Quelque 6.500 expats français handicapés en Belgique

Quelque 6.500 expats français handicapés en Belgique

Selon une estimation de l’Awiph, environ 6.500 personnes handicapées de nationalité française sont prises en charge dans des établissements spécialisés en Wallonie. Pour quelles raisons franchissent-elles la frontière ? Et cela se fait-il au détriment des Belges francophones ? Focus.


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La France sous-traite depuis des années la prise en charge d’une partie de ses ressortissants handicapés, surtout mentaux, à la Belgique. Plusieurs milliers de Français, de tous âges, atteints de handicap, sont ainsi hébergés ou scolarisés dans des structures spécialisées en Wallonie.

Des méthodes éducatives attractives

Le manque de places d’accueil en France explique en partie le franchissement de la frontière par de nombreuses familles. Comme le confirme l’Awiph, l’Agence wallonne pour l’Intégration des Personnes handicapées : « il faut en effet faire le constat d’une réponse insuffisante aux besoins des familles sur le sol français. »

Par ailleurs, bon nombre de personnes en situation de handicap et de familles françaises apprécient l’approche wallonne davantage « pédagogique ». « Dans l’approche belge, les activités de jour sont privilégiées et un projet de vie, multi-dimensionnel, est construit avec la personne et son entourage », explique Virginia Li Puma, responsable des relations presse pour l’Awiph. À l’inverse, le modèle français privilégie une approche davantage médicalisée.

En outre, de façon plus générale, la Wallonie bénéficie d’une approche plus tolérante des handicaps mentaux et des troubles du comportement, avec une conception plus inclusive du handicap. Et telle manière d’aborder le handicap semble séduire de nombreuses familles françaises qui font alors le choix de venir en Belgique.

Des structures exclusivement pour Français

L’Awiph dénombre 132 structures qui accueillent exclusivement des bénéficiaires français. « Un certain nombre de structures se sont créées pour répondre à cet afflux de demandes en provenance de la France. Il s’agit des services en ’Autorisation de prise en charge’ (APC) », explique l’agence wallonne. Parmi elles, une quarantaine affichent une finalité commerciale. De quoi interpeller...

A cet égard, Patrick Verhaegen, secrétaire politique adjoint d’Altéo et membre du comité de gestion de l’Awiph, déclare pour le journal En Marche : « quand on voit des SPRL transformer d’anciennes maisons de repos en gros centres d’hébergement pour adultes handicapés, on ne peut s’empêcher de s’inquiéter. On se demande notamment ce qu’il en est du projet pédagogique. »

Les Français ne prennent pas la place des Belges

Pas de crainte à avoir pour les Belges francophones néanmoins : les résidents français ne prennent pas la place des bénéficiaires belges. « Dans le cadre des établissements autorisés par l’Awiph, les places créées sont intégralement financées par des subsides français et, sont donc par conséquent destinées à un public français », souligne Virginia Li Puma de l’Awiph.

Au contraire, il n’est pas rare que l’inverse se produise. Que par manque de place, des résidents belges se retrouvent dans des établissements initialement destinés à un public exclusivement français.

Delphine Hotua

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