Réforme Santé : un nouvel espoir pour le test démédicalisé du Sida ?

Réforme Santé: un nouvel espoir pour le test démédicalisé du Sida ?

Face à un besoin crucial de dépistage précoce du Sida, les acteurs de terrain se retrouvent isolés. Après la réforme, que peut-on espérer des régions dans la prise en charge de la prévention du virus ?

Au cœur du débat : le test démédicalisé du Sida. A l’heure actuelle, seuls les médecins peuvent procéder au dépistage. Printemps 2015 : Maggie De Block annonce qu’il n’est pas à l’ordre du jour de financer le dépistage par des non-médecins. Pourtant, l’efficacité d’une telle pratique a été démontrée sur le terrain. Et pour cause : des associations ont procédé aux tests en se rendant auprès de publics cibles. Une dérogation leur était ainsi attribuée dans le cadre d’expériences pilotes. Alors que le fédéral n’a plus les capacités à gérer ces outils de dépistage, comment les régions pourraient à leur tour défendre cette question ?

Avantage économique

Le Gouvernement wallon reconnaît l’efficacité du test décentralisé et démédicalisé à lutter de façon efficace contre le virus. Si la loi passe, le Gouvernement s’engage à généraliser l’outil de dépistage du Sida. A l’inverse de Maggie De Block, à l’origine de polémiques concernant les réformes de financement de la santé, la Région voit ici un avantage économique à son maintien. Le cout de médecins ou infirmiers en service dans des lieux peu communs est bien plus élevé que celui d’un non-médecin. De plus, il n’est pas toujours évident de trouver du personnel médical apte à se rendre auprès de populations dans des conditions difficiles. La nuit, le froid ou encore les milieux festifs peuvent rebuter certains à se déplacer.

Transfert de compétence

Seul bémol : le transfert de compétence de la prévention doit s’accompagner du financement nécessaire à la Région. Ces discussions sont d’ailleurs d’actualité entre l’Etat fédéral et la Wallonie. Et puis quelles sont les matières qui rentrent dans le financement de la loi ? Les non-Wallons de visite dans la Région auront-ils droit au test au même titre qu’un Namurois ? L’objectif est de généraliser le dépistage au maximum. Mais il faut éviter qu’une Région ne supporte un transfert de charge disproportionné.

Inciter au dépistage

Parmi les publics cibles, les usagers de drogue, prostituées, migrants ou homosexuels ne désirent pas toujours recevoir le corps médical à leurs lieux de fréquentation. Le test décentralisé et démédicalisé, peut amener des personnes réticentes au dépistage du Sida à faire le pas. Parler de sexualité avec son médecin n’est pas toujours aisé, d’où l’avantage des méthodes de dépistage alternatives. Les non-médecins engagés ici dans la réalisation des tests, sont au secteur des professionnels d’un nouvel ordre. Formés aux tests, ils maitrisent également les techniques de communication en vue d’assister les participants. Le contact humain demeure central pour donner des informations relatives au Sida.

Avis mitigés sur le home-testing

Avec l’arrivée de l’autotest, nous ne sommes pas à l’abri d’abus. Sorte de test de grossesse bien pratique, il peut avoir un impact psychologique énorme. C’est pour cette raison qu’il faut préparer la prise en charge des personnes réactives au virus du Sida. Seul, l’avis d’un médecin peut confirmer ou non le caractère positif du test. Des dérives sur le plan relationnel et professionnel peuvent aussi surgir. " Il faut bien encadrer la démarche sur le plan juridique pour éviter les abus. Si ça n’est pas le cas, l’un des partenaires pourrait par exemple demander à l’autre de faire un test avant d’avoir un rapport. Un employeur pourrait aussi exiger cela d’un candidat avant de l’embaucher", estime Thierry Martin, directeur de la Plate-forme Prévention Sida.

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