Soigner les détenus toxicomanes pour éviter la récidive

Soigner les détenus toxicomanes pour éviter la récidive

Pour lutter contre la surpopulation carcérale et la récidive, les prisons et plusieurs associations de Charleroi se battent pour prodiguer des soins aux détenus dépendants. Aujourd’hui, elles s’inquiètent de n’en avoir bientôt plus les moyens

A Charleroi, la Justice et l’aide aux personnes dépendantes agissent main dans la main depuis 20 ans en milieu carcéral. Dans notre société où les préjugés ont la vie dure, les toxicomanes qui ont plongé pour un crime ou un délit ont peu d’opportunités vers la réinsertion sociale. Les prisons et ASBL carolorégiennes, alarmées par les budgets très serrés alloués au milieu carcéral cette année, réaffirment l’importance de soigner les dépendances en prison.

La toxicomanie, facteur de récidive

Pour les personnes victimes d’une addiction, les soins et l’aide à la dépendance sont primordiaux pour recouvrer la santé et un épanouissement social. Autant dire que pour les toxicomanes qui ont été condamnés par la justice, le chemin de la réinsertion sociale est terriblement compromis. Philippe Gilbert, directeur de la prison de Jamioulx, mène une campagne vindicative contre la drogue en prison. Pour lui, cette action doit aussi passer par des soins aux détenus dépendants : "Une fois incarcérés, si on ne traite pas chez eux la problématique de la toxicomanie, le risque est grand que ces personnes ne sortent et commettent à nouveau des infractions leur permettant d’alimenter cette toxicomanie", confie-t-il à la Rtbf.

Les prisons en manque de moyens

Le souci, c’est qu’au vu des difficultés financières de tout le secteur carcéral belge, les prisons ont peur de perdre les moyens nécessaires pour assurer ces soins. Car c’est un véritable cercle vicieux de la récidive que dénonce Philippe Gilbert, ajoutant que "La situation deviendrait très vite ingérable dans les prisons car on verrait la population carcérale augmenter. Et elle est déjà en situation de surpopulation."

Quelle action médico-sociale ?

En effet, pour assurer un suivi dans les centres carcéraux, il faut mobiliser des moyens importants auprès des professionnels médico-sociaux spécialisés. Si, pour l’ASBL carolorégienne Trempoline, les toxicomanes reconnus coupables devant la Justice doivent assurer réparation pour leurs actes, leur place n’est pas pour autant dans les prisons. Toujours pour la Rtbf, l’ASBL confiait combien la priorité pour ces personnes devrait être un accès à une aide professionnelle. Un problème de taille est donc posé sur la table, alors que les chiffres décevant de la réinsertion des détenus en Belgique, tombés le mois dernier, dénonçaient déjà une mauvaise coordination des services d’aide aux détenus dans les prisons.



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