Quelle évolution en matière de réduction des risques liés à l'usage de drogues ?

Quelle évolution en matière de réduction des risques liés à l'usage de drogues ?

Les missions et les approches de la réduction des risques liés à l’usage de drogues ont évolué


- Fedito Bxl lutte pour les salles de consommation à moindre risques
- Les conséquences de la 6ème réforme de l’Etat pour les drogues et assuétudes

La réduction des risques liés à l’usage de drogues (RdR) est une démarche de santé publique à destination des consommateurs de drogues. L’originalité de son approche réside dans le fait qu’elle œuvre à ce que le consommateur consomme « autrement », à moindre risque. Le but n’est pas d’inciter l’usager à arrêter la drogue ou à réduire sa consommation. La politique de réduction des risques a commencé à susciter de l’intérêt dans les années 1980, suite à l’apparition du virus du SIDA. Bien qu’elle reste fortement liée au combat contre la propagation de la maladie, son champ d’action s’est élargi aujourd’hui.

Quelles modalités ?

Un ensemble d’interventions cohérentes doivent être mises en place pour appuyer la politique de réduction des risques (RdR).

Tout d’abord, la fourniture du matériel stérile permet aux usagers de se protéger en favorisant l’utilisation de seringues propres, mais aussi à travers la distribution de préservatifs, la proposition de vaccins contre l’hépatite gratuits…

L’accès aux soins de santé peut quant à elle en plus de réduire les risques d’infections virales HIV, hépatites C…, limiter les risques d’overdoses, de décès et l’exclusion sociale. Car la continuité des soins consiste en l’apport de traitement de substitution, un meilleur suivi dans les prisons, un accompagnement social plus large…Ainsi, favoriser une aide dépourvue de jugements au lieu de réprimer est le principe sur lequel repose la RdR.

Missions connexes de la RdR

Le secteur des assuétudes a besoin de moyens humains et matériels pour mener à bien sa mission. La sensibilisation aux risques n’est pas suffisante. Il y a aussi un devoir d’information (prévention, distribution de brochures…) vis-à-vis des publics concernés.

L’intervention des professionnels auprès de ces publics doit aussi être réfléchie, puisqu’elle mise sur la proximité et l’Outreach afin de rencontrer des consommateurs souvent dans la précarité. Régulièrement, des travailleurs sociaux et des infirmiers se rendent sur les lieux de vie des usagers : prison, fêtes, squats… Le projet « Médibus » en est un exemple concret.

Au vu de la difficulté de leur travail, les professionnels tels que les paramédicaux, les gardiens de prisons et le personnel de boites de nuit, de l’aide à la jeunesse… doivent être formés en continu à la RdR.

Quid du secteur en Belgique ?

En Belgique francophone, parmi les acteurs engagés dans la réduction de risques liés à l’usage des drogues :

- Fedito Bxl et Fedito wallonne

- Modus Vivendi

- Dune ASBL

- Médecins du Monde

Quel bilan ?

Pour la majorité des acteurs de la RdR, le discours ambiant a plutôt tendance à réprimer, à stigmatiser les personnes dépendantes et à diaboliser les drogues illicites. Or, la guerre aux drogues ne semble pas avoir porté ses fruits, puisqu’il y a à l’heure actuelle 250 millions d’usagers de drogues dans le monde, dont 16 millions qui s’injectent. Une réalité bien loin des objectifs de l’ONU qui prévoyait l’éradication de la drogue pour l’horizon 2008.

C’est pourquoi, en Belgique, la lutte politique des acteurs continue. Parmi les batailles actuelles, il y a celle concernant l’installation de salles de consommation supervisées, à la manière d’autres pays européens. Autre revendication : la stabilisation de l’usager en sevrage grâce à la prise de diacétylmorphine. Deux initiatives pour lesquelles nos politiques sont encore réticents.



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