émancipation et d’échanges citoyens. Il va de soi qu’arrêter cet accompagnement à l’adolescence c’est fragiliser un peu plus ceux qui rencontrent des difficultés scolaires. Pour répondre aux demandes, les travailleurs ne peuvent se reposer que sur leurs propres réseaux ou sur les Centres d’Informations Jeunesse (CIJ) et leurs fédérations pour trouver des relais. Ces derniers n’étant pas soutenus et connus à leur juste valeur.

Pas assez de soutien scolaire pour tout le monde

Sur son site, Infor Jeunes Bruxelles renseigne 173 écoles de devoirs dont seulement 41 annoncent un soutien scolaire jusque 20 ans, 9 au-delà de 20 ans et 2 qui annoncent un accompagnement spécifique pour le secondaire. Les associations proposant un soutien scolaire au-delà de 15 ans sont en grande majorité des A.M.O. (Aide en Milieu Ouverte) et des Maisons de Jeunes. A noter que bon nombre d’écoles de devoirs adressées aux primaires et aux moins de 15 ans sont remplies, tout comme leurs listes d’attentes.

Un décret qui a au moins le mérite d’exister

Le décret relatif à la reconnaissance et au soutien des écoles de devoirs prévoit les conditions de subsides et de reconnaissance dans le cadre du soutien scolaire. Les conditions décrétales permettent difficilement à une structure de se reposer uniquement sur les fonds alloués par l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE). Un dispositif de volontariat est prévu pour pallier le manque de moyens. Les écoles de devoirs reposent sur des financements multiples, du mécénat et des structures préexistantes. L’offre publique de reconnaissance est inférieure aux demandes et besoins identifiés par les travailleurs de terrain. Demandes qui ne sont que le reflet des inquiétudes des parents auxquelles doivent faire face les travailleurs de première ligne.

CARTERON Perceval. Éducateur.



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