Santé mentale et école : vers une collaboration ?

Santé mentale et école : vers une collaboration ?

La deuxième édition de la Semaine de la Santé mentale prend place en Wallonie et a pour thème : la Santé mentale et l’école.

Organisée par le Centre de Référence en Santé Mentale (CRéSaM), la deuxième Semaine de la Santé mentale a pour thématique : La Santé mentale et l’école. Comme pour les adultes, le secteur est en plein changement. Un colloque, des activités et des rencontres entre les secteurs de la santé mentale, du milieu scolaire, du secteur de la petite enfance, de l’aide sociale, de l’aide à la jeunesse… sont prévues, pour décloisonner et penser ensemble de meilleurs soins. Marie Lambert, chargée de projet, explique les enjeux de cette thématique.

Une nouvelle politique

La Semaine de la Santé mentale, organisée par le CRéSaM, prend place pour la deuxième fois. L’année dernière, le sujet était les Services de Santé Mentale. Cette année, le focus est sur l’école. « Nous avons choisi cette thématique dans le cadre de la nouvelle politique de soins en santé mentale pour les enfants et les adolescents », explique M. Lambert. Cette réforme s’inscrit dans le cadre de sa consœur, ‘Psy 107’ et un manuel est aussi disponible. « L’idée est de développer une politique de santé mentale similaire pour les enfants et les adolescents : une volonté d’offrir des soins adaptés à chaque enfant qui le nécessite, de manière à avoir une politique de soins globale, intégrée à chaque enfant et adolescent et plus proche de leur milieu de vie. »

L’école : un acteur important

Le milieu scolaire joue un rôle capital dans la vie d’un jeune. « C’est un lieu de vie important, il y passe beaucoup de temps. La réforme, mise en place depuis un an maintenant, concerne tous les acteurs de la santé mentale qui travaillent avec des enfants et des adolescents, mais aussi les acteurs connexes, comme l’ONE, l’aide à la jeunesse… et également le milieu scolaire. » La semaine est ciblée sur les jeunes et notamment sur le harcèlement scolaire, souvent relayé par les médias. « Les suicides des jeunes dus à cette problématique étaient interpellants. »

Les Services de Santé Mentales

Le CRéSaM travaille avec les Services de Santé Mentale (SSM), ce qui leur a permis d’avoir accès à leurs données épidémiologiques et de se rendre compte que « beaucoup de situations pour les jeunes qui arrivent en SSM sont orientées par le milieu scolaire. Il y a donc un véritable lien entre les deux secteurs ». Le milieu scolaire doit comprendre les relais possibles vers les SSM et mettre en place, en interne, les ressources nécessaires pour accompagner les jeunes.

Plusieurs axes

La thématique de la santé mentale étant très vaste, le CRéSaM a choisi de l’aborder selon deux axes :

1) De quelle manière l’école peut être source de souffrance pour le jeune ? « Il s’agit ici de se concentrer sur l’échec scolaire, par exemple, mais aussi sur les relations à l’école : entre pairs ou avec l’enseignant. Pour certains jeunes, l’école induit une véritable souffrance. »

2) Pour d’autres, en situation de souffrances familiales ou relationnelles par exemple, l’école et perçue comme un refuge, une ressource. « Le jeune y trouve une structure, une aide accordée par les Centres PMS, une référence adulte qu’il voit dans l’enseignant… »

La Semaine de la Santé Mentale

Dans le cadre de cette deuxième semaine de la Santé mentale, plusieurs activités sont organisées. Mardi et mercredi, des SSM notamment ouvrent leurs portes aux établissements scolaires « pour que ces derniers puissent voir la réalité du terrain ». Jeudi, un colloque (complet) fera se rencontrer les acteurs du monde de la santé mentale, du milieu scolaire, de la petite enfance, de l’aide sociale, du secteur de l’aide à la jeunesse… « L’idée est de se faire rencontrer les secteurs, afin de les décloisonner ». Enfin, le CRéSaM relaie également plusieurs activités, dans le cadre de leur « Programme off » : ces activités sont en lien avec la santé mentale, mais n’ont pas comme thématique principale l’école.

Pour aller plus loin

Ecole et santé mentale sont liées. Que ce soit former mieux les profs ou les prévenir des situations qu’ils pourraient rencontrer, le débat est ouvert. Le CRéSaM n’a pas la prétention de détenir les clés du problème. « Nous avons prévu un feedback et une enquête de satisfaction une fois la semaine terminée », précise M. Lambert. En ce qui concerne le harcèlement, le milieu scolaire prend déjà beaucoup d’initiatives pour palier le problème. Avec cette semaine, le CRéSaM souhaiterait ouvrir le débat sur la santé mentale. « Le but n’est pas de faire des enseignants des thérapeutes, mais, tout en continuant à exercer leur métier, nous souhaitons que le secteur scolaire se sente concerné par les questions de santé mentale. Cela ne veut pas dire qu’il doit prendre en charge les jeunes. »

Plus d’infos : ici



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