« Santé mentale et emploi », un binôme à favoriser, selon l'OCDE

« Santé mentale et emploi », un binôme à favoriser, selon l'OCDE

Dans un nouveau rapport publié ce mercredi, l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) tire la sonnette d’alarme quant aux conséquences nuisibles du mal-être mental pour le monde du travail, la productivité et l’économie en général.

Il est dès lors essentiel pour l’OCDE de développer une nouvelle approche pour lutter contre les problèmes de santé mentale au travail.

De la maladie mentale à la marginalisation sociale

L’étude intitulée « Bien-être mental, bien-être au travail » révèle qu’entre circa 30 et 40% des cas de maladie et invalidité dans les pays de l’OCDE, parmi lesquels la Belgique, sont liés à des troubles mentaux. Ce qui aurait un impact budgétaire total d’environ 3,5% du PIB en Europe.

Le rapport précise que pour les personnes concernées, les conséquences sont lourdes. Aussi, les individus atteints de troubles légers à modérés, tels que l’anxiété ou la dépression, sont deux fois plus susceptibles d’être au chômage et, risquent également bien davantage de connaître la pauvreté et la marginalisation sociale.

Les responsables politiques appelés à réagir

Les conséquences du mal-être mental se font également ressentir pour les employeurs qui font face à d’importantes baisses de productivité et à des taux élevés d’absentéisme pour maladie. Tout cela entraîne des coûts sociaux et de santé élevés.

Il ressort également du rapport de l’OCDE que 69% des personnes souffrant de mal-être mental disent avoir des problèmes de performance au travail, alors qu’elles ne sont que 26% parmi les personnes en bonne santé mentale à ressentir ces soucis de performance.

À l’occasion de la conférence de présentation du rapport à La Haye, M. Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, déclarait : « Les problèmes de santé mentale ont un coût élevé pour les individus, les familles, les entreprises et l’économie. Les responsables de l’action publique peinent à réagir. Une impulsion politique forte est nécessaire pour diriger les réformes et s’attaquer à cette question. »

Mieux gérer le mal-être mental

Plus loin dans son rapport, l’organisation propose une série de pistes pour mieux appréhender cette problématique, depuis l’école jusqu’à la sphère politique.

L’OCDE recommande notamment de mettre à contribution les principaux acteurs, à savoir les enseignants, les employeurs, les médecins généralistes, les travailleurs sociaux ainsi que les agents des services de l’emploi, qui sont souvent les mieux placés pour identifier à un stade précoce les individus souffrant de mal-être mental. Ils doivent pour ce faire être formés en conséquence et savoir précisément comment obtenir de l’aide de la part des professionnels de la santé mentale.

Intervenir le plus tôt possible

Par ailleurs, il est primordial, selon l’OCDE, d’intervenir à temps face à un mal-être mental. Il est en effet souvent constaté que les temps d’attente pour obtenir une consultation sont trop longs, plus de 10 ans s’écoulant en moyenne entre le début de la maladie et le lancement du traitement.

Le rapport indique en outre que la moitié des problèmes de santé mentale ont commencé dans l’enfance ou l’adolescence. Et la période de transition entre l’école et le monde du travail joue ici un rôle crucial. « Toute mesure prise pendant la scolarité ou en entreprise aura un impact plus profond et plus durable que d’attendre que les personnes atteintes aient abandonné leurs études ou quitté leur travail. Si une charge de travail et un stress lié au travail importants peuvent aggraver les troubles mentaux, les données montrent que la poursuite des études ou le maintien en poste sont bénéfiques si un soutien adapté est proposé », communique l’OCDE.

Changer les politiques de gestion de la santé mentale

Enfin, selon le rapport, le décalage entre les besoins des personnes souffrant de troubles mentaux et les services qui leur sont apportés constitue l’une des principales difficultés. Les mesures actuelles sont souvent appliquées de manière indépendante par les services de santé, de l’emploi et de l’éducation. La création d’un système intégré permettrait d’obtenir des résultats bien plus efficaces et plus rapides.

Et l’OCDE de prôner une impulsion politique et managériale plus forte. « Dans la plupart des pays, il existe des lignes directrices et des réglementations, mais elles ont peu d’impact. Leur utilisation devrait faire l’objet d’un suivi systématique et leur non-respect devrait être sanctionné », souligne l’organisation.

Delphine Hotua



Commentaires - 1 message
  • Ha Ha ,pour faire travailler les gens pour des queues de cerises ,qu'est ce l'on ne raconterait pas comme connerie. ..

    fleur de cactus samedi 28 mars 2015 10:22

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