Radicalisation : la FWB lance des formations pour les acteurs du secteur jeunesse

Radicalisation : la FWB lance des formations pour les acteurs du secteur jeunesse

Face à la montée des extrémismes et à la recrudescence de violence ces dernières semaines, les autorités publiques mettent des solutions en place. La FWB a récemment lancé un plan de lutte contre le radicalisme, dont une des mesures phares consiste à former les professionnels du secteur de la jeunesse.


- Le travail des associations de jeunesse ne se limite pas à prévenir la radicalisation

- Radicalisation : les acteurs sociaux ont un rôle à jouer

L’initiative vise à outiller tous les acteurs de terrain concernés par la problématique de radicalisme islamiste chez les jeunes. Au programme : sensibilisation et formation du personnel social. À l’initiative de ce plan de lutte contre le radicalisme se trouve, entre autres, Rachid Madrane, le ministre socialiste de l’Aide à la Jeunesse en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Des formations pour combattre le prosélytisme

« Les travailleurs sociaux des AMO et des IPPJ vont être formés. Ces formations visent à aider les personnes qui travaillent avec des jeunes pouvant être la cible de recruteurs à déceler les processus de radicalisation. L’idée est d’avoir un éducateur relais dans chaque IPPJ pour déconstruire les arguments donnés par les recruteurs, mais aussi pour ’désendoctriner’ les jeunes endoctrinés », nous explique le cabinet de Rachid Madrane.

Telles formations seront mises en place début mars en Fédération Wallonie-Bruxelles. D’abord réservées à une personne ressource dans les institutions de protection de la jeunesse, les formations pourront ensuite être ouvertes à davantage d’éducateurs si elles se révèlent concluantes.

Un leitmotiv : maintenir le dialogue avec les jeunes

Concrètement, les formations consisteront en une information globale sur la culture et la religion islamiques afin de comprendre les références évoquées et d’établir un dialogue avec le jeune. L’apprentissage abordera également les méthodes et les arguments utilisés par les « recruteurs ».

Par ailleurs, la formation veillera à outiller les professionnels du secteur de la jeunesse quant à la prise en charge des « returnees », c’est-à-dire des jeunes partis combattre en Syrie ou en Irak et qui rentrent en Belgique. Il s’agira ici de développer des comportements adaptés au travail avec des personnes souffrant de traumatismes post-conflit.

L’importance d’un encadrement au quotidien

En outre, l’autorité publique doit disposer de spécialistes capables de mener un travail de désendoctrinement. Cela passera par des psychologues mais aussi des religieux capables d’engager un questionnement sur les dogmes utilisés par les groupes radicaux.

En toile de fond de ce programme de sensibilisation et de formation à destination des professionnels, on retrouve les mots citoyenneté et neutralité auxquels il faudra redonner du sens.

Notez encore que, d’après Rachid Madrane, il existe aujourd’hui en Belgique francophone 2 jeunes placés en centre fermé pour faits de radicalisme sur un total de 225 jeunes en IPPJ. Il s’agit donc d’une minorité, à qui il convient néanmoins d’accorder l’attention nécessaire et davantage d’encadrement encore que pour les autres jeunes. Cela afin d’éviter tout prosélytisme et dès lors, protéger la société de menaces éventuelles...

Delphine Hotua



Commentaires - 1 message
  • Bonjour Madame,

    Je souhaiterais savoir par quel type d'intervenant ces formations seront dispensée et surtout, sur quoi sont-elles fondées ?

    Ayant pour ma part, un parcours atypique et travaillant dans la prévention de la délinquance, je constate effectivement que ce besoin se fait sentir toutefois, je crains que ces formations ne soient hélas, pas encore en accord avec les réalités de terrain.

    Dans l'attente, et avec mes remerciements anticipés,

    stephanovitch mercredi 4 mars 2015 08:09

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