Repenser l’économie sociale

Repenser l'économie sociale

L’économie sociale fait désormais partie de notre quotidien, promettant, entre autres la reconversion d’un surplus d’objets. L’objectif à présent est de pouvoir pérenniser ce système, qui peu à peu, tend lui aussi, à montrer ses limites.

L’économie sociale, au sens large peut prendre plusieurs formes : qu’il s’agisse de récupération d’objets, de l’offre de services particuliers aux personnes qui en ont besoin ou encore, de la mise en avant de ses compétences au profit de la société, les mouvements d’économie sociale et participative ont fait du chemin. Il reste cependant important, à l’heure actuelle, de se donner la possibilité de les pérenniser, au risque de les perdre. Un article d’Econosoc.be

Terre, les Petits Riens, Oxfam, des noms qui résonnent. Au-delà de ceux-ci, une multitude d’acteurs s’activent pour collecter, réparer, revaloriser, remettre en vente des biens usagés. Fédérés au sein de Ressources, ceux-ci représentent un secteur à grand potentiel pour une économie sociale qui tourne décidément de plus en plus rond. Créée en 1999, la Fédération Ressources regroupe des structures d’économie sociale actives dans la réutilisation. Ce secteur compte la bagatelle de 69 membres répartis sur le territoire wallon et bruxellois, avec des statistiques éloquentes : 150 000 tonnes de biens traitées annuellement pour 50 000 tonnes revalorisées. ‘C’est un secteur en pleine professionnalisation’ confirme Arabelle Rasse, chargée de communication au sein de Ressources. ‘D’une origine citoyenne ou associative, il voit depuis plusieurs années émerger des projets davantage entrepreneuriaux, comme les Ressourceries’. Celles-ci sont d’ailleurs une véritable marque® développée par la fédération, liée au respect d’un cahier des charges et du label de qualité Réc’up. Notre territoire en compte actuellement 7, devenues des partenaires incontournables des communes dans le traitement des encombrants.

La plus emblématique d’entre elles est sans aucun doute la Ressourcerie namuroise, qui fête cette année ses 10 ans et est le précurseur du modèle. ‘C’est clair que nous avons démarré dans un contexte qui n’est plus celui que nous connaissons aujourd’hui, avec une préoccupation alors beaucoup moins grande accordée au traitement des déchets’ souligne Marc Detraux, son directeur. ‘Nous avons su saisir une opportunité et prouver que l’économie sociale apportait une réponse innovante et positive. Aujourd’hui, nous travaillons avec 23 communes et avons notamment le BEP (bureau économique provincial) comme interlocuteur privilégié’.

Crise économique et baisse du pouvoir d’achat, priorités environnementales traduites en choix politiques (pensons notamment au plan ‘économie circulaire’ européen), changements comportementaux, émergence de la notion de circuit court : autant d’éléments favorables à toutes celles et ceux qui donnent une seconde vie à des biens usagés et envisagent le déchet comme ressource. ‘Si on sent que le public s’est élargi au cours des 5 dernières années, on voit également arriver une concurrence face à laquelle nous devons nous différencier’ poursuit Arabelle. Pour ce faire, la fédération a notamment créé le label éthique Solid’R, qui garantit une destination solidaire des vêtements collectés dans la filière textile. Dans le domaine de l’électroménager, c’est electroREV qui témoigne quant à lui d’un processus qualité standardisé.

A la Ressourcerie namuroise, on voit également l’évolution du marché comme une opportunité : ‘nous avons une longueur d’avance et il nous faut la garder, tout en sensibilisant le consommateur à ce qui fait nos spécificités’. Innovante, la Ressourcerie l’est assurément, elle qui a par exemple misé sur le design, aux travers de produits remanufacturés ou upcyclés qu’elle vend dans sa boutique Madame Ravik. ‘Mais l’avenir passera assurément par de la recherche & développement, s’allier à des universités et des clusters pour réfléchir à la conception de nouveaux produits à partir des matières et matériaux collectés, notamment le bois. Il nous faut également pouvoir anticiper un possible paradoxe : la réduction des déchets signifiant pour nous la diminution du gisement exploitable’.

Dé-)construction, déchets d’équipement électrique et électronique, cartouches d’encre, vélo… autant de filières actuellement en développement pour les acteurs de la fédération, sans compter les gros investissements récents de Terre et des Petits Riens dans des centres de tri des vêtements, à Charleroi et Bruxelles. ‘Nous sommes face à un triple défi : déploiement territorial, professionnalisation continue et capacité d’innovation. Tout cela en ne perdant jamais de vue que ce qui sous-tend notre travail à tous, c’est le projet social qu’il y a derrière, avec ses singularités’.

La récup’ en fête

Il est également des temps pour célébrer. C’est ce que vous propose Ressources grâce à la Fête de la récup’, du 29 avril au 7 mai en Wallonie et à Bruxelles. ‘Nous mettons à l’honneur nos membres au travers d’une trentaine d’actions, de journées portes-ouvertes, d’ateliers créatifs, etc. … Nous organisons également un concours de la plus belle vitrine récup’ qui a mobilisé pas moins de 19 équipes. La Fête de la récup’, c’est vraiment l’occasion de découvrir et montrer tout le sens qu’il y a derrière notre travail’. Du côté de la Ressourcerie namuroise, c’est un temps fort qui dicte le ton : l’action ‘livres et culture’, qui mettra à l’honneur tous ces objets qui nous transmettent un supplément d’âme.

Et vous ? N’hésitez pas à aller faire un tour dans notre rubrique « Petites annonces, où vous trouverez, entre autres, une kyrielle de matériel dédié au secteur psycho-médico-social auquel donner une seconde vie !



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